RELIGION DES GRECS. 193
„ comme nous, l’usege de faire des génuflexions & de íè rrtettre à genouxA l’égard des autres useges : Brerewood rapporte que les Coptes confèrent lesOrdres mineurs aux enfans même, Le cela souvent après le Baptême. Leursparens s’engagent alors pour eux juíqua Page de quinze ou seize ans. Cetengagement consiste à garder la chasteté, á jeûner le Mercredi & je Ven-dredi , & à observer les (a) quatre Carêmes de l’année.
Les Moines Coptes íont auísi méprisés, Le generalement auflì méprisa-bles que les autres Moines Grecs , principalement ceux des environs dePEgypte. Cependant les Moines du Mont-Sinaï sent exempts ( b ) du Cha-ratsch , de tout autre tribut, en vertu d’un privilège que Mahomet leur ac-corda, pour Pamour du bon traitement qu’on lui fit dans le tems qu’il étoitencore réduit à garder les chameaux de ce Couvent. Ils n’ont d’autre chargeque celle de faire Paumône aux Arabes, mais ceux-ci la font payer quelque-fois avec toute Pinselence de ces pauvres qui lavent se prévaloir du pouvoirde la Religion dominante. Au reste je ne trouve rien de fort particulier dansles usages des Moines Coptes, (c) ils doivent renoncer (d) pour toujours aumariage, même aux désirs de la chair, à leurs parens Le aux biens du mon-de. La Réglé veut aussi qu’ils prient toujours, que même ils pensent toujoursa Dieu, qu’ils jeûnent Le travaillent sens relâche, ils doivent s’habiíler de laine,se ceindre d’une couroye, ne boire jamais de vin, vivre toujours dans le de- 4sert, coucher par terre fur une natte, se prosterner tous les soirs cent cinquan-te fois le visege Le le ventre contre terre, les deux bras étendus en croix Le lamain fermée. En se relevant on doit faire le signe de la croix, Le tout celasens préjudice â sept autres prostrations qui précédent les sept heures Cano-niales,. une prostration par heure. Les Caloyers de l’Egíise Grecque observenta peu près la même discipline dans leur dévotion. Je ne dis rien de leurshabits, Le je ne donnerai pas non plus le détail de leurs travaux, ni celui deleurs alimens Le de tout ce qui peut concerner encore leur genre de vie. il est plusimportant d’observer, que la comme ailleurs chaque Monastère Le chaque Eglisea ses traditions, ses Saints, ses miracles, Le ce qui est encore plus singulier, desSaints Le : des miracles admis par des dévots de deux Religions opposées dans lespratiques , dans les dogmes Le dans les principes. On trouve plus d’unexemple de cela dans les Relations du Levant : celui-ci seffit. Les Coptes Le lesMahométans reverent également un (e) Saint qui étoit autrefois Evêque, Lesouffrit ensuite le martyre. Par cette derniere qualité il est le Saint des Coptes,j'ignore quelle est celle qui le fait celui des Mahométans. Cette Société deCulte étoit ordinaire dans le Paganisme des Anciens, où l’on voyoit les Sectes& les Nations éloignées Le même ennemies irréconciliables se communiquerleurs Divinités, leurs Systemes Le leurs miracles. A l’égard de ce dernier article,les Mahométans regardent assés indifféremment ceux des Chrétiens qui viventsous leur domination, quelquefois pourtant ils les respectent : mais que ces mi-racles soient vrais ou faux, (fl le Souverain ni ses Ministres ne s’en emba-
rassent
(<0 Les quatre grans jeûnes.
(b) Tribut que les Mahométans exigent des Chrétiens.
(r) Vanflcb Relation &c. '
^ T°ut ceci regarde les Moines de St. Antoine.
, CO Voy.Relœt. du P. Fansleb. '
(/) a tolérance des Souverains Mahométans est telle, qu’on ne ieur appliquera jamais cette faillied un certain paisant, au sujet de quelques miracles déconcertés par le moyen d’une Autorité su*peneure,
De par le Roi défense à Diett ,
De faire miracle en ce lien.
Tome III. Part. I.
Ccc