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[Volume II.]
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160 III. DISSERTATION SUR LA

bénit les mets, 8c reçoit pour íà part des œufs, du fromage 8c du gom , quìest le pain du pais, fans parler de quelques aunes de toile qu’on lui donneencore. Après cela on íè partage en deux bandes pour íè régaler. Vers lafin du repas, une des deux bandes íè leve 8c va saluer l’autre en chantant.Celle-ci répond à la civilité en lui envoyant à boire & â manger de fa ta-ble, 8c va saluer â son tour. Les danses 8c les chants íùivent juíques dans lanuit, pour l’amour des morts 8c au nom de Dieu.

Le jour de la Fête de St. Pierre, les Mingreliens observent un autre anniver-saire des morts, qui consiste à porter du pain, des poires 8c des noisettes dansles sépulcres» Le Prêtre y va bénir ces dons 8c pour récompense reçoit des au-mônes. lis font à peu près la même chose le jour de Noël. On dit que lesplus superstitieux égorgent alors des pigeons, 8c en répandent le sang fur la fostèen faveur des morts.

La bénédiction des Champs, par le moyen d’un rameau composé de trois souil-les, de gom 3 de cire 8c d’unepetite branche de fraisier, bénit par le Prêtre, 8Cplanté ensuite au milieu d’un champ, est une cérémonie du jour de l’Assomptionde la Vierge. L’immolation de quelques chevres à l’honneur du Prophète E-lie, qu’ils invoquent pour obtenir une bonne récolté, est une cérémonie du jourde fa Fête. Une Fête de Saint George est caractérisée par une coutume remar-quable 8c tout à fait conforme aux inclinations de ce peuple. Dans la suppo-sition que ce Saint ne manque jamais de dérober un bœuf une fois par an (c'est-à-dire au tems de íà Fête) chacun íè prévaut de faction du Saint 8c travail-le pendant quinze jours à voler ceux de son voisin. Il est à remarquer queles Prêtres aident au vol, qu’ils attribuent ensuite à Saint George en frisantentrer de nuit le bœuf dans l’Egliíè. C’est une friponnerie : les Prêtres l’avouent :mais par ce qu’elle entretient la fausse dévotion du peuple, ils la pratiquent re-ligieusement. Et comme une friponnerie íè maintient ordinairement par uneautre, ils défendent à ces ignorans d’approcher de l’endroit où le miracle sedoit faire, sous prétexte que le Saint,qui ne veut point de témoins, tue alors tous ceuxqui Rapprochent de son Eglise. Cette coutume prophàne est fondée fur cé qu’autre-fois, à ce qu’ils raccontent, un Payen qui manquoit de foi pour les miracles du Saint,dit en se moquant, Je croirai aux miracles de Saint George, pourvu que demainilfajfe trouver chez moi un certain bœuf. Le Payen soit pris au mot. Dès la nuitsuivante le bœuf, qui étoit à plus de cent lieues de là, se trouva à l’endrokmarqué. En mémoire de l’évenement, on y bâtit Une Eglise, qui du temsque le P. Zampi écrivoit, étoit encore très-riche 8c très-respectée de ces demi-Chrétiens 8c des Infidelles. Ce respect est dù à la crainte que les uns 8c lesautres ont de St. George, laquelle, ainsi que je viens de le dire, est adroite-ment entretenue par les Prêtres.

Le jour de la Fête on sacrifie à St. George le bœuf qu’il a dérobé. Aprèsle sacrifice on séparé la victime en plusieurs pieces, que l’on envoye aux Prin*ces de Géorgie, aux grans Seigneurs 8c aux Beres. Je ne dois pas oublierqu’avant que de tuer le bœuf on tire différens préíàges des mouvemens 8cde la diíposition tant interieure qu’exterieure des parties de l’animal. Puisque j’ai commencé de parler des sacrifices des Mingreliens, je décrirai icileurs Oquamtris , qui sont aussi des sacrifices, comme ceux des Fêtes : lesuns & les autres imités (a) du Paganisme, ou du Judaïíme, Le plus consi-déra-is) Yoy. le p. Simon Bibliothèque Critique Tom. I. 11 trouve dans ces sacrifices quelqu’imitation desslgapes , & prétend même, „ qu en ôtant de ces cérémonies fort peu de chose qui approche de la super-„ stition, ces cérémonies ne contiennent rien de blâmable ",

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