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[Volume II.]
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262 III. DISSERTATION SUR LA

n’y sont pas non plus soufferts. Tout ce qui peut troubler la dévotion ’y estdéfendu. Dans le Sanctuaire il n’entre que des Ministres de i’Autel. LéCzar y entre lors qu’il est secré ou qu’ii communie ; quelques Laïques distin-gués y entrent austi pourvu qu’ils s’y tiennent loin de f Autel. Puis que j'ai com-mencé de parler ici de la Messe des Russiens , il faut apprendre au lecteur,qu’on dit la Messe dans l’ancienne langue Eselavone, qu’une grande partie decette Messe est récitée â voix basiè ; que les fidelles s’inclinent devant le Sa-crement pour l’adorer ; que depuis la préface de la Messe jusqu a la Commu-nion l’on ferme les portes du Sanctuaire ôc l’on tire un rideau par dessus,qui couvre l’Autel ; mais que dans la semaine de Pâques les portes de ceSanctuaire demeurent toujours ouvertes , Lc même pendant la Mestè ;qu’aux usages observés â la Communion conformément au Rite des autresGrecs, il faut ajouter, que selon Olearius, les Moseovites communient les (a)insensés en ne leur faisent que toucher les sevrés du pain trempé dans levin ; qu’il n’est pas permis de communier une accouchée dans la chambreoù elle a accouché; que ceux qui ont fait quelque (b) serment en justice, oucommis quelque crime capital ne peuvent communier qu’â leur mort. Enfinque l’on donne quelquefois au malade, avant que de 1e communier, de l’eau,& souvent même de l’eau de vie, où l’on a fait tremper des Reliques.

J’ai déja montré avec quelle présomption ses Moscovites traitent ceux quine sont pas de leur Religion. Selon la plûpart des Relations, ils en veulent sur-tout aux Catholiques Romains, mais il est faux cependant que la haine desMoscovites pour ceux-ci aille aussi loin que 1e voudroit persuader fauteurdune mauvaise compilation intitulée la Religion des Moscovites. Il est bon deremarquer ici que cet auteur Le la plus grande partie des auteurs ses compa-triotes, exilés ou fugitifs, comme lui, n’ont jamais manqué l’occasion d’exhalerleur bile contre une Communion qui, pour dire la vérité,atrop maltraité leurs fferes.Avec cette disposition d’eíprit si contraire â la vérité qu’exige l’histoire, ils n’onteu garde de laisser échaper les moyens de maltraiter â leur tour cette Com-munion. En s'échauffant ainsi sens mesure, & même dans 1e plus grand feude leur passion contre ceux qu’ils nomment Papistes , ils ont crû n’avoir pointfranchi les bornes de la modération. Mais qu’on ne s’imagine pas que ceux-ciont été plus retenus. Tel est l’effet d’une fougue aveugle qui gouverne tyran-niquement ses hommes dans quelque Communion que ce soit, ôc que l’on nedistingue du zélé qu’après avoir fait de grans efforts sor soi-même. Ce que fau-teur de la Religion des Moscovites avance au sojet du Vieux Testament, „ que,, bien loin d’en faire publiquement la lecture au peuple, ils ne l’estiment pas„ digne detre manié ôc qu’ils croiroient prophaner leurs Eglises s’ils fy portoient,„ n’est pas moins exagéré ”. Il est vrai epa Olearius , après avoir dit, „ que ses„ Moscovites sondent leur Religion sor les livres du Vieux & du Nouveau Tese,, rament,ajoute qu’ils ne souffrent point que l’on porte toute la Bible â f Egli-,, se de peur de la prophaner par plusieurs paíseges peu modestes qu’ils trouvent„ dans 1e Vieux Testament. . . Que l’on n’y porte que 1e Nouveau, & quel-,, ques textes tirés des Pseaumes & des Prophètes, mais il ajoute aussi qu’on„ permet de lire toute la Bible chez soi”

La Version de leur Bible est en Eselavon & faite sor se Grec des septante.

Si

(a) Cet usage a quelque chose de semblable à ce qui sut ordonné par Un Canon d’un Concile con-voqué en Dannemarc en .... „ que íì le malade n’avoit pas la force de retenir ce qu’il devoit pren-„ dre de la bouche; pour éviter les suites prophanes de cette foiblesse, on. lui montrerait feulement,, Corps de J. C. en lui disant en même tems, croyés & vous saurez, reçu.

(h Ne seroit-ce pas une faute d’impreíïïon ? il faut peut être lire quelque faut ferment*