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[Volume II.]
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6 DISSERTATION SUR LA

Cour de Rome ne donnoit les expéditions que par ìe moyen du tribut. Ën â abolissant ces Annates, le Parlement déclara que íi faute de payer ce droit le Pa-pe résiliait les Bulles a ceux qui íèroient designés Evêques ou Archevêques ,„ les premiers íèroient sacres par un Archevêque j & les autres par deux Eve-„ ques au choix du Roi & que cette consécration auroit autant de force que d„ le Pape l’avoit ordonnée ”. Néanmoins le Parlement reíèrva pour lors au Pa-pe le vintieme de la premiere année du revenu des Bénéfices j & fit cependantune clause „ qui annulloit toutes les censures ôc toutes les excommunia-„ tions, que la Cour de Rome lanceroit contre le Roi ou contre ses sujets,„ dc défendoit de les mettre en exécution, ordonnant, que fans y avoir é-„ gard on continuât toutes les fonctions Ecclésiastiques ôc le service divin.

Passons ici plusieurs circonstances qui precéderent d’autres démarches pluséclatantes contre le pouvoir du Pape ; comme quelques Lettres entre le Papeôc Henri, la citation de ce Prince a Rome, le refus d’y envoyer un procu-reur , 1 élévation ( a ) de Cranmer á l’Archevêché de Cantorbery, ôcc. Au moride Fevrier 1533. les appels a la Cour de- Rome furent abrogés. Cranmer (b)cassa le mariage du Roi ôc de Catherine d’Arragon, confirma au contraire ce-lui de ce Prince avec Anne de Boulein (c) , ôc la nouvelle Reine fut couronnéepeu de jours après. Telle fut la décision dune affaire qui coupa le nœud de fa-nion avec Rome 3 décision fondée, au moins en aparence,íùr des motifs de con-science ôc de Religion, qui servirent fi utilement ceux qui penchoient versune reforme. Le Pape ne manqua pas de condamner ce qui setoit fiait ôe decastèr la sentence de f Archevêque. Le Roi lui-même fut menacé de f excommu-nication. Cependant on lui (d) fixa un terme pour íè répentir. Au lieu de celaHenri appella de cet arrêt de la Cour de Rome à un Concile général assem-blé légitimement: mais cette action d éclat nota pas encore absolument l’eípe-rance dune réconciliation, a laquelle même l’inconstance des idées du Roid’Angleterre pouvoit donner jlieu (e). La France íè portoit pour médiatrice en-tre le Pape ôc le Roi. Henri lui-même paroissoit vouloir íè soumettre au jugementdes Cardinaux, pourvu que la faction Impériale fiit exclue du Consistoire.D autre côté le Pape íèmbloit dispose a être favorable á Henri. En un mot touts’acheminoit à la réunion, lors que lé parti Impérial rompit toutes ces messiresen pénétrant le projet (f). Les Cardinaux de cette faction animèrent si bien f es-prit du Pape, qu’il précipita cette íèntence fatale qui confirmoit le mariagede Henri ôc de Catherine, fous peine au Roi cf encourir toutes les censures del’Egliíè. Cela íè paflà (g) deux jours avant farrivée d’un Courier qui apportoit

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(a) Le Pape expédia les Bulles qu’on avoir demandées pour le nouvel Archevêque, en dissimulant fchagrin que lui causoit cette élévation, Cranmer avoir de sortes liaisons avec les Luthériens, il avoi £fourni des armes à son Roi contre l’autorité du Pape. Il marquoit des dispositions à la Reforme. ^Archevêque fut sacré au mois de Mars de 1533. & íês Bulles, dit Burnet, furent les dernieres qui P a 'turent en Angleterre.

(b) Au mois de Mai 1553.

_ (C) Henri VIII. avoit épousé Anne de Bouletn ì Calais. Un Prêtre nommé Roland Lee fit la cérémo-nie du mariage. Les Historiens Catholiques disent que la bonne foi de ce Prêtre fut surprise de la part «cHenri, qui lui dit, „ qu’il avoit enfin gagné son procès à Rome & .que le Pape en déclarant son maria»?

„ nul avec Catherine lui avoit permis d’épouscr une / autre femme, &c’\ Voy. le continuateur de H sUslTom. XXVII. p. 298.

(d) Jusqu’en Septembre.

(e) C’est Burnet qui parle ici.

(/) „ Il y avoit des deux côtés des dispositions favorables, au moins pour continuer le procès,

», le P. d 'Orléans ubi fup. si le parti d’Autriche n’eût précipité les choses.

(g) Le Courier qui venoit d’ Angleterre avoit été retenu par le débordement des eaux, C'est-lì u ° ,