RELIGION DES PROTESTANS. 283
dis rien de Jerôme Savonaroìe , qui Fut brûlé en 145)8. pour avoir parlé( a ) trop librement Fur la néceílìté de reformer l'Eglise dans le chef & dans lesmembres. Entre les erreurs de (h) Pierre d’Aranda, qni vivoit dans le mêmetems, on remarque surtout, qu’il íòutenoit l’ inutilité des Indulgences , queles Papes les avoient inventées pour le profit qu'ils en retìroient ; qu il nìoìt le Purga-toire & qu il nobsrvoit point le Carême. Les freres de Boheme , qui avoient suc-cédé aux Huffites, &: aux Taborites, continuèrent auíïì de se Multiplier , jus-qu ace que nous les verrons íè confondre (c) avec les premiers Luthériens en i 5 04.Cependant ces sectaires parloient encore en plusieurs choies comme les Catholi-ques , mais ils nioient que Jésus Christ: dût être adoré dans le Sacrement, &mjettoient divers cultes comme des superstitions En 1505). ils s’éloignerentencore plus de la Doctrine de l’Eglise. Je passe simplement fur l’appeì dél’Université de Paris contre (d) le Concordat du Roi de France avec le Pape.Cet appel fut interjetté au mois de Mars de l’année 1517. Nón seulement ilattaquoit vivement l’infaillibilité du Pape , ce qui n’est pas extraordinaire enFrance, il attaquoit aussi personnellement Léon X. il l’accusoit de ne penserqu’á la ruine de l’Eglise en conférant les benefices á des gens indignes sensaucun égard pour les personnes de mérite.
Ce petit détail suffit pour montrer quelle étoit depuis long tems la diíposi-tlQ n des esprits, lors que Léon X. voyant ses trésors épuises par des dépensesexcessives Lc par des magnificences plus convenables sens doute à des Princestemporels qu’au Vicaire de Jeíùs Christ, s’avise de mettre, pour ainsi dire, lésalut de tous les Chrétiens en Monopole. Résolu d’achevet le somptueux édifi-ce dé la Basilique de St. Pierre commencé par Jules II. 3 & se trouvant horsd état de fournir a cette dépense, il s’avise de proposer à prix d’argent des In-dulgences plenieres a toute l’Europe , „ à des conditions si aisées, (e) dit unîj auteur, qu’il autoit fallu n’être gueres soigneux de son selut, pour ne lesî> pas gagner. Pour faire cette levée d’argent , ,, le Pape divise toute làa Chrétienté en divers dépattemtens 3 ôc l’on établit dans chacun des collec-« teurs qui dévoient recevoir l’argent. - De plus on fit choix de certains Pré-33 dicateurs, qui étoient chargés d’instruire les peuples de la vertu des Iiidul-3, gences, & des dispostions nécessaires pour les gagner C’étoit bien le moinsqu’on donnât de belles couleurs a un trafiq qui avilit alors fi honteusement leChristianisme & la dignité du premier Chef de l’Eglise. Ceux qui furent com-mis pour ces levées travailloient uniquement à persuader au peuple, qu on étoita Jsuré de son salut , quand on âvoit compté la somme requise pour gagner f Indulgentce - On tenoit les bureaux dans les cabarets & l’on y voyoit ces prédicateursconsumer en débauches une bonne partie de l’argent qu’ils recevoient.
. Ce fut contre ces Indulgences que s’éleva Martin Luther en 1517. soutenup Jean Staupitz Vicaire général des Augustins. On a dit généralement quése Vicaire ôc son Ordre avoient vû avec chagrin qu’une si riche commission
fut
(4) Sous íe Pontificat d’Alexandre VI. On assure que François Pic de la Mirandole lut à la dernierssession du Concile de Latran qui finit fous Léon X. en l’année 1517. un discours où il ne parloit.pas
ssioins librement que Savonaroìe de firreligion du Clergé, du trafiq des choses saintes & dé la superstrihon du siécle.
(b) Evêque de Calahorra.
(0 Us entrerent dans les intérêts de Luther. Voy. ci-après.' j.
W) Le Concordat cassa la Pragmatique Sanction établie auparavant pour borner en France la jurisûio»U°n du Pape fur les Benefices 8c pour empêcher les brigues & les sollicitations des François a la v-ourue Rome. Consequement elle nuisoit beaucoup à l’avarice de cette Cour,
( e ) Suite de l 'Histoire Ecçlejìajlìqtte de l'ylbbé Fleary ann. 1517*
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