Band 
[Volume II.]
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IïO

DISSERTATION SUR LA

ou, s’il faut s’en rapporter aux Puritains , les Conformistes ne fìirent victorieuxque par la force ôcl’autorité; le premier Presbytère , c’est-à dire la premiere E-glise Presbyteriene, fut établie clandestinement à Wandsvoorth Village a quatremilles de Londres. Cet établissement est de l’année 1572.. Ces Puritains tra-vaillèrent à se former une Discipline particulière dans quelques assemblées deleurs Ministres, que l’Historien; rapporte à 1 année 1576. Cartnuright zélé ôcsavant Presbytérien la revit ensuite, ôc ( a ) la mit en ordre avec le secours dequelques autres Ministres ; après quoi il la traduisit du Latin en Tannée 1 5 84. ôcy, ajouta une Préface. On la donna pour être imprimée à Cambrigde : maisT Archevêque de Cantorbery en fit enlever les exemplaires ôc condamna cetteDiseipline au feu comme factieuse ôc séditieuse. C’est cette même Discipline queje rapporterai ici, après que j'aurai fait encore quelques remarques concernantles Puritains.

1. L’Historien de ce parti lui donne la gloire d’avoir contribué au respect queles Anglois ont généralement aujourd’hui pour le Dimanche, (h) En Tannée155)5. un certain Docteur Presbytérien nommé Sound, publia un traité fur leSabat, dans lequel il vouloit prouver que les Chrétiens doivent cesser toutes for-tes d’ouvrages ôc se reposer le Dimanche avec autant de précaution ôc de régula-rité que les Juifs le Samedi. Suivant ce principe il ne permettoit aucune forte derécréation le Dimanche. Ce livre, dit l’Historien, fut extrêmement aplaudi dupeuple ôc commença de rétablir dans fa dignité un jour que Ton prophanoit a-lors par les divertissemens le plus indecens. Les Puritains prétendoient qu’on nedevoit attribuer ces désordres qu’aux Consormijìes, dont ils (c) diíòient tout lemal possible en se donnant eux mêmes pour les seuls Chrétiens d’Angleterre,qui fussent scrupuleusement exacts en-matière de Religion. Surtout ils préten-doient se distinguer le Dimanche par leurs dévotions publiques ôc particulières.Un livre qui produiíbit des changemens si avantageux méritoit bien d’être épar-gné. Néanmoins on le censura rigoureusement : les Anglicans prétendirent qu’iltendoit a introduire la dévotion Judaïque du Samedi: ils y trouvèrent aussi que sesprincipes ne s’accordoient pas avec les Loix de l’Etat. Enfin le livre fut fuprimépar ordre de Whitgift Archevêque de Cantorbery ôc défense faite de le réimpri-mer: mais la suppression ne servit qu a le faire lire ôc acheter avec plus d’avidi-te. L’Auteur le réimprima augmenté quelques années après cette suppres-sion. ' '

L. La Doctrine de l’Eglise (Anglicane) fur la Grâce, la Prédestination, ôcc.avoit toujours paru favorable aux explications de Calvin touchant ces matières*,jusqu a ce que vers la fin du seisiéme siécle ôc au commencement du dix-septième,{d) on parla & adoucir, Ôc ensuite de renverser les opinions établies. Dès queTArnii"nianifme eut prévalu fur le vieux système, la Théologie Calviniste, dit l’Historien,n’étant plus regardée (par les Conformistes) que comme une Théologie à la vieìll*mode , on donna par dérision le surnom (e) de Puritain à ceux qui s’en déclaraient se sdéfenseurs. Lorsque ces disputes commencerent la mémoire de Calvin étoit encore

(a) Neal ubi sup. p. 449. '

{b) Ubi sup. p. 577 *.

(c) Un de ces Puritains rigides a bien osé dire dans un de ses livres, qu’on ne trouvoit d'h° nnetesgens que dans son parti, & qu’il n’y avoit point de milieu entre abolir l’Episcopat <$■ rappeller de l'enferPape. Voy. Bayle Dict. Critique à l’Article d 'Amejius.

(, d) Ncal ubi sup. p. 579.

(e) Puritains dans la Doctrine, ou Dofîrinal Purìtans. Voy. une des notes précédentes.