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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. 7Z7

ler. Ils ont plusieurs Offices & plusieurs Cérémonies avant & après le dîner*Avant que de sortir du Réfectoire, ou présente un morceau de pain dans unplat & l’on met une coupe de vin devant ÍHegumene , qui est astis au dessus deses Moines a une petite table particulière. L’Hegumene fait une eípèce de con-sécration de ce pain & de ce vin par quelques prières. Après cela on fait letour du Réfectoire avec ces offrandes : chacun rompt tant soit peu du morceaude pain, & boit une goûte de vin. La cérémonie finit par quelques prières,& chacun retourne à se cellule.

Pour ce qui est des Religieuses ,- il s’en faut bien, nous dit Tournefort,quelles ne vivent avec autant d austérité que les Moines. „ La plupart sont des„ Magdelaines nutigées, qui sor le retour font vœu de ménager des vertus„ qu’elles ont fort negligées dans leur jeunesse. Elles se retirent enfin dans un„ Monastère, pour y mener une vie un peu moins scandaleuse, sous les yeux d une„ (a) Superieure”. Ricant dit aussi que la vie de ces Religieuses n’est ni si rigi-de , ni si austere que celle des Caloyers. Entre ces Religieuses les unes sontdes filles devenues pieuses & devotes, qui se vouant â la pauvreté & à la chas-teté s’enferment dans un Couvent pour se détacher du monde. Les autressont des veuves, qui reconnoissant leurs péchés, & peut être austì que le mon-de commence de les oublier, songent à sc retirer avec honneur, travaillent à seconvertir, font pénitence & s’accoutument enfin à la dévotion : car en toutes chosesil y a toujours je ne sei quelle habitude, qui rend agréable Se amusent ce qui parois-soit auparavant incommode & difficile. On pourroit trouver telle devote quine repasse pas moins agréablement ses péchés & ceux des autres à lage de soixan-te ans, qu une coquette consommée le nombre de ses galanteries á lage devingt cinq. De même tel vieillard se frappe du plaisir de méditer sor les cho-ses spirituelles, comme un jeune homme de celui de se rappeller ses conquêtesamoureuses. Voila l’effet ordinaire de ces dévotions tardives & de celles qui nesuivent que trop souvent une passion dépitée, (b) Ces Religieuses suivent laréglé & la discipline des Moines. Elles s’occupent dans le Couvent à plu-sieurs sortes d’ouvrages qu’elles revendent aux Turcs, & l’on nous assure queceux-ci ont de grans égars pour elles. L’Abbé du Couvent auquel celui deces Religieuses est soumis leur envoye pour Prêtre & pour Confesseur un deses plus vieux Religieux dont la réputation est le mieux établie.

Je passe aux Moines du Mont (c) Athoi, que les Grecs appellent la seimeMontagne, & qui, pour me servir de l’expreísion de Belon, est aux Grecs ceque Rome est aux Catholiques. Tournefort nous dit brusquement, que les Con-vens du Mont Athos, quelques réguliers qu’ils paroissent, fournissent les four-bes les plus dangereux, bien loin d’élever des hommes apostoliques, capablesde rétablir la Discipline Ecclésiastique. On prétend austì que ces Moines sesont fort corrompus depuis environ l’année r 4; o. Ricaut parle tout autre-ment que Tournefort, {d) „ Ces Religieux, dit-il, sont pour la plupart des„ âmes seimes & pieuses, attachées a la dévotion & a la mortification.... ils» s’entretiennent toujours des choses celestes, avec une vénération singulière. De

O En Grec vulgaire, Hegumenifse.

f L r^ at * Eccle s- Occid. & Orient. Consenftone L. III. C. 8,

( ) ette Montagne est de la Macedoine & fait une espèce de presqu’île du côté de ìa mer Egée. .(c) Etat de l Eglise Grecque Chap. XI. U commence le Chapitre par dire „ qu’il n’y a pas de lieu» fur la terre que l’on puisse mettre en parallèle avec cette Montagne , ou l’on conserve religieusement„ & la doctrine de la Foi Chrétienne, Sc l’ancienne austérité de la vie.

Tome III. Part. I. M m