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[Volume II.]
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150 III. DISSERTATION SUR LA

„ ne, & qui íèmble avoir été suivie par quelques nouveaux Grecs, n’est poinc„ la véritable creance des lberiens, qui suivent exactement la Foi de l’Eglise„ Grecque; mais que ce qui aura donné occasion á leur attribuer cela, est„ parce qu’ils n’ont qu’un lieu, où ils mettent après la mort les âmes des„ damnés & de ceux qui sont censés être dans le Purgatoire. Or comme ils„ prient indifféremment pour toutes les âmes qui sont renfermées dans ce lieu„ qu’ils nomment Enfer, que Dieu les délivre des peines de TEnfer, & qu’il>, les veuille transférer de cette prison obseure au lieu de lumière & de joye,„ qui est le Paradis ; il a été facile d'inférer de là, qu’ils ne croyent pas quel’Enfer soit pour toujours: ce qui se doit entendre avec restriction, 5c á„ l’égard de certaines âmes seulement, qui font leur Purgatoire en ce lieu-là.

,, Les lberiens ont aussi les mêmes sentimens de la Confession que les Grecs,„ & en parlent de la même maniéré” (mais, suivant le P. Zamp , les Min-greliens, qui doivent être comptés entre les lberiens, ne se confessent gue-res, pas même à l’article de la mort. Il ajoute que les Prêtres font payer fortcher la Confession. Aussi est elle fort negligée, & cela , comme on voit, sedoit bien plutôt attribuer à l’avarice des Ecclésiastiques, qu'à l’ignorance & à lapauvreté des peuples. Comme il est ordinaire chez les Prêtres Grecs de se pré-valoir des foiblesses 5c des frayeurs qui troublent les pénitens, 5c de les enga-ger à racheter leurs pèches par despréfens, les Papas de Géorgie, pour les imi-ter, ont établi Pusege de faire acheter la Confession. Voilà la vraye origine decet abus. Ce même Missionnaire ajoute aussi, que Pusege de ces peuples est dese contenter d’un Confesseur titulaire, qu’ils appellent Moraguary. Ils payent d’unprésent le titre qu’ils lui défèrent, & ne se confessent jamais. L’ufage est aussid’acheter l’abfolution des pèches passés, présens 5c à venir, mais cette absolu-tion est fort chere. Les mourans l’emportent dans l’autre monde. Enfin, nousdit-on encore, les Ecclésiastiques eux mêmes évitent la Confession, parce qu’ilsfont très souvent Polygames , fornicateurs 5c adultérés. Au lieu de se confesser,ils vont se laver dans une riviere avant que de dire la Messe. On peut voirun pi US grand détail de ces abus (a) dans la Relation du P. Zamp.) Je reviensà celle du P. Avitabolis. „ Ils travaillent les jours de fêtes les plus solennels, mê-„ me le jour de la Nativité de nôtre Seigneut : mais cela n’est pas éloigné des„ usages des premiers siécles. Leur maniéré de baptiser est telle. Premierement„ le Prêtre lit un grand nombre d’oraisons sor Pensent; 5c quand il vient aux„ paroles où nous faisons consister la forme du Baptême, il ne s’arrête point,

„ mais il les lit de fuite sens baptiser en ce tems-là Pensent : puis si-tôt que la

„ lecture est achevéè, l’on dépouille Pensent, 5c il est enfin baptisé par le„ Parrain, &c non par le Prêtre; ce qui se fait sens prononcer d’autres paro-„ les, que celles qui ont été prononcées quelque tems auparavant. Ils ne se„ mettent pas fort en peine de recevoir le Baptême. Ils rebaptisent ceux qui,, retournent à la Foi après avoir apostasié. Le Prêtre seul est parmi eux le„ véritable Ministre du Baptême : (b) de sorte que faute de Prêtres, un enfant

ì- mourra sens être baptisé; & il y a quelques-uns de leurs Docteurs, qui

„ croyent qu’alors le Baptême de la mere suffit pour seuver Pensent, ils don-„ nent aux ensens avec le Baptême la Confirmation 5c l’Eucharistie. Ijs .se„ confessent pour la premiere fois, quand ils se marient, ce qu’ils font aussi„ quand ils se croyent à Pextremité : mais ils font leur Confession en quatre„ mots. Si un Prêtre tombé dans quelque impureté s’en confesse, le Confesseur

jï ne

(<«) Inférée dans le Tome VII. du Recueil de Voyages au Nord.

(b) In ferkulo obitus , fi défît Sacerdos , infans non baptizatur.