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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. 249

binaire pour le bleu, à cause, disent-ils, que les juifs fâchant par leur ré-vélation, que le Baptême de St. Jean dévoie ruiner leur loi, jetterent quantitéd’indigo dans le Jordain pour gâter ses eaux. Cette prophanation auroit em-pêché St. Jean de baptiser J. C. si Dieu, qui prévint les Juifs, n’eût envoyéaussi tôt un Ange puiser dé Beau dans le fleuve, tandis quelles étoient enco-re pures. Telle est l’opinion du vulgaire : mais la véritable cause de cette a-Version (a) est, qu’il entre de la fiente de chien dans la composition de cet-te couleur. Le chien passe chez les Chrétiens de St. Jean pour un animaiimmonde, (h) La haine qu’ils ont pour les Mahométans leurs anciens persé-cuteurs réfléchit aussi fur le verd, qui est la couleur sacrée de Mahomet.

Voici leur mariage, (c) Le Prêtre & lesparens du futur Epoux vont demanderâ l’Epouse designée, si elle est Vierge. On s’attend â la réponse : elle dit oui,mais on ne la croit pas fur une simple affirmative. Il faut quelle jure : lafemme du Prêtre la visite, ôc va faire ensuite se déposition avec serment, a-près quoi on méne l’Epoux ôc l’Epouse â la riviere : le Prêtre les y baptise. Ar-rivé près du logis le nouveau marié prend la mariée par la main, la méne jusqua la porte du logis ôc la ramène ensuite â l’endroit, où il a commencé lacérémonie, qu’il repete de la même maniéré jusqu a sept fois, le Prêtre les sui-vant toujours, ôc lisant quelques prières dans son Rituel. Ensuite ils entrentdans la maison. Le Prêtre les y fait asseoir de telle façon fous un pavillon, qu’ilsont la tête & les épaules serrées l’un contre l’autre, pendant qu’il leur lit un.long Office, qúi est suivi de la lecture du (d) Faal. Ce Faal est un livre deDivination. Le Prêtre y cherche le moment favorable â la consommation duMariage. Quand elle est faite, les parties vont à l’Evêque, le marié dépose de-vant lui qu’il a trouvé ía femme vierge, si effectivement elle étoit telle; ôcpour lors l’Evêque les marie leur mettant des anneaux aux doits, ôc les réba-tiíànt de nouveau. Si le nouveau marié n’a pas trouvé se femme pucelle, ôc serésout â la garder malgré cela, ce n est plus l’Evêque qui achevé la cérémonie-II faut s’adrefser â un Prêtre: mais le peuple est si jaloux d’être marié par l’E-Veque, & il y a tant de déshonneur â ne letre pas, qu’il est fort rare qu’unmariage avec une personne qui n’a pas été trouvée vierge puisse tenir.

Tavernier donne pour raison de cette exacte recherche de la virginité des fil-les le droit de l’époux qui doit être maintenu â toute rigueur : ajoutons y l’hon-neur ôc l’interêt des familles. Par un si prudent examen, ils prétendent tenirleurs filles en bride . C’est l’expreíïìon de ce même Voyageur.

Il est permis á ces Chrétiens de St. Jean d’avoir plusieurs femmes, mais seule-ment de leur race ôc de leur tribut. Cela tient des Juifs. Les veuves ne peu-vent se remarier, ôc les hommes ne jouissent pas du beau privilège de pou.-Voir répudier leurs femmes.

Je devrois finir cette Dissertation par certains prétendus Abrahamites , qui setrouvent encore en Egypte, s’il faut en croire (e) un Voyageur anonymequi a imprimé se Relation en 172.4. mais la foi de cet écrivain m’est d’autantplus suspecte qu’avant lui, que je sache, aucun Voyageur n’a parlé de ces Déis-tes d Egypte. D’ailleurs la maniéré de penser des Abrahamites me paroît si confor-me a celle de ces independans qui dogmatisent en Angleterre ôc en Hollan-de,

0*) Thevenot ubi íup.

(£) Ils la foulent aux pieds pour la prophaner. Chardin ubi sup.

(c) Le merne, Tavemi er & Thevenot.

(d) Faal , dit Chardin , lignifie sort.

0) Nouveau Noyade de Grece, d'Egypte &c

Tome III. Part. I.

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