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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. ,8;

col. Toutes ces superstitions continuent chez les Chrétiens qui ne sont pasréunis à Rome.

Je viens à leurs usages religieux & à ceux qui s’y peuvent rapportes. Ona observé chez eux entre les cérémonies de Pâques un repas qui a quelqueconformité avec les Agapes des premiers Chrétiens. Ce repas, qui est fortmédiocre & composé ordinairement d’herbes, de fruits & de ris, se fait danslavant-cour que l’on trouve â l’entrée de l’Eglise. Les Prêtres y ont une dou-ble portion , mais celle de l’Evêque est triple. A ces Agapes il faut joindrela cérémonie que les Chrétiens de St. Thomas appellent le Cajluré. C’estcomme un symbole de charité fraternelle. On prend dans l'Eglise les mainsdu plus ancien des Caçanâres (ou Prêtres de ces Chrétiens) & en cet état on reçoitfa bénédiction.

Ces Chrétiens prennent comme nous â la porte de leurs EglisesUne eau qui tient la place de notre Eau benite. (a) ils la prennent enfaisant le signe de la Croix & disant une Oraison â l’honneur de Nestorius.Elle ne consiste qu en de l’eau commune où l’on mêle de la terre prise des en-droits où St. Thomas â passé. Au défaut de cette terré on jette dans l’eauquelques grains d’encens. J'ai dit qu’ils ont des croix & des représentationsde la croix dans leurs Eglises. On noùs dit aussi que les Prêtres portent desCrucifix en procession & les font baiser aux dévots qui assistent â la procession.(b) Cette dévotion a passé jusqu’aux Gentils, il y a des croix dans les rues,même dans les grans chemins & dans les lieux écartés. On les place fur unpiédestal dans lequel on a fait un trou pour y tenir une lampe allumée, & l’onassure que les Gentils contribuent fort souvent â entretenir l’huiie de ces lam-pes. Je ne íài s’il faut admettre ici la ressemblance dont parle Mr. (c) la Crozedu Lingam des Indiens aVec la Croix. Si cette ressemblance étoit juste, ja-Vouerois quelle pourroit tromper ces Idolâtres. Au reste il est du ressort de ceuxqui connoiísent les figures des sept 'Entretiens d’examiner si le rapport de l’un àl’autre est exact, & s’ils le trouveront tel aussi avec le Phallus des Egyptiens, quiselon Mr. la Croze est la Croix de Saint Antoine que l’on avoit toujours prisepour (d) la lettre-Tau.

L usage des Cloches est défendu â ceux qui vivent sous la domination desIdolâtres, â cause que selon ceux-ci le son des cloches incommode leurs Ido-les. Cette idée ridicule n’a pas été inconnue aux anciens Payens : mais j'entrouve chez nous une autre qui n’est pas moins singulière. C’est que le sondes cloches chasse les Esprits malins.

Les Indiens Chrétiens ont la coutume de coucher par dévotion dans les E*glises, & cela se pratiquoit aussi chez les Idolâtres de l’Antiquité. Je m’é-tonne que cette dévotion ne soit pas encore parvenue juíqu’â nos dévots. Lâmaniéré de prier de ces Indiens est de se prosterner le visage contre terre.

Je crois pouvoir mettre ici la description de leurs danses, puis qu’on doitses regarder au moins comme un demi-aBe de Religion,moins bizarre pourtant, ÔC

moins

G) Citation dans le P. te Brun ubi sup.

r P- le Bmn citation dans son livre des Liturgies.

(d ^ es Indes. p. 431.

C ) Le Tau chez les Egyptiens étoit un hiéroglyphe qui defignoit îâ vie ì venir. Les Indiens designenta meme c ose par le Lmgam ou plutôt ils designent l’imínense fécondité de la Nature,& l’éternité du pre-mier moteur qu ils confondent avec la Matière. Pour créer la Matière, Dieu, disent-ils, prit la for-tne de la atiere. C’est ainsi qu’il contient en lui les principes -de tous les Etres. II est le germe de 1toutes cho es. ^ possede les facultés des deux Sexes, qu’il a jugé à propos de séparer dans la créationes Etres animes. Voy. touchant çe Lingam. le Tom. 1 . des Ceremon. ldoh

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