RELIGION DES GRECS. 185
Croix. Ils ne connoiíîbient plus ni Jesos Christ ni Saint Thomas; au con-traire ils adoraient la Lune & se fàisoient circoncire. Cependant ils avoientencore une Croix íùr un Autel, &: de chaque côté un bâton en croix , ouplutôt en fleur de lis. ils observoient un jeûne ailes rigoureux pendant deuxmois. (a) Quelques années après un Anglois vit â Tamara dans la même Ileune Eglise de ce s Iníûlaires , ou il y avoit des Images Lc une Croix íurl’Autel. A legard de leurs autres Cérémonies, je renvoyé â ce qui en a étédit â la fin (b) de la Dissertation fur les Religions de T Afrique.)
Des COUTUMES Bf CEREMONIES des
JACOBITES.
„ Si l’on comprend íòus le nom de Jacobites tous les Monophyfitcs du„ Levant, c’est-à-dire , ceux á qui l'on attribue l’Heresie de ne reconnoitre„ qu’une Nature en Jesos Christ, il est certain que cette Secte est fort éten-„ due; car elle comprend les Arméniens, les Cophtes & les Abyssins. Mais„ ceux qui Rappellent proprement Jacobites font en très-petit nombre , Lc„ ils habitent principalement la Syrie & la Mésopotamie. Ils ne sont tout au„ plus que 40. o.u 45. mille familles. Il y a de la division parmi eux tou-„ chant la doctrine; car les uns sont latinisés, & les autres demeurent tou-„ jours séparés de l’Eglise Romaine. Il se trouve même présentement quel-„ que division parmi ces derniers , qui ont deux Patriarches opposes l’un à„ i’autre, dont l’un résidé à Caremit, & l’autre á Derzapharan. Outre ce-„ la, il y a un autre Patriarche Latinisé, nommé André, qui résidé à Alep,’j, & il dépend de la Cour de Rome, à laquelle il est entierement soumis.„ J’ai de plus appris d’un Prêtre Jacobite qui avoit demeuré à Alep, que le-, Patriarche souffrait beaucoup à cause des Missionnaires qui étoient là, Ôc prin-,, cipalement à cause des Capucins.
,, A legard de leur créance, tous les Monophysites , soit Jacobites, soft„ Arméniens, ou Cophtes & Abyssins, sont du sentiment de Dioseore tou-3, chant (c) l’unité de Nature & de Personne en Jésus Christ; & pour cela,, on les traite d’Heretiques, quoi qu’en effet ils ne diffèrent des Théologiens-, Latins, qu’en la maniéré de s’expliquer. C’est ce que les plus savans d’en-„ tre eux reconnoiflènt aujourd’hui , ainsi qu’il parait (d) de la conférence„ que le P. Christophle Roderic, Envoyé du Pape en Egypte, eût avec les„ Cophtes touchant la réunion des deux Eglises : car ils avouèrent qu’ils ne„ s’expliquoient de cette Façon , que pour s’éloigner des Nestoriens ; mais„ qu’en effet ils ne différaient point de l’Eglise Romaine, qui établit deux,, Natures en Jésus Christ. Ils prétendent même expliquer mieux le mystère,, de l’Incarnation, en disant qu’il n’y a qu’une Nature , parce qu’il n’y a» qu’un Jésus Christ Dieu & homme, que ne font les Latins, qui parlent,,» uisent-ils, de ces deux Natures, comme si elle étoient séparées , & quel-„ les ne fissent pas un véritable tout. C’est aussi en ce sens, que Dioseo-
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U) Voy. Relat. de Thomas Rhoe.
(í) Ceremon.es Relig. des Idolâtres Tom. II.
r ^ UC P our m ^ eux exprimer leur croyante fur l’unité de Nature,ils font, nous dit Brerewoad t
k ligne de a roix avec un doit seulement, au lieu que les autres Orientaux le font avec deux.
C d) p. Sacchmt, II,st. Soci et . fm . 2 . Ist. 6.
Tome III. Part, I.
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