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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS; 89

á couvrir séparément le pain & le vin, il y a en Un commun, qiie des Grecsappellent Aer > dont le célébrant couvre Tune & l’autre Espèce. Alors le Prê-tre & le Diacre joignent les mains Sc adorent les saints dons en prononçantcette priere, béni soit le Seigneur &c. Le Prêtre en prononce une autre que laLiturgie appelle la priere de l'Offrande , après laquelle il encense la Prothèse Scfait l’absolution. Ici le Prêtre dit une priere où St. Chrysostome est nomméimmédiatement après la Sainte Vierge. Celle que le Diacre dit en particulier,après avoir repris l’encensoir de la main du Prêtre pour encenser lui-même encroix la sainte Table, c’est-à-dire le grand Autel, est conçue de la maniéré íùLvante: ,, Vous avés été corporellement dans le sepulchre, votre ame est des»„ cendue dans les Enfers comme Dieu, vous étiés dans le Paradis avec le la»„ ron, mais vous vous étés astis sor le trône celeste avec le Pere Sc le Sc Est„ prit, où vous remplistes toutes choses par votre immensité ". Enfin il ré-cité le Miserere , encense le chœur ou le Sanctuaire, le Temple, la sainte Ta-ble Sc le Prêtre, Sc remet l’encensoir à se place.

Telles sont les cérémonies que le Prêtre Grec tnet en usegeà 1 égard des Estpeces qu’il prépare fur la Prothèse. C’est donc ici une préparation, plutôtqu’une consécration parfaite , qui se seit seulement fur le grand Autel. Quelques**uns ont appellé le pain de la Prothèse déja en état d'être porté fur le grandAutel, le corps mort de Jésus Christ, d’autres le corps de Jésus Christ imparfait ,parcé que la consécration qui le rend corps de Jesos Christ n'est pas encoreseite. Cela n’empêche pas que les Grecs ne se servent des expressions les plussortes, les plus sublimes, Sc les plus mystiques à 1 égard de ce pain, commes’il étoit déja transubstantiê . De là (a) quelques Protestans concluent ainsi t„ puisque les Grecs employeur des expressions si mystiques au sujet du pain5 ,, non consacré, qu’ils en parlent comme si c’étòit Jesos Christ lui-même &c.„ trouvera-t-on étrange qu’ils parlent avec quelque exagération du pain conse-3 , cré”? Le dessein est d’éluder par là les preuves que ces expressions exagéréessemblent fournir: mais quoi qu’il en soit,je laisse la dispute à qui elle appar-tient. .

On prétend trouver des traces de ces Particules dont je viens de parler dansles useges soivans : i. dans le partage des Victimes en plusieurs pieces chez lesJuifs Sc chez les Payens. z. Dans la fraction du pain, doUt il est assés sou-vent parlé dans le tems des Apôtres ôc de l’Eglise des trois premiers sié-cles. 3 . On croie pouvoir mettre en parallèle avec la distribution des Partiscules des Grecs l’usege des Juifs, qui mettent à part un morceau de pain oude gateau &c. pour Dieu ou pour le Prêtre qui le représente ; Lc celui des an-ciens Payens, qui donnoient aux Dieux une partie de tout ce qu’on servoitaux repas, croyant que les ( b ) Dieux se trouvoient à table avec eux. Chez lesRomains Vesta (c) étoit toujours servie avec beaucoup de soin Sc de pro-preté. Il seut remarquer à cette occasion (d) l’usege des Moines du Mont A-thos à l’égard de la Sainte Vierge, „ à l’entrée de table, un Moine coupe le» quart d’un petit pain, qu’il met fur un plat, ou dans une boëte devant l’I-

,, mage

Claude Repense à ta Perpétuité &c. Liv. XII. Chap. 4 .

(b) A4os erat ô" menfœ. credere adejje Deos. Ovid. Fast. Lib. Vî.

( c ) Fer t mijfos Vejîœ pura pateíla cibos. Idem. Ibid. .

(d) Extrait de la Relation de l'Eglise Grecque par CoVel Bìblioth. Angl. Tome V. p. i* l’Átlteiil de céJournal rapporte encore deux ou trois usages qui ont du rapport à celui-là, & copie à ía mode quelquescitations usees, non pour montrer le rapport des usagés des Grecs à ceux des Payens, mais pour se don*ner le plaisir de les tourner en ridicule.

Tome III. Part . I,

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