RELIGION DES GRECS.' 123
sages qui appartiennent particulièrement aux deux onctions des Grecs. L’Archevê-que, ou en fa place l’Evêque, consacre le Mercredi saint l’huile de 1 onctionpour toute l’annee. (a) Le jeudi saint le Patriarche ou l’Evêque administrefonction en public à tous les stdelles. C’est l’Oeconóme qui fait l’ònction a uPrélat, Sc le Prélat l’administre ensuite â tous les stdelles. Òn sait remontercet usage autems de S. Jean Damaícene. Les Grecs vont plus loin encore. Ilsoignent les morts presque avec les mêmes cérémonies que les vivans. Sept Prê^tres font cette onction. Chacun d'eux prend un papier imbibé dliuile Sc l’al-Iume, comme pour purifier par cette espèce de sacrifice Lame du défunt, Sc ladélivrer des peines quelle a mérité. Il faut regarder cet usage superstitieux,comme un reste des lustrations du Paganisme. On attribue même aux Grecsde croire que l’onction des morts a sauvé des gens de la damnation éternelle.Sc c’est de cette maniéré qu’ils raccontent que Trajan Sc un certain ThéophileJonoclaste ont été sauvés.
Les autres choses particulières dans l’onction Sc l’Extrême Onction des Grecsfont, que le Prêtre,après avoir plongé dans les saintes huiles le cocon, dont-ilse sert, qui est attaché au bout d’un bâton, oint le pénitent ou le malade enforme de croix fur le front, sur le menton, sur chaque joue, sur le dessus &cdans les paumes des mains. Après quoi il prononce une courte priere. Les septPrêtres, s’il y en a sept presens â la cérémonie, oignent tous le malade l’un a-près l’autre : le plus distingué des sept met l’Evangile fur la tête de celui qui re-çoit l’onction, pendant que les autres ont les mains posées fur lui.
De ces usages je passe aux differences que l’on a remarquées entre l’onctiondes Latins Sc celle des Grecs. Je ne dis rien des differences dans les prières,ni des vaines objections que l’on fait fur le nom de Sacrement, donné â l’Ex-trême Onction par les Latins, & fur celui de myfìerè que les Grecs lui à£tribuent, de même, qu aux autres Sacremens de l’Eglife d’Occident. Les Pro-testans ont fait quelque cas de cette différence, qui à la rigueur ne consisteraittout au plus que dans une fausse application des noms. Voici donc les vé-ritables differences. Chez les Latins une seule personne" suffit pour* administreíl’Extrême Onction ; chez les Grecs l’onction est irreguliere, si tout au moinselle n’est faite par trois Ministres de l’Eglise. Le Cérémonial Latin Veut qu’ilappartienne au seul Evêque de consacrer l’huile; chez les Grecs les Prêtres laconsacrent auffi. Outre la différence (b) dans l’onction des parties du corps dumalade, les Grecs ont la coutume d’oindre auffi toute la maison, en faisant enmême tems beaucoup de signes de croix.
De l’Extrême Onction je viens aux Cérémonies funèbres. La transition estdans l’ordre; & quoique le fidelle malade rappelle plus d’une fois de la pre-mière, il est toujours vrai que l’Extrême Onction a pour but de guérir les in-firmités de lame fidelle plus capables de l’affliger dans les fuites incertaines dela maladie, que dans la tranquilité de la santé, où l’esprit se donne si rare-ment le loisir de regarder vers l’avenir. L’Extrême Onction a auffi pour but deconsoler les Chrétiens dans les souffrances du corps, & de tourner ses espéran-ces vers l’éternité. J’en dirois bien davantage, mais il ne s’agit pas ici de dé-pouiller les prières des Eucbologes Sc des Rituels. Je reviens donc aux Cérémo-nies qui accompagnent l’agonie du mourant, Sc les premiers momens qui sui-
- vent
O) Le P- Goíir , in Eitcholog.
(b) Les Latins oignent les yeux, les oreilles, les narines, la bouche,les mains,les 1 pieds & les reins.
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