120 II. DISSERTATION SUR LA
boire ces Epoux {a) dans un gobelet plein de vin, qu’il a béni auparavant jensuite de quoi il leur ôte les couronnes. Une derniere priere du Prêtre ac-compagnée de íà bénédiction &c de quelques baisers que se donnent les E-poux termine la cérémonie.
Avant que de paíser à ces autres cérémonies moins liées a la Religion,mais en récompensé toujours joyeuses &c amusantes, quelquefois même burles-ques , il faut dire un mot de certains useges, qui chez les Grecs ont acquisforce de Loi & sont devenus enfin des point essentiels de Religion, (b) UnPrêtre qui se remarie après la mort de íà premiere femme se trouve secularisepar son second Mariage. Il est réputé laïque. Un seculier qui paíse auxquatrième noces est exclus de la communion de l’Eglise. ll n’y a point de mi-lieu pour celui qui a fait trois fois la cérémonie, il n a plus que le choix duCélibat, ou du Cloitre. La raison qu’on donne de cette sévérité, c est nous ditron, (c) que quatre mariages font une véritable polygamie. Les Grecs neeroyent pas que trois mariages consécutifs en fassent une, parce que par unrafinement de subtilité, à peu près inintelligible, ils disent que la polygamieconsiste en deux copulatives, ôc que trois mariages ne forment qu’une plura-lité &c une unité. Une meilleure raison c’est celle qu’allegue Ricaut, que cettepratique des Grecs d’aujourd’hui est fondée fur la sévérité de 1 ancienne Eglise,qui censuroit, (peut-être avec trop de rigueur) ce qui fíattoit la chair Sc sessens. Quelques Peres de ces premiers siécles n’ont voulu avoir égard ni antempérament, ni au climat, ni à d’autrès circonstances, ôc nous avons enco-core aíijourd’hui grand nombre de dévots de ce goût.
(d) Tournefort nous donne la description d’un Mariage qu’il vit á MyconeêParmi les cérémonies, qu’on peut appeller religieuses, il y en a qui diffèrenten quelques circonstances de ce que j’ai dit. A cette description j’ajoute cellede Spon , ôc ces deux descriptions jointes ensemble donneront une idée asséscomplette du Prophane des Cérémonies nuptiales des Grecs»
„ Nous accompagnâmes, dit Tournefort , les parties à l’Eglise avec leur par-„ rain ôc leur marraine. 11 leur est même permis d’en choisir trois ou quatre,,, Sc cela se pratique principalement lors que la mariée est l’ainée de la maisonll observe que la fille ainée est la plus avantagée de la famille. Si un pere a dixmille écus, il en donne cinq mille à íà fille ainée , Sc se reste du bien est par-tagé entre ses autres enfans. „ Je n’ai pû apprendre, ajoute-t-il, par quelle,, raison l’on en use ainsi. . . . Après que le Papas eut reçu la compagnie a la„ porte de l’Eglise, il exigea le consentement des parties, ôc mit sor la tête à,, chacun une couronne de branches de vigne, garnie de rubans ôc de den-„ telles. Il prit ensuite deux anneaux, qui croient sur i’Autel, & les mit à leurs„ doits : savoir l’anneau d’or au doit du garçon, Panneau d’argent au doit de„ la fille, en diíànt un tel ôcc. (comme je l’ai dé j a rapporté). . . il chan-„ gea plus de trente fois ses anneaux des doits des uns aux autres. Mettant ce-„ lui de l’Epouse au doit de l’Epoux il disoit, me telle ôcc. Enfin il changea„ encore plusieurs fois ces anneaux, Sc laissa Panneau d’or à l’Epoux Sc la ba-„ gue d’argent à l’Epouse. . . Les Parrains Ôc ses Marraines firent après 1 e Pa-„ pas le même changement d’anneaux. Celui ôc celle qui étoient en fonction
,, ce
(a) Thévenot dans ses Voyages dit, que le Prêtre, qui boit le dernier, rompt le verre, en disant ,puiseainsi F Epoux rompre la virginité de fin Epouse.
(S) Christ. Angélus ubi sup. cap. 49.
(c) Rkaut Etat de l’Eglise Grecque Chap. 15.
(d) Voyage au Levant Lettre 5.