RELIGION DES GRECS. i 95
trois jours y & pendant ce tems-là chacun invoqué le Saint âuquel se rapporte leplus l’ombre qui paroît dans l’Eglise. La dévotion est mélée de cris de joye,8c de chants à l’honneur des Saints, &: suivie du plaisir de se régaler, par ou finitordinairement la dévotion des toutes les fêtes.
Le jour de l’Exaltation de la Croix est distingué chez les Coptes par la bé-nédiction dune croix que l'on jette ensuite dans le Nil pour le faire deçroître,ou plutôt comme pour le remercier de çe qu’il a crû. On lait que cet ac--croiíseraent contribue a la fertilité d’une grande partie de l’Egypte : l’accroistè-ment commence le i %. du mois de Juin des Coptes. Autrefois cette cérémo-nie íè faifoit par le Patriarche avec beaucoup de magnificence. Elle est toutefimple aujourd’hui, 8c telle quelle est, c’est toujours une superstition qui asuccédé a d’autres. Sous le Paganisme on immoloit tous les ans une jeunefille pour reconnoître les bienfaits du Fleuve, 8c pour l’engager à les con tirnuer. On prétend que cette coutume barbare a duré jufqu’à la domination de$Mahométans, (a) La maniéré dont elle fut abolie est contée différemment rmais quoi qu’il en soit, fous le régné de ceux-ci on a substitué quelque choiede plus religieux en apparence â cette cérémonie inhumaine. C est une manié-ré d’Autel qu’on nomme la Rousse , íûr lequel on répand des fleurs. Le premierAutel qui fiat érigé après l’abolition du sacrifice d’une jeune fille fut honoréd’un miracle. Une branche d’olivier y prit racine. A ceci j’ajoute les Pronos-tics : les Coptes donnent ce nom à deux puits qui sont dans deux de leurs E?glises. Ils croyent pouvoir assurer par le moyen de l’eau de ces puits à quellehauteur le Nil doit monter. Cette prédiction est l'effet de la vertu que laSainte Vierge a bien voulu communiquer à l’eau des deux puits, après yavoir lavé les langes de N. S. Pour faire cette prédiction, on laisse deseendrçune corde de nattte dans l’un des puits la premjere nuit du rnois de Juin,jufqu’à ce quelle soit à fleur d’eau. Eníùite on ferme le puits 8c l’on célébréla M este. Après la Mefle on tire la corde. Supofé qu’il y en ait seize poucesde mouillés, le Nil croîtra íèize piques. La proportion, à ce que les Copte?prétendent > s’y trouve toujours. Mais, ajoute Lucas , qui me fournit cettecérémonie superstitieuse, ce que les Coptes prennent pour miracle est l’esset d’u-ne filtration' naturelle. Je renvoyé à Vanjleb pour le Puits d'Argenus , qui res-semble fort à ces deUx puits de Lucas. Il est fâcheux pour cet Ecrivain, qu’ilne passe pas pour un voyageur scrupuleusement véridique. Selon Vanjleb la pre-mière nuit de la goûte, ou ce qui est la même chose, de l’accroissement du Nil,„ un (b) Cadi 8c 1 ancien du village vont à l’Eglise portant un petit cordon de„ coton marqué de huit nœuds éloignés d’un pouce les uns des autres. Au„ bout du cordon, il y a un plomb attaché. On met ce cordon à l’orifice,, du puits en présence d’une grande foulle de peuple, de maniéré que lej, cordon touche la surface de l’eau. Après cela ils serment bien la bou-3 j che du puits, y apposent même leur cachet 8c attendent dans l’Eglise jus-„ qu’au matin, pour voir de combien l’eau du puits aura crû la nuit. ...„ d’abord que le jour commence, on leve le cachet, on ouvre le puits, on„ retire la corde, 8c ils reconnoissent. . . . par le nombre des nœuds qui„ sont mouillés, de combien de bras croitra la même année le Nil au delà„ de seize, comptant pour chaque noeud un bras 8c c. ” Je rapporte ce récit
de
Edit^ tfAmst^r^ìo d’Egypte p. 52. & Lucas Voyage en Egypte p. 317,- du Tp* 1 *. prêta*'(b) Juge Mahométan,
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