28L DISSERTATIONS SUR LA
les Cardinaux, jusques là qu il invite les siens à tremper leurs mains dans le íàng de cet-te racaille âe la Sodome Romaine. Tel est le nom dont il honore le Clergé Romain.
Avant que de suivre la Religion des Communions Protestantes, & de décrire leursusoges, il faut donner en peu de mots un abrégé historique de leur reformation.Lors que Luther commença de se déclarer en i 5 17 . il y avoit environ centdeux ans que Jean Hus 6c Jerôme de Prague avoient été brûlés au Concilede Constance. Mais outre que les sentimens de ces deux hommes ne péri-rent pas avec eux, comme cela parut assés par les guerres 6c les désordres quisuivirent leur supplice; il y eut toujours depuis eux jusqu a Luther comme u-ne fermentation des esprits. On ne ceísoit de déclamer contre la corruption dela Cour de Rome , contre le powvoir sans borne de cette Cour, 6c les excès deses partisans. Souvent austì l'on alloit juíqu’à attaquer sons aucun ménage-ment divers usages établis par la discipline, ou du moins par la prescriptiondu tems. On n’épargnoit pas des superstitions 6c des abus, qu’une longueignorance avoit rendu venerables. Enfin l’on osoit même attaquer des pointsde doctrine. J’ose inférer de là, que le defir d examiner la doUrine , 6c la j bar-dieffe de l'examen sont deux choses dues à la corruption des Chefs de l’Eglise :car rien n’est plus capable de rendre une doctrine suspecte que les dereglemensdes Pasteurs, 6c les vues intéressées qui les guident dans l’exercice de la Re-ligion , dans l’observation de la discipline,& dans la pratique des autres usoges de l’E-gliíè. Aussi n’a t’on jamais vû que les auteurs des Schismes ayent oublié dedéclamer contre ces excès, pour se former plus legitimement de nombreuxpartis. Cependant ce levain , qui forma les Schismes de Luther 6c de Calvin,venoit de plus loin encore. Long tems avant le Concile de Constance , lesVaudois, les Albigeois 6c leurs Chefs , (a) Valdo, Pierre de Bruys, Arnaudde Bresse , Amaury Lee. en repàndant 6c enseignant des choses absolumentcontraires aux Dogmes 6c aux Décisions de l’Eglise, mêloient dans leur doc-trine des plaintes continuelles contre les désordres de cette Eglise ; bien plussons doute, pour se faire des sectateurs, que par le véritable désir de voirTEgiisc purgée. Il est trop ordinaire à ceux qui veulent abandonner un parti des’en plaindre 6c de le décrier, pour qu’il ne soit pas nécessaire d’examiner de bien prèsles motifs de leurs invectives. Les Beggars, les Apostoliques 6c les Lollars vin-rent enfoite. On dit des Beggars, qu’ils déclamoient vivement contre les Pa-pes 6c contre leur autorité; des Apostoliques 6c des Lollars, qu’ils méprisoieníoutré cela les Sacremens 6c les Jeunes,_ qu’ils nioient l’intercessïon des Saints6c qu’ils préparèrent les voyes à ceux qui réduisirent en signe 6c figure leSacrement de l’Eucharistie. Arnaud de Villeneuve avança vers le millieu duquatorsième siecle, que les Moines seuls ont corrompu la doctrine de J. C.,que la fondation des Messes est inutile. Les Fratricelles soutinrent aussi alorsl’Anti-christianisme du Pape 6c de Rome. Wîclef, qui n’étoit pas moins enne-mi du Pape que tous ceux dont je viens de parler, alla bien plus loin qu’euxvers la fin de ce même siecle. Mais le système des Dogmes de ce dernierctoit beaucoup mieux lié que ceux de tous ses prédécesseurs, qui, s’il en soukcroire les auteurs contemporains, 6c ce qui nous a été conserve de ces lystêmes, y avoient mêlé beaucoup d’extravagances 6c de fanatisme. Solfiante #dix ans après Jean Hus 6c Jerôme de Prague, Jean Laillier Licentié en Théo-logie n’en fit gueres moins que Wiclefen pleine Sorbonne en 1485 . Je nc
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0») On doit lire l’histoire de la Doctrine de tous ces Hérétiques dans Y Histoire d h Manichéisme AncìO*
& Moderne publiée par Mr. de Beattsibre cette année (173 3 .)
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