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[Volume II.]
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iz8 II. DISSERTATION SUR LA

,, sorte que nous pouvons nous persuader íàns trop de crédulité, que non seu-„ lement ces Religieux íont moralement gens de bien, mais aussi qu’ils sont,, en quelque maniéré touchés de l’esprit de Dieu, ôc que l’obéïssance qu’ils„ lui rendent ôc leur dévotion les conduiront peut-être plus sûrement au Ciel„ que la segesse des plus profonds Philosophes, ni la science des Théologiens„ les plus éclairés”.

Les Chrétiens, Grecs vont en pèlerinage à ce Mont Athos, ôc y visitent lesEglises ’& les Reliques. Telles sont quelques cheveux de la Sainte Vierge, faceinture, une petite portion du seng de N. S. des lambeaux de ses langes, lepié Sc le soulier de Sainte Parasoeve. Les dévotions ôc les charités qui en pro-viennent, les présens que ces Moines reçoivent, ôc les quêtes de leurs Pando-ques ou quêteurs leur font de très beaux revenus. Ricaut me fournit ce pe-tit détail, &: nous assure que ces quêteurs, qui paílènt pour fort entendus dansleur métier, rapportent ordinairement des richesses considérables des païs sou-mis à la Religion Grecque. Pour mieux encourager leur industrie, celui quia le plus apporté est d’ordinaire élu Prieur l’année suivante. Ecoutons encorecet Anglois fur le caractère des. Moines, qui reçoivent, & fur celui des dévotsqui donnent. Le caractère des premiers ne laisse pas de diminuer un peu legrand mérité qu’il attribue à: ces íèveres Religieux.

„ Ces Caloyers : se plaignent continuellement de leur pauvreté & de la mi-,, sere de leur condition : ce qui surprend ceux qui voient leurs thrésors. A„ moins que nous ne disions qu’ils sont. . . comme ces riches qui meurent„ de faim aui milieu de.l’or. ôc de l’àrgent. . . . si l’on considéré ia magnisi-„ cence ôc les richesses de leurs Autels Le de leurs Eglises, on aura de la„ peine à se persoader qu’ils soient aussi pauvres qu’ils affectent de le paroî-„ tre”. Ces biens sont dévoués aux Couvens, & au service divin, diront lesMoines, ll ne leur reste donc que le produit de leurs champs, mais ce produitn’est. pas absolument méprisable.. Avec cela: un Moine qui fait profession devivre;en retraite, iSc avec plus. d’austericé que le reste du genre humain, peut-il se plaindre dsetre miserabie ?, Ensuite Ricaut nous parle de leurs riches orne-mens, entre lesquels il y en .aide’couverts de perles ôc de pierres précieuses - yd’un .nombre infini de vaisseaux sacrés d’or & d argent, de leurs croix dorgarnies de pierres précieuses; de leurs Rituels ôc autres Livres d'Eglise cou-verts d’ór. Toutes ces richesses fournissent á ces Caloyers ( du Mont Athos )„ le moyen daller en. Procession avec toute la magnificence possible les„ grandes fêtes de l’année. Et même la Procession qu’ils font tous les jours,, pendant le service est accompagnée de tant de pompe ôc de tant d éclat,„ que frappant le peuple d'une vénération ôc d’une dévotion extraordinai-„ res. . . . personne ne sc retire sans donner des marques de son zélé par>, ses présens. . . sens cela^ 'on ne croiroit pas avoir eu se part de la bene-„ diction ”. Voilà pour ce qui regarde le caractère de ces Religieux , ôc voiciles suites de celui d’une partie des dévots qui leur portent des présens. „ Les„ Grecs, dit le même Ricaut, sont pour l’ordinaire avares ou pauvres. Et„ cependant, soit vanité dans les uns, ou dévotion dans les autres, ils s’esti-„ ment obligés de donner saumoné pour la sainte Montagne. Il s’en trouve„ même, qui ayant pillé le peuple, ôc vécu de rapine ôc de violence, croyent„ appaiscr la colere de Dieu, ôc obcemr la rémission de leurs péchés, en se-„ crifiant à cette Montagne une partie de leur butin ". Il ne faut pas aller cher-cher en Levant cette sorte de dévotion : nous la trouvons en Europe, ôc danstoutes les Communions. Elle a cela de commode qu’on entre en composition

, avec