io8 DISSERTATION SUR LA
les Laïques deviendront généralement superstitieux, la prophanation & l’Athéií-me s’empareront de leurs esprits. A l’égard de l’Etat , qui a mieux défenduque nous , continuent-ils, les Loix & le gouvernement du Royaume ? Qui aplus contribué a la Révolution qui mit Guillaume III. sor le trône, & à cettesuccession perpétuée dans la Ligne Protestante ? Ainsi tant qu’il y aura des Non-conformistes en Angleterre il y aura aussi de bons citoyens & des défenseurs dela liberté publique. Au lieu donc d’opprimer les Presbytériens ou de {a) lesrenfermer par force dans le bercail , il est de l’interêt public & de la bonne po-litique d’adoucir leurs plaintes, de les tolerer, & de maintenir leur liberté.
Voila comme on parle en Angleterre : à peine même oie t-ón penser de cet-te maniéré dans d’autres pais. Quelle seóte ou quel parti auroit la hardiesse d’ydire que le protéger & ïentretenir est une choie qui intéressé l’Etat & la Religiondominante, & que par politique on ne doit point travailler à le réunir à l’Eglise ?que fins cette désunion on verroit bientôt la tyrannie sétablir dans l’un & la su-perstition dans î autre ? Je fuis convaincu que ces remontrances seroient regardéescomme le comble de l’impudence, Lc que les dévots qui n’auroient pas assez depouvoir pour brûler de tels Hérétiques devant les hommes , les brûlement dumoins devant Dieu avec tout le zélé dont ils sont capables.
Il íèroit bien nécessaire de donner ici l’abregé des oppositions que les Puritainsfirent depuis l’année 15 64. a rétablissement du culte extérieur selon le Rit An-glican. A ne s en rapporter qu a l’Historien Anglois du Puritanisme les differens desdeux partis furent accompagnés de circonstances aísez singulières, (h) On voitd’abord sous le régné d’Elizabeth le Chancelier de l’Evêque de Londres mon-trant aux Presbytériens un Prêtre Anglican revêtu des ornemens de la Prêtrise,& s’adressant gravement du haut de son tribunal á des Ministres Non-confor-mistes en ces termes í ,, Ministres de Londres, le bon plaisir du Conseil (de la„ Reine) est que vous observiés exactement (c) l 'unité d'habillement , & que„ vous vous conformiés a celui de cet Ecclésiastique, que vous voyez , ici re-„ vêtu canmìqument du bonnet carré , de la soutane, {d) de lecharpe (& du„ surplis lorsqu il est appellé au service religieux) souscrivés par ce mot Polo, ôc„ vous oppoíans écrivés nolo. Allons, soyez brefs, & ne raisonnés pas A-près ces paroles qui ferment la bouche aux opposons, on nous représente la dé->tresse, beffroi de ces pauvres Non-conformistes, que l’on veut comme forcer deprendre la livrée de f Antéchrist & la marque de la Bête. Le plus grand nombrea pourtant la foiblesse de souscrire , les autres se garantissent de la corruption,& sont déclarés indignes du Ministère. Quelle intolérance du côté des Angli"cans d’alors ! mais aussi quel zélé du côte des Presbytériens leurs contemporains 'Il produisit en 1 565. un Ecrit Presbytérien où l’on vouloir justifier par les SS*Ecritures qu’il étoit impossible de se revêtir des habillemens pontificaux de l’B'glise Papiste sons témoigner que (e) l'on consentait à l'idolatrie. Une cause si di-gne de l’Euangile méritoit bien quelques Martyrs. Les Presbytériens en eurent*Appelions ainsi ceux qui furent ou privés de leurs revenus & de leurs pensions,ou emprisonnés , on forcés de s’exiler ôcc. L’année 1 $ 66 . fut l'époque cìc k 1
(a) Or comprehending them in the church»
(b) Neal ubi sup. p. z i r.
(c) The mitj of apparel. Ne diroit on pas qu’il s’y agît de l’unité de doctrine dans I’Eglise?
(d) Tippet. C’esl une espèce d’ècharpe que portent les Chanoines & les Chapelains.
(e) Ubi siip. p. 215*