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rive qu’après beaucoup de fatigue. C’est dans cette peine que consiste unebonne partie de la dévotion du peuple. Arrivés à la Chapelle ils y font grandnombre de signes de croix, de génuflexions & de profondes inclinations. Onbaise l’Image qui s’y trouve, on la régalé de trois ou quatre grains d’encens.On se recommande â la seinte Vierge ou au Saint, que cette Image représen-te : mais si le Saint n’exauce pas les vœux du dévot, il est expose á de fâcheu-ses apostophes. Ici, comme ailleurs,, les pèlerinages & certaines fondations deChapelles ont quelque mérite, & deviennent les effets de la superstition touteseule, quand les mouvemens intérieurs de l'ame ne tendent pas véritablement àréparer les désordres de la volonté.
Ajoutons ici en deux mots la pieuse fraude de l’Urne (a) d’Amorgos, quiest regardée comme un Oracle de l’Archipel. Elle a cela de commun avec lesOracles de l’ancienne Grece , que ses prédictions sont dues aux (b) fourberiesdes Prêtres. Cette Urne qui est près d’une Chapelle dédiée à Saint George,se remplit d’eau & se vuide d’elle même plusieurs fois le jour, & souventmême dans l’espace de demi-heure : ce qui est regardé comme un miracledu a Saint George, (c) C’est ce même Saint George qui a Scyros faute furles gens qui n’accompliffent pas leurs voeux. Son Image, nousdit-on, les at-trape, quelque part qu’ils soient, s’attache a leurs épaules, leur donne descoups fur la tête & fur le dos, jiiíqu’â ce qu’ils se soient acquittés. On la voiten l’air faisent se ronde, & courant de côté & d’autre : elle repose sor les épaulesd’un Moine aveugle, qui la porte sens savoir où il va. Ceux qui viennent consul-ter l’Urnc d’Amorgos, avant que d’entreprendre quelques affaires d’importan-ce, ne manquent pas d’être malheureux, si lorsqu’ils arrivent, l’eau est plusbaflè qu’à l’ordinaire. On peut lire dans Tournefort un plus grand détail decette superstition. Le P. Richard (d) rapporte aussi que les Insulaires vont con-sulter tous les ans a Pâques l’Urne d’Amorgos, qui, selon qu’elle est pleine ouvuide, leur apprend si Tannée sera fertile, ou non.
Je rapporte, non comme une superstition, mais comme un usege qui n’i-mite pas aisés Thumilité de J. C. ce qui se pratique dans liste d’Andros. (e)A la Procession de la Fête Dieu l’Evêque du Rit Latin, qui porte le corps deJ. C. foule aux pieds les Chrétiens prosternés dans les rues, de quelque Ritqu’ils soient. La même chose se pratique â Naxos & le (f) Missionnaire quile rapporte ajoute que ceux qui ont des malades les exposent sur le chemin auS. Sacrement.
La superstition que j’ai rapportée (g) au sujet des morts m’oblige de par-ler de celle de Chio, qui en dérivé certainement. On croie (h) en quelquesendroits de cette Isle, qu’un corps mort qui ne se corrompt point en quarantejours, est converti en esprit follet. Cet esprit est fort incommode & va frap-per aux portes des gens, qu’il appelle meme par leur nom. Si Ton s’avise desoi répondre on ne manque pas de mourir au bout de deux ou trois jours.
Si la superstition ne se trouve pas dans Tusege que je vais décrire, on y trou-vé <so moins un ridicule qui oblige de le remarquer. A Nicaria, près de Sa-
mos*
(a) Voy. Tournefort dans la description de cette ïfle Lettré VI.
(b) On peut lire dans 1a Relat. de Sant-Erini ,par le P. Richard tout le secret de cette imposture*
(s) Dans Tournefort ubi fup. Lettre X.
(d) Relat. &c. ubi fup.
(e) Tournefort ubi fup. Lettre VIII. Thevenot. preru. Part.
(f) Missions du Levant. Tome prem.
(?) Voy. ci-devant touchant les Bmcolaques. . ,
(h) Thevenot pr. Part. Ch. 6;. ...