IOÏ
RELIGION DES GRECS.
aux fidelles,que cette Croix doit éloigner les Puissances de l’Enfer, on pronon-ce une Oraison où la verge miraculeuse de Moyse est donnée pour type an-técédent de celle de J. C. comme la Croix de la dédicacé en est, s’il faut ainsidire, le subséquent.
Cette çeremonie m’autorise, en quelque façon , a en placer ici une au-tre mêlée de superstition. Ricaut rapporte ce qui suit, selon la traduc-tion que nous en avons, {a) „ Loríqu’iìs posent les fondemens d’un bâtiment,„ le Prêtre bénit l’ouvrage Sc les ouvriers. Ils ont pour cela un Office parti-
„ culier. Mais après le départ du Prêtre on fait ce qui fuit..., Les Ou-
„ vriers tuent un coq, ou un mouton, Sc en enterrent le sang fous la pre-„ miere pierre qu’iìs posent.... Les Crecs se persuadent, qu’il y a la dedans„ une espèce de magie heureuse, ou un charme qui attire du bonheur sor la„ maison .... Sc cette çeremonie s’appelle thujìa , c’est-â-dire sacrifice Ce mê-me Auteur nous rapporte une superstition encore plus singulière, ,,quand les
„ Grecs veulent du mal â quelqu’un, ils prennent-la mesure de la lon-
„ gueur & de la largeur de son corps ....Sc portent cette mesure â Pouvrier,, qui doit poser les fondemens de l'édifice.... celui-ci, moyennant une petite„ reconnoissmce, enterre cette mesure sous i’une des premieres pierres du fòn-í, dement. Ils s’imaginent, qu’après cela leur ennemi meurt bientôt, ou„ tombe en langueur, â mesure que cet infirument de leur vengeance se pour-„ rit
Puisque j'ai commencé de parler de Superstition, je n’oublierai pas celle desTaliímans, également commune aux Grecs Sc aux Turcs. Les uns Sc les au-tres ont la coutume de faire graver le nom de Jesos fur des Talismans, les Grecsen particulier celle de l’écrire fur des billets qu’ils portent dans le sein, ou qu’ilsse pendent au cou. Ils croyent paria se garantir de plusieurs maux. En (b) Sy-rie ils attribuent â une certaine eau puisée dans un certain lac de Samarcand lavertu d’attirer des oiseaux, que les Arabes nomment Smirmar. Ces oiseaux, selonles Syriens, détruisent les sauterelles, Sc Peau talifmanique dont je parle est regar-dée comme une eau très seinte â cause de íà vertu : mais ceux qui Papportentdoivent éviter les arcades Sc les lieux couverts. On la fait entrer dans Aleppar-dessus la porte, les murailles, le chateau Sc tous les endroits qui ne sontpas découverts. Cette entrée se fait avec beaucoup de solemnité. Toutes lesReligions du païs s’accordent â soutenir la vertu attractive de cette eau, Sc Ri-caut nous dit, qu'â la procession qui Paccompagne avec une dévotion aussifolle qu’elle est grave, Sc peut-être même de bonne foi dans tous ces dévots,on voit paroître successivement la Loi, l’Evangile Sc l’Alcoran avec les uíàgesqui les distinguent, Sc les caractères particuliers de la dévotion de chaqueparti.
En voila assés sor une matière que je placerai ailleurs : je reviens â ce qui re-garde les Eglises des Grecs. Les Eglises, dit (c) Tournefort, parlant de {d)celles de Constantinople, sont assés generalement en croix Grecque, c’est-â-di-re quarrées. Le Chœur regarde toujours le levant „ quelques anciennes Eglises„ qui subsistent encore aujourd’hui, ont deux nefs' couvertes en dos d’ane ou
(a) Etat de l'Eglise Grecque, ch. z o.
(b) Ricaut ubi fup.
(c) Voyages au Levant Lettre 3.
( d) L Auteur des Notes fur Christ. Angélus dit, qu*tdans Constantinople.
Tome III. Part. I,
quarante Eglises & Chapelles Grecques
Cc