144 DISSERTATION SUR LA
nì expliquée, ni préchée, mais simplement ìûe • moyen infaillible, félon ceDocteur, d’éteindre toutes fortes de Schismes ; il pourroit bien être vrai que l’er-reur de Bord a fourni un nombre infini de conséquences. Quelle moisson pourles écrivains du caractère d’un Stouppe , d’un Jovet 3 d’un Ross , d’un Prateole &Cde ceux qui viendront après eux !
Le Patriarche Fox fut le premier qui fournit (a) des Missionnaires (stuaquersa la Hollande. Il s en établit en plusieurs Villes des Provinces. De-là ils paíferentdans la Westphalie: la Princesse Palatine (b) Elizabeth, qui résidoit dans ce pais-la, ne dédaigna pas d'entendre prêcher ces Missionnaires, I 7 n certain Ames com-'mença 1 établissement a Amsterdam, à Rotterdam & ailleurs. Ils s y gouvernè-rent comme en Angleterre, (c) On leur ordonne de íè retirer, ils s’obstinent àrester ; on les met en prison, après leur avoir défendu de faire les Predkans ; à
Í )eine íè voient ils libres qu ils prêchent en place publique. On les bannit le soir dea ville, ils y rentrent dés le lendemain matin. On les traita a peu près de mêmepartout : on les emprisonnoit, on les envoyoit aux petites maisons : á la fin ils íèfirent jour la singularité ou l’obstination de ces gens fòrcerent ies Magistrats deles tolerer, ou plutôt de les mépriíèr. Le (stuaquerìsme resta, de cette maniéré dansi’obsourité a peu près jufqu'en 1664. & pour lors, on commença de confon-dre les Quaquers avec les Sociniens : mais ce nuage {d) setant dissipé, la Secteíè fixa & prit fa place comme les autres dans les Provinccs-Unies. On peutdater son véritable établisièment en Hollande de l’année 1 669. & en Frise du.commencement de la guerre avec la France en. 167.2V De-la ils pasterent dans,,la Frise Orientale, & voulurent commencer de sctablir a Embden en 1674.^mais ils y trouvèrent la même persécution qu’ils avoient éprouvée ailleurs. Ils.fructifièrent fort peu en Allemagne. Daias (e )le Palatinat la récolté so réduisit aussia fort peu de choso.
-■ Les Quaquers firent aussi quelque tentative du côté de la France. Deux deleurs Missionnaires essayerent leur Mission à Dunquerque, un autre en fit au-tant à Calais, un autre enfin pastà plus avant en France. Les trois premiersjugèrent à propos de íè rétirer d’un pais qu le fanatisme est traité en crimed’Etat. (f) Le dernier y périt vraisemblablement, puiíqu’on n’a jamais entendu.
- par-.
(d) Les premiers Missionnaires Quaquers paíferent k mer en 1655.
(b) L’Auteur des Lettres Philosophiques ou fur les Anglais , dit que lés Amis , (c’est le nom que se don-
nent les Quaquers) eurent audiance de cette Princesse à la Haye. Fox lui députa deux Quaquerejses , qui ,eurent des conférences avec la Princesse. Elizabeth répondit fort civilement à Fox , & lui témoi-gna qu’elle étoit fort disposée à écouter ses conseils & ceux des Àmies. Penn eút auffi quelques entre-tiens avec la Princesse. ■ ...
(c) Ce qu’on rapporte ici leur est arrivé à Amsterdam. ,
. (d) Les Etats avoient donné un édit contre les Sociniens, &c. Les Synodes Hóllandoìs travaillèrent àlé faire mettre en exécution. En Tannée i66r. les Etats de Frise avoient auffi donné un Edit contre leS ;Sociniens, les Quaquers Sc les Anabaptistes , connus en Anglois fous le nom de Dippers (pion- .geurs.).
(e) Fous ces Oudquers font confondus en Allemagne fous le nôm à'Anabaptistes , comme l’efpéce foùì
le genre : & pour preuve de cela, on n’a 'qu’à comparer la Doctrine des uns & des autres. V. OttuAnnal, Anabapt. : '
(f) On racconte^que dans le tems de la guerre , qui suivit lá Révolution d'Angleterre, une certàí-i ne Ouaquerejfe qui s appelloit Esther Bìdley , s’avisa d’aller exhorter - 'à la paix de la part de Dieu , l eS
Puissances qui étoient en guerre. Elle s'adressa d’abord à la Reine d’Angleterre, (Marie) & lui fit fe s îVprésentations. Cette Princesse eut la complaisance d'écouter l’Ambassadrice, & cette complaisance ne fai"sant qu’animer son zélé ou son fanatisme, elle suplia la Reine de vouloir lui,accorder les moyens d e . P 3 *'fer en France, ayant,résolu, difoit-elle, de fe présenter au Monarque de ce Royaume, & de lui saire.desemblables remontrances de la part de Dieu. La Reine tâcha de la détourner de cette résolution, maisvoyant qu’elle ne pouvoit vaincre l’obstination de cette femme, elle eut encore }a bonté de céder à fes.so -îicitations, & même de lui faire donner quelque argent pour ce voyage. Avec ce petit secours l’Ambasadrice se rendit à Saint Germain. Elle y obtint audience du Roi Jaques II. & lui présenta ses P 3 '