i 9 4 III- DISSERTATION SUR LA
raflent pas. Chacun jouît paisiblement du succès de ces illusions que la cabaleou la fausse dévotion ajoutent a-la vérité.
Je reviens de cette petite digression : tout ce qui concerne l’Ordination dif-fère peu des u sages de l’Eglise Grecque, (a) Un Rituel Copte rapporte en dé-tail les Cérémonies Sc les prières qui les sanctifient. Outre les Ordinations, ony trouve la bénédiction de tout ce qui sert à l’autel, des Images, des Reli-ques Sc de la cuiller avec laquelle le Prêtre officiant prend le corps sacré duSeigneur.
Vanjleb rapporte qu’on voit toujours dans l’Eglise Copte, vis-à-vis du Prêtre;une lampe allumée suspendue entre deux œufs d’Autruche, pour 1 avertir qu’ildoit être attentif & vigilant dans íbn ministère. L’origine de cette coutumevient de Popiniòn populaire, qui est, que l’Autruche couve íès œufs en les re-gardant.
J ai peu de choie à ajouter touchant leurs fêtes : mais avant que d’en parler ,il faut dire en paflànt que léur année commence le huitième de notre mois deSeptembre, ou le vint-huitième d’Août selon' l’ancien Calendrier. Outre lesfêtes connues de l’Eglise Grecque, les Coptes ont l’Epiphanie, qui diffère enquelque chose de celle que j'ai décrite. Pour marquer cette différence je feraiusage de la description que Vanjleb nous en a donnée, (b) Après l’office de mi-nuit qui fut dit dans le lieu même, où étoir le réservoir dans lequel on devoirse plonger, le Patriarche se rendit à la sacristie d’ou il ressortit un peu après,revêtu de ses ornemens pontificaux, accompagné d un Prêtre Sc d’un Diacrecouvert d’une chappe. Le Prêtre ì’étoit d’une aube, le Diacre portoit unecroix de fer. Arrivés au réservoir, le Patriarche commença la bénédiction del’eau par plusieurs leçons, tantôt en Copte, tantôt én Arabe, tirées<se sart-rien Sc du nouveau Testament. Ensuite il encensa Peau Sc l'agita plusieursfois en croix avec le bâton pastoral. Les Prêtres qui étoient presens firent lamême cérémonie après le Patriarche. Te ne dois' pas oublier que pendant cettebénédiction, il y avoit dans Peau un lustre de fer à trois branches, Sc de lahauteur d’un homme, chacune des branches garnie d’un Cierge allumé. Après îabénédiction le peuple eut la liberté de se plonger dans le réservoir : Sc com-me les trois premiers qui se présentent ont le bonheur d’être plongés euxmêmes par le Patriarche, on peut s’imaginer fans peine tout le désordre decette dévotion prétendue, òù la pudeur n’étoit nullement ménagée. Aprèsque les hommes eurent achevé de se plonger dans cette eau benite, ils se reti-rèrent dans le Chœur, Sc les femmes vinrent á leur tour participer avec lamême indecénce à cette dévotion impudique Sc qui mérité bien d’être compa-rée aux fêtes licentieuses du Paganisme;
La fête de l’aparition des Saints n est pas moins l’effet d’une ignorance gros-sière. (c) Les Coptes croyent que cette apparition se fait dans l’Eglise ò.e Gentia-ne. La disposition d’une Chapelle de l’Eglise Sc la maniéré dont les objets yfont réfléchis donne lieu à la superstition des Coptes. Par une fuite ordi-naire de l’entêtement qui accompagne le caractère superstitieux, les Coptes nechoisissent parmi les objets réfléchis, que ceux que le hazard fait rencontrer a-vec leur imagination prévenue. Ainsi l’ombre d’un homme à cheval s’appliqueà S. George, parce que ce Saint est représenté à cheval. Cette apparition dure
trois
v
(4) Rttuale Cophtitamm inter Allatìi Opufcula.
{b) Tiré du P. Vanjleb , qui décrit celle qu’il vit au vieux Caire.
(c) Panjleb ubi íup.