RELIGION DES PROTESTANS. 293
se raisonnement le plus singulier qui se puisse faire ; puis que ïhumanité de J,C. ejì unie à la Divinité, donc ïhumanité ejì par tout. Pour les Zwingliens, ilsprétendoient que Dieu même ne peut mettre le Corps de J. C. en différenslieux, & il est vrai que si l’on s’en rapporte à la voix de la raison feule,cela implique contradiction selon nos idées. Jaques (a) Faber donna grandcours â Y Ubiquité de Luther. Pour donner quelque idée au lecteur de cetteUbiquité Luthérienne, òiss sou ra quelle fut inventée pour défendre la Présenceréelle du Corps de J. C. sons la destruction de la substance du pain, con-tre la Transsubstantiation qu’on avoir résolu de rejetter; & que pour établirune union corporelle entre le pain de la Communion & le Corps, on em-ploya des (b) termes obseurs & extraordinaires, par lesquels le communiant nerecevoir aucune notion plus distincte de l’essence du Sacrement. C’étoit pour-ta nt dans ces variations, dans ces incertitudes, (c) dans ces divisions , qu onfoutenoit l’évidence de l’Ecriture, l’invincible nécessité de l’examen, ôc la pos-sibilité de se rendre raison à soi-même des mystères de la Religion sons Con-sole, so ns décisions de l’Eglise & sons autre interprète que la pure parole de
Dieu.
En ce tems - là Berne proposo une conférence fur dix points qui faisoienc1 essence de la Reforme, La conférence fut tenue au commencement de l’an-Uee 1 5 2.8. Les dix points y furent approuvés, & le résultât fut l’abolition deJ ancienne Religion. La Reforme y eut lieu selon la doctrine de Zwingle.Cette même année le Cardinal Duprat Archevêque de Sens tint un Conci-le à Paris contre la doctrine de Luther, & pour le maintien de la discipli-ne & des mœurs. Le Concile défendit deux choses également prophanes &:ridicules , dont l’usoge s etoit introduit & maintenu à la honte de la Reli-gion ; l’une étoit l'usoge d’avoir des bateleurs dans l’Eglise pour y jouer desairs lascifs ou chanter des chansons malhonnêtes, l’autre étoit la Fête des Fols ,Un autre Concile tenu à Bourges imita celui de Sens. '
La Messe fut abolie à Strasbourg en l’année i z 2.9. elle le fut encore à Baste»Un nouveau Décret du 13. Avril émané de la Diette de Spire, mais qui dé-plut aux Allemans de la nouvelle Religion, donna lieu a la protestation au 19.du meme mois en vertu de laquelle les Luthériens acquirent le nom de Protestans,qui depuis a été communiqué aux Sectateurs de Zwingle , Calvin &c. Ce-pendant le Landgrave de Hesse essaya de concilier les Luthériens & les Zwin-gliens fur les points qui les divisoient, dont le principal étoit certainement ce-Ui de l’Eucharistie. Les deux partis eurent une conférence à Marpourg.Quoi que la conférence fut composte des plus habiles gens des deux partis,|| leur arriva de demeurer séparés, sons autre avantage que celui d’avoir biendisputé pour se haïr un peu plus qu’auparavant. Les Zwingliens demande-* ent pourtant à Luther qu’ii les regardât comme ses frétés : mais au rapport de plu?-heurs Ecrivains de ce tems-là Luther rejetta la fraternité. Au reste on est en droitde remarquer ici une chose qui-sera reconnue véritable, pourvu qu’on nesoit point aveuglé par. ses préjugés. C’est que les nouveaux Docteurs qui prê-choient aux peuples qu’il falloit íeconnoitre l’Ecriture seule & rejetter les déd-ions de 1 Eglise Lc des Conciles, décidoient portant eux-mêmes pour les peu-ples
0 *) Sehmìdlin.
ss) Panis carnutus, vinumsanguineum. Pain charnel, vin sanglant.
C ' >, II est ridicule, disoit Calvin, que nous nous accordions st peu entre nouî datis le Commen*" Cement de notre reforme”, e^ì. ad Melancht. pag. 24$.
Tome III. Part . II.
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