RELIGION DES PROTESTANS. 291
trcs qui assisteraient aux funérailles ; que les Moines ne seraient plus Curés ;qu’on ne fèroit point de quêtes j qu’on ne prêcherait point d’Indulgences íàns1 approbation des (a) Ordinaires ; qu’on chatieroit les Prêtres Concubinaires, Ôcqu’on procederoit contre les Religieux ôc les Prêtres qui se marieraient ; quele nombre des Fêtes ferait diminué. Le plus important des articles étoit ce-lui qui ordonnoit aux Prêtres de Rappliquer à la lecture de la Bible. En Sue-de, le Roi Gustave s eiïipara des biens des Ecclésiastiques ôc des richesses desEglises : mais l’ouvrage de la Reformation ne s’y acheva qu’en 15 ij. A Wittem-^erg Luther ôc Carlojtad continuèrent de se brouiller juíqu’à devenir ennemisirréconciliables, Carloftad fut même obligé de sortir de Wittemberg au com-mencement de l’année & de se retirer à Orlemund, où il fut élu Ministre!& comme on le soupçonnoit d’y (h) favoriser les Anabaptistes ôc les païíàns quisetoient soulevés sous l’autorité de la doctrine de ces Fanatiques , l’Electeufenvoya Luther à Orlemund pour y pacifier les troubles. Luther paílànt à Je-He prêcha violemment contre Carloftad íàns le nommer, mais en le désignantfi bien qu’il étoit impossible à celui-ci, qui étoit présent, de s’y méconnoitre.Carloftad s’en plaignit à lui fur le champ (c) ôc après lui avoir reproché ses^nations, s’ossrit aussi tôt de prouver publiquement ce qu’il avançoit. Lutherb défia : Carloftad accepta le défi, en recevant pour gage du combat , und’or que Luther tira de íà poche: après quoi ils se donnerent la main Ôcburent à la santé l’un de l’autre. Cependant Luther ne voulut plus avoir decommunication avec Carloftad. (d) Il résilia absolument de le voir & deconférer avec lui á Orlemund , Luther fit chaíser Carloftad bientôt après. Car-ìojìad se retira à Strasbourg ôc fit imprimer deux livres à Baste. Ces ou-vrages furent défendus à Zurich ôc à Strasbourg. Carloftad ne soutenoit pasfeulement, que le Corps ôc le Sang de J. C. ne sont point dans l’Eucharistie,st vouloit aussi que J. C. en prononçant ce mot hoe ceci , au lieu de dési-gner le pain, {e) se fut montré lui-même à ses Apôtres.
Oecolampade se defroqua pendant ces troubles ôc fut le premier Ministreste Baste, après avoir été quelque tems Curé, avant que de passer dans la Re-forme. H soutint contre les Luthériens, que les paroles íàcramentales, ceci eftmon Corps j renferment seulement un sens symbolique ôc figuré.
Zwingle se déclara aussi pour le même sens, en expliquant ces paroles, ce-« eji mon Corps , ceci signifie , ou représente mon Corps. On donna le nom deSacramentaires ì ceux qui se déclarèrent pour ce sentiment. Zwingle en adonné l’explication dans un Traité de la vraye & de la fausse Religion , ôc dansUn autre qui porte pour titre (f) du secours de l’Euchariftie , tous deux publiés^ 152.6. Un songe (g) tira Zwingle des difficultés qu’il trouvoit â son
expli-
st*) C’est-à-dire les Evêques Diocésains.
v») Vide Hofpin. Hist. Sacram. part. i. pag. 50.
st) Idem. ibia. Hofpinien ajoute que Humius Docteur Luthérien a Voulu faire páíîer cette entrevue
Luther & de Carlostad pour un conte : mais il le réfuté par de fort bonnes raisons.
stsi -filles M. le Docleur , lui dit-il, vous m*êtes fufpeêl, vous étés mon ennemi, je ne veux sas que voutJojes présent à ms conférences Hospinianus ubi siip. pag. 51.
(e) Hospinianus ubi s u p.
(f) Subsidium de Eucharìstia.
Çg) Voici le stmge, tel qu’Hofpinien le rapporte, part. ì. Hifior. Sacrament. pag. 39. Zwingle st
uvoit fort efnbarasse à soutenir l’opinion qu’il avoit embrassée, lors qu’un esprit, blanc ou noir,»?*Xtt 1 " , e , n / on § e Réformateur & le tira de sa peine en lui indiquant le passage de l’Exode chap*j ' * 1 Agneau e/t a PÀque , c’est-à-dire, en est le signe. Sur cela le Réformateur s’éveille charmé de la.^^sort du it, va examiner le passage & l’allégué à son adversaire. Ce passage lui fournit là ma*Q C , Un ° n £ d . ï? scrvit à dissiper les tenebres de ses auditeurs. Au reste il est à remarquesjj , e , t , e l ni 'r Latin Momtor ne devroit se rendre ni par celui de fantôme , comme â traduit Bossuet L.e 1 Hifl. des Vmations , ni par celui àlesprit ,mais par celui de conseiller ou plutôt d'avertisseur . Ce
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