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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. 141

remonter Porigine des Couvens de cette Montagne au tems de Constantinîe grand.

On montre par curiosité aux étrangers un collier de fer duquel pend unecroix de sept ou huit livres, Ce collier avoir appartenu á un Saint Atha-nase du neuvième siecle, lequel procura la fondation de Sainte faute, un desprincipaux Couvens du Mont Athos. On se sert de ce collier quand on re-çoit un nouveau Caloyer dans l’Ordrc, On montre austì la cellule de S. Atha-nase, Ôc une pierre de marbre blanc fur laquelle il avoit accoutumé de prierDieu. Cette pierre a un creux de quatre ou cinq pouces, ôc les Caloyers as-surent que les genoux du Saint ont creuse ce marbre.

Il fàudroit terminer ce qui concerne la Hiérarchie ôc les Religieux, par laDégradation des Evêques ôc des Prêtres, les Ceníùres Ecclésiastiques ôcc»Mais on nous assure qué tous ces uíàges de l’ancienne Diseipline sent si négli-gés aujourd’hui, ôc même si dangereux à-observer, que qui voudroit en re-nouveller la sévérité seroit plutôt des Musulmans que des pénitens.

Divers USAGES Superstitieux des GRECS.

Je finis cette dissertation par certains uíàges superstitieux que les Grecs ob-servent , ou par une seibleíse d’eíprit assés ordinaire dans une condition baise ÔCmisérable, ou par Pignorance dans laquelle ils vivent generalement. J’ai déjaremarqué quelques-unes de ces superstitions : en voici que je n’ai pû placerencore, (a) Ricaut nous dit, que les Grecs attribuent une eípèce de sainteté àquelques fontaines dont ils croyent les eaux miraculeuses, fur-tout quand ellessent dediées á un Saint. Il se peut fort bien que ce soit-là un reste de Paga-nisme.

Ils ne croyent pas devoir manger du íàng ni des choses étouffées, mais PAn-glois ajoute, qu avec tout ce serupule, ils réexaminent pas de fort près ce qu’onleur sert. Si cet uíàge est exactement véritable, ils tiennent en cela du Ju-daïsme.

Je parle seulement etí pastànt de leur opinion for le Nil, qu’ils appellent leRoi des fleuves. Ils s’imaginent que le débordement de ce fleuve est une bé-nédiction que Dieu a particulièrement accordée á l’Egypte, parce qu’eile fut Pa-zile du Sauveur & dé la feinte Vierge contre les persécutions d’Herode.

Leur Medecine, si généralement exercée par des ignorans, est austì fort ex-posée aux superstitions. En voici une des plus remarquables que je tire deTournefort. (b) borique la tête d’un malade se brouille Se que le traníport com-mence , on le traite de possédé ; ce n’est plus laffaire du Médecin. On le remetà l’Exorciste. Un Papas s’approche pour réciter plusieurs Oraisons ôc pour ver-ser l’Eau benite. Il la répand à grans flots dans le lit du malade ôc dansla chambre. Les Exórcismes suivent, les Papas conjurent gravement des dé-mons imaginaires, OU ceux qui ne reconnoiísent pour véritables ennemis queles remedes d’un habile Médecin. On peut vois dans Tournefort un exempleSes fuites de ces ridicules Exórcismes.

On nous dit que les Grecs aiment beaucoup à visiter les Eglises ôc les Cha-pelles , se r tout celles qui sont dans des lieux esearpés Ôc difficiles, où l’on n’ar-

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(a) Etat &c. Chap. XX.

(£) Tournefort ubi íiip. Lettre IV;

Tome III. Part, I. “ Nn