RELIGION DES GRECS. 151
,, îte lai permet pas de dire la Messe : auíïì les Prêtres évitent t’iîs de se conseíserdeces péchés, (a) Us donnent la communion aux eníàns en mourant , & les adul-tes ne la reçoivent què rarement. Il y en a même plusieurs cjui meurent„ fans la recevoir. Le Prince contraint lés Ecclésiastiques, même les Evêques,,, daller à la guerre: & au retour de là ils celebrent la Messe, íans aucune dise„ pense de leur irrégularité. Ils sont dans ce sentiment, qu’en un jour on 11 e„ doit dire qu’une Messe fur un autel, non plus que dans chaque Eglise. Usj, consacrent dans des calices de bois, &c (h) ils portent 1 Eucharistie aux mala-„ des avec une grande irreverence, sens aucune lumière & sens convoi. En„ de certains jours de fêtes les Prêtres assistent ensemble à la Messe de l'Evso„ que, qui leur donne l’Eucharistie dans leurs mains, & ils la portent eux-,, mêmes à la bouche. Les Ecclésiastiques ne récitent pas tous les jours le„ Bréviaire-, mais un ou deux seulement le récitent, & les autres écoutent.„ Celui qui récité l’Office est d’ordinaire Pretre, & ceux qui y assistent n ecou-„ tent pas le plus souvent. La plupart des Iberiens sevent á grand peine les„ principes de la Religion. S’ils n ont point d’enfans de leurs femmes, ils les,, répudient avec la permission des Prêtres, & en épousent d’autres ; ce qu’ils„ font auffi en cas a adultéré & dé querelle. Ils prétendent qu il ne se fait,, plus de miracles dans l’Eglise Romaine, &c (c) que le Pape ne peut don-„ ner des dispenses, que dans les choses qui sont de droit positif , 8c encore„ est-il nécessaire quelles ne soient pas de grande conséquence.
,, (d) Le Pere Avitabolis décrit dans la même lettre au Pape Urbain VIII.„ l’état politique des Iberiens ; & il remarque entre autres choses, la grande„ autorité des Princes & des Nobles: car les Princes, sens se soucier de tout„ ce qu’on appelle liberté ou immunité Ecclésiastique , se servent des Prêtres„ comme de valets. Us méprisent les Evêques, & les châtient. De plus ils„ n’obéïssent point au Patriarche, qui prend la qualité de Catholique ou Uni-i, versel ; & partant ce n’est point le Patriarche qui tient le premier rang pour„ le spirituel, mais le Prince, qui est le maitre absolu tant dans le temporel„ que dans le spirituel. Les Nobles font aussi la même chose dans les terres,, de leur dépendance à legard des Evêques 8c des Prêtres. Le Prince a son„ suffrage dans sélection du Patriarche avec les Evêques, 8c tous élisent celuiqu’il souhaite. La volonté du Prince & de chaque Seigneur en particulier,, dans ses terres leur sert de loi, 8c ils n ont point de Juges pour examiner la„ justice des causes; ils n ont point aussi ^ordonnances particulières fur lese„ quelles ils se puissent regler, n’admettant pas même les témoins. Les Prin-,, ces disposent á leur volonté des biens de leurs Sujets, aussi bien que de leurs„ personnes. Enfin le Patriarche de Constantinople envoye souvent en ce païs-„ là des Calogers, pour les entretenir dans l’inimitié contre le Page.
,, Cette lettre a été écrite en 1 6 31 . au Pape Urbain VIII. par le P. Avita-„ bolis, qui étoit alors à Coris dans la Géorgie ou Iberie, & l’on a inféré dans„ le même livre de Gaianus les lettres du Prince des Géorgiens à Urbain„ VIII. qui sont dans les Archives de la Congrégation de Propaganda Fide.,» Ce Prince remarque entre autres choses dans fa lettre , que la Foi a été„ conservée pure dans ses Etats depuis Constantin le Grand jusqu a son„ tems, & il accorde une Chapelle aux Missionnaires de Rome , afin de
„ prier
( a ) Vuerts morientìbus prabcnt Eucharìfliant.
(b) Ettchœriftiam déférant ad infirmas maximes cum irrtverentiet , fine comitatti & luminibas.
(c) Sentimt Pontíficem in j are duntaxat positiva dijpen/are pojfe , fied in.re levi, non gravi.
(d) Avitab. Rel. Theatîn.
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