RELIGION DES GRECS, raa
s, dans les maisons, les maris & les veuves n entrent pas dans l’Eglise, & neíj fréquentent pas les Sacremens tandis qu’ils sont en deuil. Quelquefois les,> Evêques & les Papas sont obligés de les y contraindre sor la menace de l'Ex-„ communication, que les Grecs appréhendent plus que le feu”.
Voici une autre -Cérémonie funebre j que le meme Tournesort a vue à My-cone. Quelques différences aises remarquables empêcheront le lecteur de laregarder comme une répétition de la précédente. „ Dès qu’une personne a„ rendu Pâme (a) on sonne ... les parens , les amis , les pleureuses font
i, leurs complaintes autour du corps que Pon porte a PEglise peu de tems a-» près, le plus souvent même on n’attend pas qu’il soit froid : on s en dé-5i barrasse fans feulement s’informer s’il est véritablement mort . ... . ou si on33 Pa crû mort, quoi qu’il fut encore en vie. .... le convoy s’arrête au55 millieu de la principale place : on y pleure fort amerement, du moins ens, apparence : les Papas disent l'Offce des morts autour du corps ; après quoi„ on le porte à PEglise, où il est inhumé dès qne l’on a récité quelques O-î> raisons accompagnées de pleurs, de gemissemens y de sanglots. ...
„ Le lendemain on sonne encore les cloches : on sert un Colyva dans îa5, maison, sor un tapis étendu par terre: les parens 8 c les amis se rangent à
j, Pentour: on pleure pendant deux heures, tandis que l’on dit la Messe des
55 morts à PEglise. Le soir on y porte un autre Colyva avec une bouteille de„ vin: les parens 8 c les enfàns du mort,qui sont mariés, en envoyeur autant.5, Les plats font distribués aux Papas qui récitent l’Office. Chacun mange„ 8 c boit comme il l’entend, a condition que l’on pleurera de tems en temssi par bienséance. '
z, Ee troisième jour aú matin òn envòye cPautfes Côìyvas , à comme l’on,, ne dit qu’une Messe par jour dans chaque Eglise, les Papas prennent leursj, plats, 8 c s’en vont celebrer dans leurs Chapelles. - Les autres jours, jUÍqu’au3 > neuvième, on dit seulement des Messes: le neuvième on fait'l’a même ce-35 remonie que le troisième. Le quarantième jòur après le décès , a la sinì> du troisième mois, du sixième, du neuvième 5 8 c au- bout de Pan, on re~33 pete la même chose que le troisième jour-, bien entendu que Pon ne man-j, que pas d’y pleurer. Tous les ans les heritiers font porter ie Colyua a l’E-j, glise, le jour du décès de leur pere 8 c de leur mère, 8 c poUr cette fois la ce-5> remonie se fait sens lamentation.. Tous les Dimanches de la premiere an-,1 née du décès, 8 c quelquefois même de la seconde, on donne â un pauvre„ un grand gâteau, du vin, de la viande 8 í du poisson : le jour de Noël 011-, fait la même charité. ... les Papas en distribuent autant qu’il leur plait,55 se font bonne chere du reste, car toutes ces offrandes vont de PEglise chés33 eux. Ainsi ces Ministres Ecclésiastiques ont plus de bien, qu’ils n’en seu-33 roient consommer, 8 c d’ailleurs indépendamment du casoel de PEglise, on3, les accable de présens. Les heritiers, pendant la premiere année, donnent33 soir Le matin aux pauvres la portion de viande, de pain, de vin 8 c de fruit,3> que le mortauroit mangée, s’il eut vécu".
• A l’égard du Purgatoire je renvoyé â ma premiere Dissertation. Tournesortparle assés juste, quand il dit que les Grecs ne sevent gueres â quoi s’en teniríùr cette matière. Il est bien vrai qu’en général ils renvoyent la décision duselut 8 c de la réprobation â la fin du monde. Cependant, ils ne seuroient
dé-
00 Sur cela il faut supposer qu à Mycone on â f usage des cloches.
Tourne III. Part. I. k k