88 II. DI SSERTATION SUR LA
côté avec sa lance & M en s ortlt à sang & de T eau. Alors le Diacre verse levin ôc leau dans le calice, les mêle (a) pour mieux représenter la passion, ôcprononce la bénédiction.
La Liturgie continue ainsi : le célébrant prend un fécond (l) pain en disantd l’honneur de notre bienheureuse Dame Lee. ( c) il éleve cela ôc le met au côté gau-che de la premiere portion. Il en prend une troisième ôc une quatrièmeLee. dont il fait le même usage que des précédentes. Elles sont destinées àSt. Jean Baptiste Le aux autre S S. tant les Prophètes, Le les Apôtres, queles Peres Le les Martyrs &c. St. Chrysostome a (d) la sienne íèul, à causede fa Liturgie. Toutes ces portions vont juíqu’a neuf Le représentent, dit-on, les neuf hiérarchies des Anges. Après cela le Prêtre prend encore dupain & en consacre de nouvelles portions, comme auparavant; aíïàvoir pourr Archevêque ou l’Evêque du Diocèse dont est le Prêtre qui célébré ôc pour lesPrêtres, les Diacres ôc tous ceux qui sont de Tordre de Prêtrise ; ensuite enmémoire des fondateurs de TEgliíe où Ton célébré la Messe , ôc pour larémission de leurs péchés. Ici Ton nomme aussi les vivans qui ont voulu ê-tre nommés dans les prières, fur-tout, dit Ricaut (e) ceux qui ont payé pourfaire dire cette Messe, ôc les (f) morts pour lesquels on a demandé qu’il sefit une (g) commémoration. Le Célébrant met cette derniere portion à íâgauche, ll avoit mis Tautre à íà droite.
Ensuite le Diacre prend Tencensoir ôc présente Tencens au Prêtre, afin qu’ille bénisse. Le Prêtre le bénit, ôc encense ì'Aserisque. C’est une (h) étoiled’argent, que le Prêtre pose fur le pain sacré, en prononçant en même temsces paroles ; ÏEtoile sarrêta fur ïendroit ou l’ensant étoit f osé Lee. Cette actionest suivie de quelques autres prières, après lesquelles il encense aussi les voilesdont il couvre la Patène ôc le Calice. Outre ces voiles qui font destinés
(a) La coutume de mêler l’eau & le vin dans le Calice est fort ancienne & même de l’Eglise primiti-ve; ce que les Protestans ne nient pas. On donne pour origine de cet usage, que ks fidelles d'alors bu-vant aux Agapes ou festins de charité le même vin qu’ils prenoient à la Communion, on auroit pu les.accuser d’intemperance, s’ils n’eussent pas abatu, avec le secours de l’eau, la force du vin qui est très-violent cn Asie. Il fe peut donc que ce soit là l’origine de la pratique des Grecs. Voy. dans le Pon-tifical d’Habert quelques témoignages pour l’antiquité de cet usage.
(b) Ou plutôt une autre portion du pain, dont il forme comme de la premiere, une espèce de Trian-gle. Le Grec se sert du terme de Projphora, qui signifie offrande ou oblation.
(c) C’est ce que les Grecs appellent la particule de la ViergeMere de Dieu, & l’on trouve même qu’onest allé jusqu’à l’appeller le corps de la Vierge. Le Patriarche Germain donne formellement à ce pain lenom de corps de la Bienheureuse Vierge. Ces expressions outrées & les figures trop fortes établies ensui-te sur ces expressions hardies, défauts ordinaires aux Grecs, ont donné lieu à quelques Auteurs d’avancer,que les Grecs croient une présence réelle du corps de la Vierge. Un certain Guy le Carme compte libérale-ment entre les erreurs des Grecs, qne les refies du pain consacré font les restes du corps de la bienheureuseVierge , & le bon homme Boucher, autre Religieux,, écrit, que les Grecs ont tous une opinion a fié s ridiculeest fort extravagante, que fous les parcelles de l’Hostie consacrée est réellement le corps de la Vierge, commejòus les parties principales de ladite Hostie est réellement le corps précieux de son Fils &c.
( d ) Vóy. Ricaut Etat de l’Eglise Grecque.
(e) Etat de l’Eglise Grecque Chap. IX. tout ce qu’il rapporte de la maniéré de consacrer les portions,ou particules fe trouve à peu près conforme à la Liturgie de St. Chrysostome.
(f) L’Église Grecque offre ces particules pour les morts, afin que le Seigneur place leurs âmes dansun lieu de lumière & de rafraîchissement: extrait de Gabriel de Philad. dans la Bibliothèque Choisie deBarat Tome II.
(g) Pour la mémoire est le repos des âmes de ceux qui dorment , est de tous les vrais fidelles qui reposentdans l'ejperance de la Résurrection k la vie éternelle &c. Voy. Lit. St. Chryfi. & Habertì Pontificale Grâce.
^(h) C’est aussi un voile fur lequel on a peint ou brodé une étoile. Ce voile ou cette étoile signifient quele pain qui en est couvert & qu’on va consacrer est véritablement descendu du Ciel. Selon Toumefort& autres, l’ Jfierijque est une croix d'argent, ou d’étain, que le Célébrant met fur le bafim oìt font toutesles parties du pain a consacrer, c est-à-dire la Patene. Cette croix empeche , que le voile dont il le couvrene porte sur ces parcelles. Voyés à la page précédente la figure de cette Etoile.