RELIGION DES ANGLICANS. 109
séparation des Presbytériens d’Angleterre. Quoique le surplis & les autres or-nemens pontificaux avec quelques cérémonies fussent le grand objet de leurscandale il y avoir pourtant plusieurs autres choies qui leur deplaiíòient dansle service Anglican : & voici comment leur Historien les rapporte, (a) Us trou-Voient à redire a la supériorité que les Evêques s’attnbuent fur les Prêtres , âleur pouvoir trop étendu suivant eux, & à tout ce faste dont jai parlé ti-devant. Ilsrejettoient, comme je lai dit aussi,les distinctions d’Archidiacre, Doyen &c. Ladiscipline leur paroissoit trop relâchée. Ils ne pouvoient souffrir les répétitionsdes prières , pas même de l’O raison Dominicale , les interruptions fréquentespar les répons , la lecture de plusieurs Livres Apocryphes , les fêtes, le íèrvicetrop éclatant des Cathédrales , le chant en musiqué, le signe de la Croix auBaptême, la purification des femmes, l’uíâge des parrains ôc des marraines, laconfirmation , la maniéré de recevoir la Communion â genoux , celle de s’in-çliner au nom de Jésus y Panneau donné dans la cérémonie du mariage., - Ilétoit nécessirire de récapituler ici ces griefs, quoique je les aye presque tous indi-qués dans la Dissertation précédente. Il ne faut pas oublier non plus que cesPuritains ne sont pas moins zélés défenseurs que les Calvinistes & en général tousles autres Protestans, de cette autorité attribuée â chaque Chrétien d examineríâ Religion, de íê l'enséignerct de lê lexpliqueí â soi-même, selon les lumièresqu’il a reçues de Dieu. r
Les assemblées des Presbytériens furent regardées sous íe régné d’Llizabeth ,comme des assemblées schématiques. Qn interrompit ces cowventicules (c est ainsicju’on appelloit alors, (h) ôc qu on a appellé depuis les assemblées des fanatiques & desSectes désavouées. On menaça, on emprisonna, on mit â l’amande ceux qui s’y trou-voient ; mais le zélé des Presbytériens n en fut que plus irrité, & cela marche ordinassrement â la fuite de l’intolerance. Ils crièrent encore plus haut qu’auparavant -, (r) ilscontinuèrent de s’exhorter les uns les autres fraternellement â ne pas aller aux Ser-mons des Ministres de la Paroisse, qui ne vouloient pas> disoient-ils, défendre' 'l’Lvangile contre des Restes de Papisme , c’est-â-dire, contre le sorplis &c. Unau-tre d entre eux, plus modéré en aparence, (d) déclaroit qu U n y dmoit à la mé-rité rien d,'impur dans les ornemens & les Cérémonies Papistes ; mais qu’il étoit pour-tant résolu, amec le secours de la grâce de Dieu, de ne jamais porter ni bonnetcarré, ni surplis, â causé qu’il ne trouvoit dans ces habillemens ni décence >ni édification, & qu’au contraire, ils étoient comme (e) des instrumens dediscorde dans PEgliíe de J C. Il déclaroit aussi qu’il ne prendroit jamais laCommunion â genoux, parce que cela lui paroissoit trop Papiste, & ressembloitentièrement â 1 adoration de l’Hostie. On peut reconnoître â ces traits que le zé-lé de parti est toujours subtil. Cette delicateííè si scrupuleuse, qui ne permettoitpas de supporter des usages qui n’influoient en rien sor la doctrine > prouve aussiqu’une Orthodoxie trop verilleuíè & la superstition sont deux extrémités quile touchent.
Je trouve (f) dans f Histoire du Puritanisme , qu’au millieu des mauvais traite-naens que les Puritains reçurent des Conformistes , ôc dans le fort des disputes,
où,
(a) Ubi sup. p. 235. & suiv.
(J>) On les appelle meetings, comme qui diroit rencontres.
(c) Ned ubi sup. p. 2.46.
(d) Ubi sup. p. 250. , .
i e ) A qui étoit elle dûe, cette discorde? à, ceux qui se séparaient pour ces minuties»,(/) Ubi sup. p. joi.