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[Volume II.]
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i 5 8 III, DISSERTATION SUR LA

gnant íur une table on voit deux couronnes de fleurs naturelles ou artificiellesavec des houpes de différentes couleurs, une tavaiole (c’est un voile) une coupe rem-plie devin, des morceaux de pain, du fil, une aiguille. Le parrain met levoile fur la tête des Epoux, les coût l’un à l’autre par leurs habits, pendantque le Prêtre lit. Ce même parrain met les couronnes fur leur tête, ôc leschange trois ou quatre fois de l’un a l’autre, félon les prières que le Prêtrelit. Après cela le parrain prend la coupe ôc les morceaux de pain, en metun morceau dans la bouche de l’Epoux , un autre dans la bouche de l’E-pouíè, réitéré jusqu a six fois, & mange le septième morceau qu’il a retenupour lui. Il les fait boire dans la coupe juíqu’à trois fois ôc boit ce qui reste.

Telle est la cérémonie du Mariage. Le voile est l’emblême de la couchenuptiale, le fil qui attache les. deux mariés lest de surdon conjugale , maiscomme le divorce, la fornication ôc la polygamie font ordinaires aux Mingre-liens, on pourroit dire aussi que la fragilité du fil, est Limage de la fragilitéde cette union. Le pain ôc le vin, qui marquent la communauté pourroientbien être aussi une. corruption du pieux usage, qui veut que les mariés re-çoivent la Communion après la bénédiction nuptiale. Le parrain boit ôcmange les restes des mariés, pour marquer, dit-on, qu’il a contracté une estpèce de parenté avec eux, qu’il doit être l’arbitre de leurs différais, & travail-ler à concilier leurs humeurs ; ouvrage aussi difficile en Géorgie ôc par toutailleurs, que celui de concilier deux Théologiens qui se disputent l’Ortho-doxie.

Leur deuil, au rapport des Voyageurs, est un deuil de désespérés. Ce n’estrien que de pleurer , ou plutôt hurler à l’honncur des morts, & de íè raserpour l’amour deux toute îa barbe ôc les sourcils, comme nous le dit le PereZampi. (a) La somme qui perd son mari, ou quelque proehe parent, déchi-re fes habits, fè met nue jusqu a la ceinture, s’arrache les cheveux, fe meur-trit le corps, s ecorche le visage. Les hommes s’y prennent de la même ma-niéré, avec plus ou moins de violence, selon la nécessité, ou l’inclination ,ou selon la circonstance du deuil : ôc cela dure quarante jours avec diminutiondes accès du deuil, a mesure qu’on approche du terme. Les dix premiersjours les parens ôc les intimes amis s’aífemblent pour pleurer regulierement au-tour du mort. Selon Chardin les cris ôc les hurlemens, les emportemens de ladouleur , le silence ôc la tranquillité se succèdent tour à tour. Le dernierjour on enterre le mort. (b) Le Catholicos met sor la poitrine des morts deson rite une lettre par laquelle il prie St, Pierre de leur ouvrir la porte du Ciel.Cela se soit meme avant que de les mettre dans le soaire. Tournefort , qui rapportecela des Géorgiens, ajoute que les Mahométans en font autant pour Mahomet.Quoi qu’il en soit, au quarantième jour du deuil on soit un festin aux proches, auxamis ôc aux voisins du mort, les sommes séparées des hommes. L’Evêquedit une Messe des morts , ôc pour son droit prend tout ce qui servoit au dé-funt.

Le P. Archange Lamberti (c) dit, qu’en quelques endroits de la Mingrelie,par une charité barbare, ils ôtent le chevet de dessous la tete du mourant, ôcmême tout ce qui la peut soutenir , asm que cet agonisant soit prompte-ment étouffé. Cet usage est digne d’un peuple, chés qui les gens de qualité

tien-

(a) Vhardin Tom. I.

(b) Tournefort Lettre XVIII. de fes Voyages.

(c) Relation de la Mingrelie , Tom. VII. du Recueil des Voyages au Nord.