ioo II. DISSERTATION SUR LA
que l’on attribue aux Grecs d’Orient. On nous assure qu’ils croyent que J. C.trempa le pain qu’il donna à Judas, pour en ôter la consécration.
Le PAIN BENI.
Le pain béni est appelle Eulogie , Antidorum , c’est-à-dire, don fait à la pla-ce d’un autre, pain divin & pain ceìefte. Je n’entre point dans le détail de cequi se trouve écrit des Eulogies chez les anciens. Selon Ricaut (a) le pain béni estun apendice du S. Sacrement de /’Eucharistie , soit qu’il faille le regarder comme leseau de la Communion, ou comme un Monument qui en renouvelle l’excel-lence aux yeux du fidelle. C’est ce qui a attiré au Pain béni les grans nomsque l’Antiquité lui donne ; outre que chez les Grecs le Pain béni tient lieu deCommunion à ceux qui n’ont pas communié.
Les Grecs, continue Ricaut, prétendent que la coutume de distribuer le Painbéni au peuple vient des Apôtres, lis interprètent tous les passages qui parlentde la fraction du Pain, comme s’ils marquoient la distribution de ce Pain bé-ni , „ ils portent ce Pain béni aux malades &c. ils lui attribuent la vertu d’ex-„ pier les péchés veniels.... Ils ne le mangent que loríqu’ils jeûnent, &c leur re-„ verence pour ce pain est proportionnée à celle qu’ils font paraître pour l’Eu*„ charistie, dont il est l’ombre, ou la représentation”. Quoi c^u’il en soit, il doitêtre de la façon d’une personne qui tout au moins ait conserve se pureté le jourqu’elle y a travaillé, (b) Si le pain est du Samedi, celui ou celle qui l’a paitri doitavoir soípendu tous les devoirs conjugaux depuis le Vendredi au soir juíqu’auSamedi matin. La raison de cette grande pureté est que ce pain nous repré-sente la Sainte Vierge. Le Prêtre le bénit & le consacre à son honneur. Rien.'ne fait mieux sentir la justesse de cette signification, que la particule quartésprise du milieu de ce pain pour être consecrée, & devenir le corps sacré deJesos Christ.
EGLISES des GRECS; & divers USAGES -« de DEVOTION, &c.
' ... í
(c) Lsosege des Grecs étoit, & est peut-être encore, que le Patriarche oií1’Evêque revetu de ses ornemens pontificaux se rende à l’endroit, où l’on doitjetter les fondemens d’une Eglise, &c qu’il les benisse en cette maniéré. ïl en-cense tout autour des fondemens, & pendant cet encensement le Clergé chan-te à l’honneur du Saint auquel cette Eglise doit être dediée. Etant à 1 endroit del’autel, il sait une priere par laquelle il demande à Dieu la bénédiction & la,prospérité de cet Edifice secte. Après cela l’Evêque qui consecre prend unepierre, forme avec cette pierre une croix & la pose sor les fondements en disent,Dieu l’a fondée, elle ne sera jamais ébranlée. Ce droit appartient à l’Evêque, ouà tel que le Patriarche juge à propos de nommer, de même que celui que lesGrecs appellent Stauropegium , c’est la consecration, ou la dédicace de l’Eglíse.On plante une Croix de bois derriere la seinte Table, & pour mieux certifier
aux
(4) Etat de í Eglise Grecque ch. 9.
(b) Chrijloph. Jngelm ubi íup. c. 14. Ricaut a mal copié ce passage.
(c) Ex Ponts, Graco ubi íup. p. 642,. Sc fuiv.