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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. 229

torité que me donne l’Ordre Sacerdotal, selon les divines paroles, tout ce„ que vous avés délié íùr la terre íèra délié dans le Ciel: avec les mêmes3, paroles je vous absous de tous vos péchés &c Mais, dit Rìcaut , „cen’est,, pas aisés dc s’accommoder avec Dieu & avec se conscience: il faut en-3 , core adoucir í’indignation du Ministre de la Religion. L argent a du„ pouvoir dans cette occasion. . . . ^absolution ne s’accorde qu’après l’of-3> frande. ., . .si le Prêtre n’étoit satisfait, le reste seroit inutile. . . l’Evê-i, que, le Patriarche même n’auroit pas asies de pouvoir pour diípenser de la3, pénitence qu un simple Prêtre auroit imposée. "

Jfe laisse le Sacrement de l’Ordre, où les cérémonies & les useges n’ont•rien de plus remarquable que ce qui a été dit, dc je passe au Mariage. Lesenfans se rapôrtent ordinairement a leurs peres & meres, où á leurs plus pro-ches parehs du choix de la personne qu’ils doivent épouser & aussi des conven-tions matrimoniales. C’est-à-dire que ceux qu’on marie ne se mêlent véri-tablement que du dénouement de la piece. Selon Tourne fort les mariages se fontconformément à la volonté des meres qui ne consultent ordinairement queleurs maris: encore est ce un grand essore qu’une telle deférence. Après qu’onest convenu des articles, la mere du garçon vient au logis de la fille, accom-pagnée d’un Prêtre dc de deux vieilles femmes: pour commencer les fiançailleselle présente une bague á la future. Cette bague est le gage muet du futur quise montre en même rems avec toute la gravité qu’il lui est possible d’observer,vu peut être avec tout l’embarras d’un homme qu’on n’a pas mis en état dechoisir. Quoiqu’il en soit, Toumefort dit, que la gravité est portée au point dene pas même rire à cette premiere entrevue. Mais aussi, elle doit être fort indiffé-rente cette entrevue,’ ,, puisque la belle ou la larde he montre pas même le blancdes yeux, tant elle est voilée. On présenté,.continue t’il; à boire au CuréV> qui fait les françailles. ” Les Arméniens n’ont pas l’usege de publier des bans,comme nous. La veille des noces le fiancé, & la fiancée se font des présensréciproques. La jour des noces „ on monte á cheval. . 4 . le fiancé sortant33 de la maison de se future marche le premier la tête couverte d’un raiseau5, d’or ou d’argent, où d’un voile de gaze incarnat, suivant se qualité : ce voi*si se, ou Ce raiseau deseend juíqU’á la moitié du corps, (a) Il tient de la mains, droite 1 e bout dune ceinture, dont la fiancée, qui le fuit à cheval couverte3, d’un voile blanc, tient l’autre bout. Ce voile tombe jusques fur les jambess, du cheval. Deux hommes marchent á coté du cheval de la fiancée- poursi en tenir ses rênes. Les parens, les amis. ... la jeunesse à cheval ou à pieds, ses accompagnent à l’Lglise au son des instrumehs, en procession, le cierge»» à la main dc fans confusion. On met pied à terre à la porte de i’Eglise, dc3 j les fiancés vont jufqu’aux marches du sanctuaire tenant toujours la ceinture33 par les bouts. Là ils Rapprochent de front, dc 1 e Pretre leur ayant mis la>3 Bible fur la tête. . . . prononce les paroles secramentelles, seit la ceremo-3» nie des anneaux dc dit la Messe. ” La bénédiction nuptiale est exprimée ences termes. „ (h) Benissés, Seigneur, ce mariage dune bénédiction perpétuelle,33 & accordés leur par cette grâce, qu’ils conservent la foi, l’eíperance dc la33 charité, donnés leur la sobriété, inspirés leur de pieuses pensées, conservés33 leur couche sens souillure dcc. "

Je

(â) La cérémonie n’est pas toujours la même. Là fiancée est auífi menée a l’Èglifè entré deux Ma»trônes, selon la figure placée à page 125. & le fiancé va de même à pied accompagné d'un homme quiporte son sabre. Dans les Cent Estampes il est appellé Comvere.

G Le P- Mortier dans fa Relation de l'Armemc.

Tome III, Part. L M m m