124 II. DISSERTATION SUR LA
vent se mort., ou commencent aussi les yraycs Cérémonies funèbres de tous lespeuples.
(a) Ricaut nous parle de quelques pratiques aisés remarquables des Grecsdans leurs maladies. Par exemple il dit, „ que le Prêtre bande la tête du mala-„ de avec le voile du Calice, & lui donne à boire un trait d’eau benite, où,,-1'on a fait; infuser des herbes odoriférantes. Cette eau doit-être consacrée par,, l’attouchement du Crucifix, ou dune image de la Sainte Vierge. On la
présente au malade, comme une medecine propre à guérir les maladies de„ l’ame, auíïì bien que les infirmités du corps. . . . quand le malade ernpi-„ re, on a recours à l’Extrême Onction. ... que l’on accompagne des prie-„ res convenables & de quelques leçons du Nouveau Testament, où il est„ parlé de la résurrection des morts”. Les Grecs ont auíïì l’usege pieux de fai-re des vœux à Dieu & aux Saints pour recouvrer la santé. Ces vœux se payentcomme dans l’Eglise Latine, par 1 offrande d’un œil, d’un bras ou dune jam-be d’or ou d’argent. C'est ce même usage qui a été pratiqué par les plus an-ciens Payens, comme entr’autres les Philistins, qui, après avoir été guéris de lamaladie dont ils furent frappés pour l’ámour de l’Arche du Seigneur, dontils s etoient emparés, la renvoyèrent avec la représentation en or des Parties af-fligées. Les Chrétiens s’accommoderent de bonne heure de cet usage des Payens.Il est si commode de substituer au sacrifice du cœur l’offrande des choses ma-térielles , qu’il est surprenant de la trouver rayée d entre les useges de certainesReligions, qui ne laissent d’autre amusement aux dévots matériels que le cu-rieux examen des actions d’autrui, & cette oisiveté d’efprit, qui dans le templecomme ailleurs, leur sert i méditer fur la conduite du prochain.
J’ai lù dans quelques Relations de Missionnaires, que les Grecs (c’est-à-direceux qui se trouvent pourvus ou de plus d’ignorance , ou de plus de supersti-tion) estiment leurs fidelles, qui meurent le jour de la Fête de quelque grandSaint plus heureux & plus honorés que ceux qui meurent en tout autre jourde la semaine : mais cette opinion singulière n’appartient pas aux seuls dévotsde la Grece. Une remarque aussi subtile que celle-là n’a point échappé auxnôtres. C’est ainsi que, suivant le rapport d’un {b) Missionnaire, „ plusieurs,, ont remarqué, que les plus grans favoris de Notre Dame sont partis de cet-„ te vie durant la célébrité de quelqu’une de ses Fêtes ; comme St. Bernard,„ St. Hyacinthe, St. Ephrem, St. Bernardin, St. Philippe de Thudert, le„ B. H. Stanislas Kostka &c ”. Comme tous les genies ne font pas égaux, ilpeut-être possible que certaines âmes se fixent à leurs devoirs par des subtilitésde cet ordre.
On voir a Corfou, dans une Eglise appellée Panagia , nom quelle porte acause de la Sainte Vierge, une Image de Notre Dame qui sc distingue par sesmiracles; fur tout par un qui, selon que la prédiction tourne, doit être fortagréable aux bons amis & fort intéressent pour les femmes & pour les maris.Pour sevoir si des personnes qui touchent de si près sont encore en vie, on ap-plique une piece de monnoye á l’Image miraculeuse ; on pense en même temsà la personne qui intéresse, le parent au parent, l’ami à l’ami, la femme àl’çpoux. Si la personne dont-on s’informe est encore en vie, la piece reste at-tachée à l’Image, si elle est morte, la piece tombe dans un sec qui est au des-sous. Ainsi que l’indice soit vrai ou faux, la chose est toujours au profit du Prê-tre.
(a) Etat de íEglise Grecque. Chap. 14.
(b) Relation de l' Jjle de Sant-Erini , par le P. Richard.
r