RELIGION DES GRECS, i8 9
,, (a) Le Pere Vanílebe, qui a écrin une Relation de l’état présent des Chré-„ tiens d’Egypte, laquelle a été imprimée en Italien a Paris , rapporte piu-„ sieurs autres choies qui regardent principalement leurs cérémonies. Il ob-„ serve donc, que quand le Prêtre éleve l’Hostie en la Messe, ceux qui sont„ présens battent leur poitrine en se prosternant & en Elisant le signé de la„ Croix & qu’ils levent un tant soit peu leur bonnet. Mais cette cérémonie„ me paroit Latine ; ôc je ne croi pas même que les Cophtes élèvent l’Hosi,, tie, si ce n’est à la maniéré des autres Orientaux, savoir un peu avant„ la Communionlaquelle élévation est différente de celle des Latins, qui„ est même assez nouvelle dans leur Eglise. Il sè pourroit faire que le P.,, Vanstebe eût vu cette cérémonie dans quelqu’une des Eglise des Abyssins,a qui l’auroient prise des Portugais, qui ont eu des Eglises en Ethiopie, où„ l’on célébrait la Messe a la fxçon des Latins. Le même Auteur remar-,, que, que quand le Prêtre communie, il rompt l’eípèce du pain en forme„ de Croix, ôc qu’il. la trempe dans l’eípèce du vin ; qu’il en mange trois„ petits morceaux avec autant de cuillerées qu’il prend de l’eípèce du vin; ôc„ qu’il communie aussi celui qui le sert a la Messe. Il ajoute , qu’ils ne (b)„ gardent point le Saint Sacrement après la Messe ; ôc qu’ils ne consacrent„ jamais dans des lieux particuliers, mais toujours dans l’Eglise; qu’ils se ser-,, vent pour la consécration de pain levé, lequel ils nomment avant la con-„ íecration, baraca , c’est-à-dire, bénédiction ; ôc (c) Corban , ou Communion>
ôc 'Eucharijìie , après qu’il est consacré ; qu’ils se servent de petits pains de„ la grandeur d’une piastre, dont ils cuisent une grande quantité la nuit qui„ précede la Liturgie, ôc qu’ils les distribuent à la fin de la Messe (d) á ceux-, qui y assistent.
,, Il dit de plus, qu’ils ne se servent point de vin de l’hôtellerie, parce qu’ils,» le croyent profane ; ôc que dans les lieux où il ne se trouve point de vin,„ ils font tremper des raisins secs dans de l’eau, ôc que le suc qui en sort leur„ sert de vin ; qu’ils ne se confessent ôc ne communient que dans le grand Garê^,„ me; que les Laïques communient sous les deux espèces, ôc qssils reçoivent„ 1 espèce du vin des mains du Prêtre avec une cuillère ; qu’on donne aussi„ la Communion aux enfans auíïi-tôt qu’ils sont baptisés-, que tout le mon-„ de lit l’Ecriture Sainte en Langue Arabe, qui est la Langue du pais ; qu’ils,3 celebrent le Samedi aussi bien que le Dimanche ; ôc qu’ils ont pendant
(a) P. Vanfleb Rel. dello ftato prés. dell ’ Psitt o,
'(b) Un Evêque Copte ne voulut point permettre au P. Sicard de dire la Messe dans son Eglise, Lcause que les Hosties que le Pere vouloit consacrer étoient faites depuis plusieurs jours.
(O On dit austì qu’ils donnent quelquefois ce nom à la Messe même. Le Corban doit être fait defarine achetée de l’argent pris dans le thresor de l'Eglise, ou donné par un homme d’honneur & d’u-ne profession qui ne soit pas exposée à de mauvaises pratiques. Ce même Corban doit être du jour is’il étoit du précédent, on ne pourroit point l’employer au sacrifice. II n’est permis aux femmes nide le faire, ni de le toucher. Le sacristain.qui le fait doit réciter sept Pseaumes en le faisant. Pourle faire on employé du levain, excepté le jour de la goûte , parce qu’elle fait le même effet que le le-vain. Le four dans lequel on cuit le Corban doit être renfermé dans l’enceinte de l’Eglise. ChaqueCorban doit avoir l’impreffion de douze Croix. Chacune de ces Croix est renfermée dans un carré.Celui du milieu porte le nom d’Isbodicon, mot corrompu de Despoticon , qui signifie Dominicum ou dttSeigneur , parce que ce carré, est marqué d’une plus grande Croix que les autres. Cette Croix repré-íente N. S. Autour du Corban il y a en caractères Coptes ces mots Grecs, Hagios &c. qui signifientSaint, aint , Saint est le Seigneur. Voy. à page 87. les figures marquées E E. J’ai parlé un peu plus haut dehgoute. I eit bon d’apprendre au Lecteur, que c’est la rosée qui tombe la nuit du douze du mois déJuin des Coptes ou le 17. du notre. Les Coptes appellent cette goûte la bénédiction du Ciel, & croyentque Dieu envoyé 1 Archange St. Michel pour faire fermenter le Nil par le moyen de cette goûte.
(d) Ces pains lont plus petits que les Corbam , & ont la même forme. On y met du sel.
Tome III. Part. I.
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