2?2 III. DISSERTATION SUR LA
„ change , on se retire à sombre d’un arbre. Là de bonnes viandes font perdre». Tidée de i’affliction : la douleur se noyé. . . . dans les liqueurs * & ies ré--, jouissances de 1 après midi font aussi extravagantes & aussi outrées que. . ;„ les lamentations du matin. ^ ' *
Quelques bizarres que soient ces pratiques, elles ne le font pas tant encore quela Commémoration des morts decrite par Corneille le Brun , & représentée ici. Il íân-ble que cette cérémonie soit particulière aux Arméniens de Julfa. remprunte-rai pour la décrire les paroles même du Voyageur. „ Le vint sixième Août« jour auquel les Arméniens celebrent la Fête de la Croix. ... l es femmes fe-, rendent deux ou trois heures avant le jour au Cimetiere, où l'on enterre les-, Chrétiens. Elles ,y portent du bois, du charbon, des cierges & de l’en--, cens. Eníûite elles font du feu á côté des tombeaux de leurs parens & de„ leurs amis, fur lesquels elles poíènt des cierges allumés & jettent continuel->» sement de l’encens dans le feu, en seisent de grandes lamentations. . . . fe--, Ion qu’elles sont plus ou moins animées de douleur. Elles fe jettent même-, fur ces tombeaux, qu’elles embrassent & baignent de leurs larmes. . . Les« personnes de condition y allument jufqu’à cinq & six gros ciemes en fàiíânt„ des cris êc des hurlemens effroyables. ... A voir ces tombeaux d’un peu„ loin, ils ressemblent aux ruines d’une ville détruite par les fiâmes, entre„ lesquelles les personnes qui fe sont sauvées viennent chercher avec de la lu--- niiere pendant les tenebres de la nuit, leurs parens & leurs amis &c les de-,, bris de leurs biens, en se plaignant de leur triste fort. Bien que les maris>, restent à la maison pendant que leurs femmes sont occupées a cette solèm--, mté, on ne laisse pas que d’y en voir quelques-uns, & des Prêtres qui font„ des prières pour ceux qui les payent.,. v . Ces Prêtres habillés de noir font„ un spectacle assés bizarre parmi toutes ces femmes vêtues de blanc. " "
A l'égard des enterremens, les femmes y assistent généralement comme leshommes. Les Prêtres & les Diacres chantent en chemin. Le corps est portépar quatre ou par huit personnes fur une espèce de brancard. Ces porteurs serelayent quand le chemin est trop long. On enterre le corps sens cercueil latête un peu haute. Le Prêtre jette de la terre fur ce corps en forme de croixôc les assistans après lui. *
De la CREANCE fc? des COUTUMES des
MARONITES.
„ Le jésuite (a) Dandini, qui sot envoyé par Clement VIII. en qualité de,, Nonce aux Maronites du Mont Liban, a composé en Italien une Relation" de son voyage, qui a été depuis peu traduite en François avéc des Remar-„ ques où la Religion de ces Peuples est expliquée assez au long. Comme„ 1 Auteur de ces Remarques a fait la critique des fautes, où ce Tefuite 5C3 , plu ìeurs autres qui ont parlé des Maronites sont tombés, nous avons cru3 , ne pouvoir mieux seire, que de produire ici un abrégé, tant de la Rela-" « on du Teíuite Dandini, -que des Remarques critiques, d où l’on pourra3 , apprendre la creance & l’état présent de ces Peuples. r
» 11 est difficile de sav . oir Piment Porigine des Maronites. Ceux qui
» portent ce nom prétendent qu ils le tirent d'un certain Abbé Maton, dont
„ Theoí
Cirolamo Dandini mlla fm Mijjìone Apftolm,