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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. 139

avec Dieu à qui tous les biens appartiennent, & que pour lamour de lui onen cede une partie aux pauvres qu’il appelle ses membres : après quoi l’onjouit du reste en toute fureté de conscience.

,, {a) Le nombre des Caloyers de la Montagne peut aller à six mille, en y„ comprenant les Prêtres, les Diacres, & les Freres-lais. De ces six mille, il„ y en a ordinairement deux mille hors du Couvent, que Ion envoye à la„ quête”. Ricaut nous”Hit ensuite, que les Couvens de cette montage sontau nombre de vingt, qu a Texception de trois que la pauvreté affranchit destaxes, les autres payent au Grand-Seigneur: un tribut de mille écus par mois,mais qU’ils font taxés inégalement, les uns a plus 8 t les autres a moins, félonleurs moyens; que ces Couvens font exempts de la jurifdiction (h) du Patriar-che, & qu’ils ne lui rendent aucune marque de reconnoiífance ; que toute sonautorité consiste a établir fur eux deux Archevêques , dont l’un se tient a (c)Carets , &c l’autre a Sidero-capti, tous deux relevant , du Métropolitain de Theílà-lonique. „ Ces Prélats, continue il, ne se mêlent de quoique ce soit, que de li-„ re la Liturgie & de donner les Ordres. Chaque Ordination leur vaut un„ sequin. ... tout le gouvernement est entre les mains des Supérieurs ou des„ Prieurs. . . . E)e plus entre ces vingt Couvens-, - il y en a neuf ou le Pa-„ marche n’a pas même le pouvoir de mettre un Evêque pour y conférer les-, Ordres, parce qu’ils fesont rachetés de cette marque de soumission. ....-, Dans les autres Couvens : (de la Grece) le Patriarche a le droit, non seule-„ ment de conférer les Ordres aux Prêtres, mais aussi de nommer des Supe-iy rieurs, & de donner les Prieurés à qui lui fait le plus de présens. .... Les,r Couvens du Mont Athos ,èc celui de Maura-Mo!a fur le Bosphore, ont le3> Boflangt Bacbi pour protecteur. Il nomme tous les ans un Aga, pour aller„ recueillir le tribut annuel de douze mille écus, dont dix (d) bourses lui sont9 , affectees.,. . outre cela chaque Monastère lui donne une brebis tous les5, mois, sens compter les présens cl’agneaux, de chevraux &c. qu’on lui fait„ à Pâques. L’Aga résidé â Carets , & y est servi par trois ou quatre Domesti-„ ques de son sexe. . . . Tous ces Couvens y ont une Maison ou Halle„ commune, dans laquelle ils tiennent leur Synode, ... où se règlent les„ intérêts des Couvens. Ce Synode est appellé l 'Assemblée des Anciens . . . .„ chaque Couvent sc cottise ou est taxé â proportion de ses revenus, pour en-„ tretenir les bâtimens publics ôc les personnes qui* y demeurent, & pour„ fournir aux fraixdes chandelles, del’huile, & des lampes, com me aussi â la„ subsistance de ceux qui lisent la Liturgie toutes les semaines, cest-à-dire tous les„ jours de marché. Ils ont sous l’Aga duquel ils dependent une si grande li-3, berté, soit â legard des affaires qui regardent la Religion, ou des séculières,„ qu’il n’y a point de Turc qui ose mettre le pied fur la Montagne fans se per-„ mission".

L'occupation des Caloyers ordinaires est de travailler â des Ouvrages me-chaniques. Ils sont jardiniers, vignerons, tailleurs, tiíferans, bonnetiers &c.le tout au profit de la communauté. Celles des Religieux Grecs, nous dit le

mê-

O) Ricaut ubi Tud.

(£) Notes cependant, que Mr. de la Haye, dans son Voyage de Constantinople , dit positivement,que es Moines du Mont-Athos reconnoiffent le Patriarche de Constantinople. II ne falloir pas dire ce-la fans re ri cti°n : mais il sc peut auíïì que les choses ayent change depuis cet Ambassadeur.

(c) 1 e ituée fur le milieu de la Montagne. Vovés en la description dans Ricaut ubi sup. II n’estpas permis aux femmes de se trouver aux marchés qui se tiennent dans cette Ville. C’est là que les Ca-loyers vendent les ouvrages auxquels ils s occupent.

(d) Chaque bourse est de 500 écus.

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