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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. 121

sj ce jour-là relevoient les couronnes à trois ou quatre pouces au dessus de la3i tête de l’Epoux ôc de l’Epouse. Ils firent tous ensemble trois tours en rond,33 pendant lesquels les assstans, parens, amis ôc voisins leur donnoient fort3, incivilement des coups de poing & quelques coups de pied, suivant je ne„ íài quelle ridicule coutume du païs. . . . Après cette espèce de ballet, le33 .Papas coupa de petits morceaux dc pain, qu’il mit dans une écuelle avec du„ vin. Il en mangea le premier, en donna une cuillerée au marié ôc une au-,, tre à la mariée. Le parrain, la marraine & les aííistans en goûtèrent aufii....ainsi finirent les Epousailles. On ne dit point de Meíîè, parce que cette cé-rémonie íë fit fur le loir.

Voici comment Spon (a ) rapporte quelques préliminaires des Noces des Grecsd’Athenes. ,, Les filles ne sortent point de la maison avant le jour de leursNoces, ôc il faut que leurs galans leur fassent l’amour par procureur, ôc parun tiers qui ait accès auprès d elles, tel qu’est un parent, au rapport duquelil faut se fier. . . . On ne voit donc son accordée que le jour qu on va l’e-pouser. Ce jour-la on promène long terns la mariée, & quoiqu on ne luifasse pas faire beaucoup de chemin, on le lui fait faire fort lentement ôcd’un air fort grave. La marche est de deux heures d’horloge, depuis l'Egli-íè jusqu a la maiíón du mari, au ion des haut bois, des tambours de bas-que ôc. d’autres instrumens qui la précédent. Pendant cette cérémonie, ôc lapromenade, elles portent une grosse couronne de filigrame & de perles, quiles embarrasse & les gène de telle forte, qu’il faut quelles íè tiennent droites„ comme un jonc. La fête ne fèroit pas belle si elles n’étoient fardées, ouplutôt plâtrées fort grossièrement, Ôc l’on ne peut non plus íè dispenserd’appeller ce jour-la une fardeuse, qu’une coifeuse dans nos quartiers”.

Te trouve pour supplément ( 5 ) dans Ricaut , „ que les païens de la mariéela conduisent dans la chambre de son Epoux. La elle s’affied parmi les autresfemmes, le visage couvert d’un voile, comme auparavant. L’Epoux entre,leve dune main tremblante le voile de la mariée ôc la baise”; Le tremble-ment seroit-il une fuite de la cérémonie, ou l’esset de la timidité d’un galançlauss novice ôc auss déconcerté que Thomas Diafoirus ? Non : ni l’un, ni 1 au-tre. La crainte du Grec est de trouver fous le voile la figure d’un magot. Mais.quoiqu’ii en soit elle est íà femme, il est le mari. C est peut-être à des usagessi peu raisonnables qu’il faut attribuer, au moins en partie, l’indulgence qu aì'Eglise Grecque pour le divorce. . On noirs assure quelle l’accorde fans beau-coup de difficulté j que moyennant de L’argent le Patriarche casse un mariageôc permet au mari qu’il a délié, de se lier à une autre femme. Ne pourroicon pas dire de cette facilité que l’Eglise accorde aux Grecs, quelle supplée à lapolygamie des Turcs? Celle-ci n’est pas permise aux premiers, parce qu’èlle estcontraire aux Loix du Christianisme. Il est étonnant que vivant parmi les Ma--hometans-dont la Religion est si déclarée pour la pluralité des femmes, -les;Grecs ayent pû. se garantir dune contagion qui les touche de si près. Pour nousqui vivons éloignés de ce dangereux mal, outre le Loix du Christianisme, quinous íònt communes avec les Grecs, nous avons assés consulté les lumièresde la raison, pour voir que la polygamie tend a multiplier les malheurs deshommes ôc les désordres dans les familles. On se console chez nous par cetteautre Polygamie, qui ne dure que quelques heures dans ces hôtels consacrés aux

maria-

(*0 Voyages Tome II. p a gç t g. Ed. de 16 - 79 .

0) Etat & ubi íiip.

Tome III. Part. I. H h

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