RELIGION DES GRECS. 207
du Ciel y c ejì ici en 'vérité le Corps d'Emanuel noire Dieu. Le Communiant ré-pond Amen. Après avoir communié , on évite en íè retirant de tourner ledos á l’Autel. Si par malheur le Prêtre laisse tomber une parcelle du pain,ou une goûte du vin qui sont devenus après la consécration le Corps & leSang de Jésus Christ, il ne lui est permis de ceîebrer la Meííè, ni de commu-nier que quarante jours après, (a) Il doit jeûner pendant tout ce tems-lá, nemanger rien de gras, íè relever la nuit pour so prosterner cinquante sois.
Avant que de paíîër à la desoription des autres Sacremens, voici encorequelques ulàges qui méritent detre remarqués. Les Eglises des Abyssins sonttournées de l’Occident à l’Orient, afin qu’en priant on soit tourné vers l’O-rient. L’Autel est isolé dans le Sanctuaire sous une espèce de dôme soutenu parquatre colomnes. Les Ethiopiens donnent le nom d 'Arche à cet Autel ; & ila, disent ils, la figure de P Arche des Juifs. Ils prétendent même que cette Ar-che subsiste encore aujourd’hui dans í’Egfise d’Axuma. Devant le Sanctuaire ily a deux rideaux avec des sonnettes au bas, en sorte que personne ne peut en-trer ni sortir fans les faire sonner. Comme on se tient debout pendant lesOffices il n’y a point de banc dans les Eglises. Seulement on permet de s’ap-puyer fur des potences. ìl y en a bon nombre hors des Eglises. Au resteon a remarqué quelque chose de pareil dans celles des Grecs. On entredans ces Eglises pieds nuds, & à cause de cela nous dit un (b) Voyageur très-moderne, le pavé est couvert de tapis. On n’y entend ni parler, ni moucher,& on n’y tourne point la tête. Les hommes sont séparés des femmes. Cel-les-ci se tiennent dans l’enceinte la plus éloignée du Sanctuaire. Les lampesbrûlent en plein jour dans les Eglises, & l’on y allume souvent une quantitéprodigieuse de cierges.
Les Ethiopiens font fort exacts à porter des offrandes a i’Eglise. Les pau-vres, comme les riches, s’acquittent de cet acte religieux. On offre de ì’en-cens, des cierges, du blé, & ces offrandes se font avant que de commencer laMesse. On dit aussi de ces peuples, qu’ils sont extrêmement charitables, 8cque cela contribue â entretenir dans l’Abyssmie un nombre infini de gueux 8cde fairieans.
(c) Autrefois les Abyssins a voient une Confession particulière qu’ils appel-soient la ConfiJJìon de l'encenfiir. Elle coníìstoit à mettre de l’encens dans unencensoir. Dans cet encens on mêloit d’autres aromates , on mettoit ensuitela bouche sor la fumée qui sortoit de l’encensoir, & dans cette posture on re-petoit plusieurs fois ces mots f ai péché y après quoi l’on se croyoit absous de sesfautes. On observoit encore une autre coutume , par laquelle on prétendoitsuppléer à la pénitence. Le Prêtre,après avoir encensé l’Autel, faisoit le tourde l’Eglise 8c encensoit le peuple, qui croyoit faire une véritable confession, encriant pendant cet encensement f ai péché. Ces abus ont été abolis : mais ce-pendant le peuple se confesse rarement, s’il faut croire les Auteurs dont l’Ab-bé le Grand emprunte le témoignage. Peut être que ce que j'ai dit ci devant,les AbyJJì nsne j~ e confejfent jamais fans communier , H s fi confisent aujjì-tôt qu ilsont commis m péché y ne s’accorde pas tout à fait avec ce récit. A quoi Brere-
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f vtra ‘ ts de Liturgies dans une Dissertation de V Abbé le Grand ubi íup.
■ ct C ° n àe de ce Voyageur nommé Poncet rend fa fidélité fort suspecte:! cause de cela je n’aipas juge a propos de le citer en ce qui regarde l’Eucharistie. C’est ce que le P. le Brun n’a pas observé.Voy. sur ce Poncet quelqu lettres qui font à la fin de la Relation du P. Lobe.
(c) Dijjert, de 1 Abbe le Grand à la suite du Fojage du P. Lob».
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