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RELIGION DES GRECS. 107
J’avois prefqu’oublié le Jeudi Saint. Tournefort dit que les Evêques les pluszélés lavent les pieds à douze Papas, 5c que la cérémonie étoit autrefois accom-pagnée d’une petite exhortation. Wheler décrit cette cérémonie comme témoinoculaire. „ Douze Papas des plus âgés accompagnent l’Archevêque â l'Eglise,j, où il est revêtu d’une robe violette. Une partie du íèrvice étant faite il-, entre dans le Sanctuaire, y quitte la robe violette 6c en prend une plus ri»
-, che.Les Papas, qui représentent en cette cérémonie les douze A-
3, pôtres, ont chacun une robe de couleur distérente. Le plus ancien ôc le„ plus venerable des douze est choist pour représenter St. Pierre, 6c se place„ aussi le premier â main droite. . . . Un d'entr'eux, qui doit avoir la bar-3, be rousse , (a) pour rendre la cérémonie plus rejfemllante , a le malheur de repré-,, Tenter Judas. Tous ces Papas étant placés, le Prélat va changer d’habille-„ ment, ôc revient ceint d’une serviette, un baílin d eau dans ses mains pour„ laver les pieds â ces douze Apôtre. Celui qui représente St. Pierre refuse„ d’abord cet honneur, par ces paroles ; Seigneur vous ne me la<verés point les„ pieds : mais le Prélat lui répond, fi je ne vout lave , vous rìaurés point de„ part avec moi. Alors le Papas ne résisté plus 6c íè laisse laver les pieds. Lors„ que le Prélat vient au représentant de Judas ^ il s’arrête un peu , comme poura lui donner le tems de se reconnoître, mais enfin il lui lave aussi les pieds ôc3, la cérémonie finit par quelques Antiennes.
Je place ici l’opinion que l’on attribue aux Grecs, assavoir „ que l’Eucha-§, ristie, qui est consacrée le Jeudi saint a une plus grande vertu que celles qui„ font consacrées les autres jours”. Un certain {b).G ui le Carme ajoute „ qu'à„ cause de cela, ils ne consacrent que le Jeudi saint l’Eucharistie qu’ils donnent„ au malades. ... 6c qu’ils la gardent toute l’année pour cet usage”. C’estune erreur que j’attribuerois uniquement â leurs idées confuses , dont une lon-
Î jue ignorance est la véritable cause. , Mais le P. Simon {c) les justifie abso-uement, jufqu’â louer cette pratique comme orthodoxe ôc pieuse , qui tendá mieux honorer le jour que Jésus Christ a institué-le ; Sacrement de l’Eueha-ristie. Pour cet effet, nous dit-il, ,, les Grecs conservent ce pain qu’ils ont con-.„ sacré ce jour-lâ, ôc qui a été trempé dans le vin consacré, & ils le gardent„ enveloppé d'un sac de toile ou de íòye dans une boëte bien fermée, afin„ de s’en servir pour le Viatique des malades”.
Le z. Septembre les seuls Religieux célèbrent la Fête de 8t. Jean Baptiste,qu’ils ont surnommé le Tempérant , â cause qu’il a donné le premier l’exem-ple du Jeune. Le z 6. est consacré â la mémoire de St. Jean lTvangeliste. Ilscroycnt que ce Saint a été enlevé au Ciel comme Henoc Sc Elie.
Pour abréger des détails de Fêtes qui n’amuseroient ni les pieux fâineans, ni les dé-vots de bonne foi, voici un Calendrier Grec que je copie de Ricaut. Il indique seule-ment les Fêtes les plus essentielles, tant pour les Séculiers que pour les Ecclésiasti-ques. Au reste (d) Chrifiophle Angélus ne compte que trente-six Fêtes folem-nellcs, douze deíquelles sont à l’honneur de Jésus Christ 6c de la Sainte Vier-ge. Les vingt 6c quatre autres sont des jours destinés â St. Jean Baptiste, auxApôtres Sc aux Martyrs. D’autres nous disent que les Grecs distribuent les
Fêtes
».
U) Je parle selon le préjugé vulgaire.
fi) L- 5* Chap. i8. Consens. &c. le traite de champ tres-sertile en mensonges , Sc 1? P. Simon
Bibliotn. Critiq. Tom. I. Chap. u. de méchant auteur.
(c) B'tbl. Critiq . u bi s U p.
(d) Chrìstoph. Augelus Cap. 46.
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