RELIGION DES GRECS. 95
lités mêlées de cérémonie & de dévotion , qui se terminent par Pencensementde la Sainte Table,& (a) du Sanctuaire &c. le Diacre, après avoir fait cet en-censement , tenant son Horaire comme de coutume, demande au Prêtre célé-brant la bénédiction de l’Evangile. Tout va dans cette cérémonie comme au-paravant, excepté qu’on Elit marcher des lampes allumées & l’encenfoir devantle Diacre,lorsqu’il sort du Sanctuaire avec PEvangile pour monter à (b) l’Ambon& faire la lecture de PEvangile. Après cette lecture, le Prêtre dit au Diacre,paix soit a<vec vous , & celui-ci lui rend PEvangile. Quelques prières suiventavec les élévations du cœur dans Pordre que la Liturgie les a preícrites.
Ici paraissent les Catechumenes. On prie pour eux : mais ce n’est pas lasimplement prier. Le Diacre fait des vœux très-ardens pour eux , & à chaquefois le Chœur lui répond (c) Kyrie eleifon. L’Oraison des Catechumenesprononcée presqu’entierement tout bas par le Prêtre (d) termine ce qui lesconcerne; après quoi le célébrant déployé le (e) Corporal. Sans entrer dansPenumeration des prières ôc des élévations de cœur alternatives entre le Prê-tre & le Diacre, auxquelles le Chœur répond toujours ou par des Kyrie ou pardes Amen, ni de Pencensement en croix de la sainte Table , de l’Oraisonsécrété du Prêtre pendant le chant de Phymne appellé le Cherubique , je diraitout d’un coup comment les saints Dons sont apportés -de la Prothèse au grandiAutel, que j'ai presque toujours appellé la Sainte Table , & comment ils y sontconsacrés.
Le Diacre, après avoir encensé les choses sacrées à la Prothèse & prié toutbas un moment, adresse au Prêtre célébrant ces mots, élevés Seigneur : alorsle Prêtre leve le (f) voile, le met fur Pépaule gauche du Diacre & prie. En-suite le Diacre prend la Patene & la met fur fa tête, le Prêtre prend le Cali-ce, & le Diacre l’encensoir. En cet état ils font la (g) Procession dans l'E-glise & repetent une priere, jusqu a ce qu’ils soient arrivés a Pentrée du (h)Tabernacle, où Pun & Pautre disent tout haut , bénit soit celui qui noient au nomdu Seigneur. Après cela le Prêtre pose les choses sacrées sor le grand autel, ilôte les voiles de deísos la Patene & le Calice, &: P ae'r de dessus Pépaule duDiacre, qui encense trois fois ces choses saintes. Je continuerai de passer tou-tes les petites prières, qui accompagnent ces fréquentes évolutions. Ils adorenttous deux trois fois devant la sainte Table les faines Dons étant sor P Autel. Le
Prê-
(a) Bypu.
(T) Lieu élevé destiné aux Lecteurs, aux Diacres, aux Prêtres Sec. pour lire, instruire,prêcher. L’A-bon est hors du Sanctuaire, à portée du peuple, mais séparé de la nef par le moyen d’un mur ou d’uneballustrade. Autrefois l’Ambon pouvoit contenir beaucoup de monde, & par conséquent étoit beau-coup plus grand que les Chaires des Eglises Catholiques. Voy. Haberti Pontif. Grœc. p. 57.
(c) Seigneur ajés pitié.
(d) Le Pontifical Grec met ici leur renvoi. Pontif. Grac. Haberti p. 74.
C e) Voile quarté que le Prêtre célébrant déployé après la lecture de l'Evangile. Sur ce corporal se fontles SS. Mystères. Les Grecs y mettent aussi les Reliques de leurs Saints.
(f) Appellé en Grec aër.
(y) C’est alors que le peuple se prosterne & adore. Des Grecs ont embrouillé cette matière en vou-lant la défendre. Voy. Habert Pontif. Grœc. pag. 105. Les Protestans, ainsi qu’on l’a déja dit , ontfait tout ce qu’ils ont pû pour en tirer quelque avantage. Tournefort dans ses Voyages du Levant appeLI e cette pratique une ignorance inexcusable. Elle le choque , Sc il faut convenir de bonne foi qu’elle aq^lque chose de choquant.
(b) B-,Je ne sais au reste si l’on ne doit pas taxer de superstition l’usage des Grecs , qui portentles malades & les personnes infirmes près de la porte du grand Autel, afin qué cette Procession des cho-ses sacrées les touche, influe fur eux & contribue à leur guérison. De pareils préjugés sont de tous lessiécles. Souvenons nous de ces malades portés dans la Pagode d ’Ixora aux Indes, & présentes a ce Dieu.(Voy. Cerem. des Idolâtra Tom. II. p. 28.) & de ceux que l’on portoit autrefois dans le Temple d'Es-culape. Dieu n a jamais ni ordonné ni approuvé de pareils usages dans la véritable Religion.
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