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pies de tout ce qu’ils dévoient croire : tant il est vrai, que dans qUelque CòrtV-munion que ce soit Tautorité sera toujours le principe auquel il faudra rame-ner les peuples. Je remarquerai en même tems deux faits qu’il ne faut pasoublier : le premier, que les Princes Protestans ayant été invités par l’Empe-reur aux cérémonies de la Fête Dieu , le Marquis de Brandebourg repon*dit pour tous, qu’ils’ne pouvoient y assister, a cause, jdiíoit-il, qu’on ne por-toit à la Procession que la moitié du Sacrement ; ce qui prouve, dit-on, queles Luthériens croyoienc encore la présence réelle hors l’usage de la manduca-tion. L’autre, qu’il fut décidé par les Théologiens Luthériens, que TElecteufde Saxe, quoique Protestant, pouvoit assister, comme Grand-Maréchal del’Em-pire, à la Messe du St. Esprit, qui fit l’ouverturè de la Diette d’Augsbourg àjkquelle les Luthériens présentèrent leur Confession. Ces Théologiens auto-risèrent l’Electeur par l’exemple de Naaman.
Je ne mettrai point ici cette fameuse Confession d’Augsbourg composespar Melanchton,présentée à la Diette le 2.5. Juin de l’année 1530. réfutée a-lors par les Théologiens Catholiques, changée ensoite en plusieurs de ses ar-ticles par ces mêmes Luthériens. Je me contente de dire qu’elle fut suivie deplusieurs conférences qui tendoient à réunir les partis & à ramener les Luthé-riens dans le sein de la Communion Catholique, à quoi l’on employa inuti-lement les promesses & les menaces. Les Sacramentaires de Strasbourg , Mem-mingue, Constance, Lindau &c. présentèrent aussi leur Confession dressée pafBucer le Réformateur de Strasbourg. Zwingle fit la même démarche poufla Suisse Protestante. Enfin Charles-Quint résolut d’employer la force pour sou-mettre les Protestans & ceux-ci s’assemblerent à Smalcalde pour faire une li-gue, qui avoir pour principal but la défense de leur Reformation, qu’ils ap-pellerent la Do&rine Evangélique.
Henri VIII. commençoit de se piquer contre le Pape après avoir sollicité depuis silong tems son divorce avec Catherine d’Arragon. L’humeur fiere & impétueuse dece Prince ne s’àccommodant point de la maniéré avec laquelle la Cour de Rome trai-toit une affaire dont elle auroit dû mieux prévoir les fuites, il attaqua d’abordseClergé : les deux Chambres du Parlement prirent cònnoissance de divers abuscommis par les Ecclésiastiques. Sur l’ouverture que fit Cranmer, depuis Ar-chevêque de Cantorbery, le Roi prit la résolution de consulter les Universitésde l’Europe sor son divorce, & ces Universités ne surent pas toujours favorables.S’il en faut croire quelques Ecrivains, les Angelots d’Angleterre avoient gagnecelles qui se déclarèrent pour le Divorce. Quoi qu’il en soit, on se donnabeaucoup de mouvement, on fit bien des cabales & des intrigues pour faireréussir les consultations au gré d’Henri VIII. On consulta aussi les Théolo-giens Protestans. Enfin les choses ne tournant nullement au gré de ce Roidu côté du Pape, il défendit a ses sujets de recevoir aucune expédition de laCour de Rome, qui fut contraire à son autorité souveraine, & résolut de por-ter Tassasse du Divorce au Parlement & au Clergé du Royaume. Le Parle-ment fut convoqué au commencement de Tannée 1531. Le Roi déclara pa*la bouche de son Chancelier le désir qu’il avoir de faire dissoudre son maria-ge pour mettre fa conscience en repos: il devoir dire, pour satisfaire plus lihré'ment fa passion pour Anne de Boulen , par un consentement folemnel quila rendit femme légitimé. On commença dans ce Parlement par des re-cherches qui tendoient a Tabaissement du Clergé, afin de le rendre plus sou-ple. Le Roi y reçut le titre de Chef souverain de l’Eglise & des Ecclésiastiqued’Angleterre, Comme cette démarche jointe aux démêlés entre le Pape & ^