H
' ( '
iz2 II. DISSERTATION SUR LÁ
Ce Prêtre designé se met à genoux, on sait sur sa tête le triple signe de croix,l’on récité les prières convenables à cette Ordination , & on lui imposé lesmains. Dans une des prières l’Ordinant nomme les principales fonctionsde la Prêtrise, le sacrifice, la prédication de l’Evangile , le Baptême &c. A-près les prières, il releve le nouveau Prêtre, lui met íur lepaule droite la ban-de de l 'Ovaire qui est derriere. Cet Ovaire , dont j’ai parlé plus haut, est unedes marques du Diaconat, ll lui donne 1 'EfitracheUum, que l’on traduit parì’Etole , & le Phelonium qui selon les uns est le Surplis, selon d’autres la Chasu-ble, ou la Planète. Tout cela se fait au chant du Chœur. Ensuite un Dia-cre prononce ces paroles, Aimons nous les ms les autres : alors le Patriarche,s’il aífiste à la cérémonie, baise l’Autel, les Prêtres, chacun selon ion rang, lebaisent auífi, baisent la main du Patriarche, qui l’a posée íur le saint Autel,& le baisent lui-même a la joue. Les Prêtres se baisent les uns les autres, lesDiacres les imitent en se baisent touc de même. Tout ce que le Pontificalajoute regarde l’Eucharistie.
On a déja remarqué que lés Prêtres ont ía permission de se marier une fbis^mais que les secondes noces leur sein t défendues. On a dit auíïi que le Prêtre doit êtrevierge & épouser une vierge, sens quoi il ne seuroit entrer dans les Ordres. Ils portentau bas de leurs bonnets une bande de drap qui est blanche. Cette bande leur pendderriere le dos & s’appelle Perijìera y c’est-à-dire, Colombe. Elle est l’emblême de fin-nocence & de la pureté de la Prêtrise. Ricautnóus apprend que l’Evêque retranchela Colombe au bonnet du Prêtre, qiìi tombe dans quelque péché, & que l’on en voitpeu qui la gardent fort long-tems, tant il est ordinaire aux Prêtres d’être vicieux.
Je passe à l’Evêque designé. Les Prêtres le remettent entre les mains dedeux (a) Prélats. On lui fait faire le tour de l’Autel &c. comme je l’ai rap-porte des précédentes Ordinations. Après ces cérémonies préliminaires, leCbartophylax ou l’Archiviste donne au Patriarche, si c’est lui qui secre l’Evê-que , le (h) Contacium. Ce q Ton appelle ici le Contacium est un petit Recueilçfactes, formules &c. de sélection de l’Evêque. On s’en servoit autrefois, &:peut être s’en sert on encore. L’état présent des Grecs a introduit le désordre& la négligence dans toutes ces élections. Ainsi je me contente de rapporterla plupart de ces Cérémonies selon le Pontifical, c’est-a-dire, non comme el-les font toujours aujourd’hui, mais comme elles devroient être. Le Patriar-che prend de la main gauche ce Contacium & pose se droite sor la tête du dé-signé pour lire le formulaire de sélection Cette lecture faite, il ouvre le li-vre des Evangiles & le pose (c) ouvert sor la tête de ce désigné : tous les Evê-ques. aífistans touchent en même tems l’Evangile: avant cela l’Ordinant a faitun signe de Croix, & les aífistans ont touche au signe de Croix la tête du dé-signé. Les prières convenables à sélection suivent ces cérémonies. Je ne don-ne point le détail de ces prières, qui regardent la consécration de l’Evêque,la- bénédiction de son Ministère &c.
Après ces prières l’Ordinant ôte l’Evangile de dessus la tête de sEvêque élu,& savant remis sor l’Autel donne (d) le Pallium au désgnê. Cette cérémo-nie est accompagnée du chant, suivie de ces seints baisers, ou si l’on veut
de
(a) Duo Pontlfìces primant. Le Grec dit
(b) Voy. fur ce Livre Habert in Pontifie, pag. 59.
(c) C’est pour apprendre au désigné qu’il doit être sous le joug de l’Evangile. Voy. un beau pas-sage de St. Chrysostome sur ce sujet. pag. 79. du Pontìf. Grec.
(d) Le Pallium sur les épaules du Prélat est l’image de la brebi ; égarée & retrouvée par le bergerqui la chargea fur ses épaules. C’est là une belle & riche allégorie de î’invention du bon Isidore. Chezles Grecs les Evêques ont le droit de porter le Pallium.
1