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parler de lui. Depuis ce tems-là je ne trouve ni chez nous, ni ailleurs aucuneefpéce de Secte, qui ait du raport au Quaquerijme, que les Prophètes du Dauphmé ,les Fanatiques des Cevenes , ct les Convuljionaires de S. Medard. Ajoutons y lesConvulíìonaires de Londres, répandus depuis a Amsterdam, a Berlin, & enplusieurs autres endroits, d’où ils ont été successivement chasses. Mais avant quede parler des uns ct des autres, il faut raporter ici les dogmes des véritablesQuaquers.
CROYANCE des QUAQUERS.
On a de la peine à réunir exactement le corps de Doctrine de la Secte, ctnous allons voir bientôt qu’il en est de même des Anabaptistes. Les DocteursQuaquers n’expliquent pas leurs íêntimens d une maniéré uniforme, & même ilsíèmblent varier assez íòuvent dans leurs idées. Leur language est si obícur & stmystérieux, qu’il est preíque toujours aussi inexplicable que celui des Alchimiftes : & peut être aussi ne s’entendent ils pas eux mêmes. Si cela est, il est dif-ficile qu’ils íè fassent entendre aux autres. Quoiqu’il en soit, voici Impositionde cette Doctrine sor la foi, (a) d’un Anglois trcs moderne.
Tout homme qui vit moralement bien, & pratique sincèrement les devoirsde la Religion naturelle doit être regardé comme ayant l’essence d un bon Chré-tien. Entre un vertueux Payen ct un bon Chrétien, il n’y a pas d autre différen-ce que la foi historique pour certains faits extraordinaires, telle que Pont lesChrétiens. Cette foi qui manque aux Payens, n est nullement effentielle au salut.
J. C. est la véritable lumière intérieure qui éclaire tous les hommes. Cette lumière in-térieure éclaire les hommes par une incitation immédiate, & non la doctrine ex-térieure de l’Evangile, que J. C. a annoncée aux hommes pour en foire la régie deleurs íêntimens & de leur conduite. La prédication extérieure de la Doctrine E-Vangelique n’est pas la voye ordinaire dont Dieu so sert pour éclairer les hom-mes,
tentes pour Louis XIV. dont la teneur étoit, „ que par les ordres 'de Dieu, Souverain Monarque des Mo-,, narques, elle se rendoit auprès dé S. M. Louis XIV. pour le prier de faire la paix avec Dieu &r avec,, les Nations, & d’arrêter par ce moyén les torrens de sang, qui couloient depuis long-tems pour le3 , malheur du genre humain”. Jaques II. qui connoiíToit la Ottaquerejfe , ayant reçu autrefois d’elle depareilles exhortations, l’adressa au Duc d’Orlèans frere du Roi : mais le Duc témoigna fort peu d’at-tentionpour la lettre & T Ambassadrice, & lui fit comprendre qu’ellé ne pourroit point parler au Roi : fuiquoi la Ouaquerejfe lui répondit en'pleurant. j„ Je m’entretiens tous les jours avec le Monarque des„ Monarques, & il ne me fera pas permis de parler un seul moment au Roi d'une Nation!” Áuífi-tôtque le Roi sut l’arrivée de la Ouaqnereffè , il voulut la voir, il lui donna audiance en présence de la Couriéc après avoir eu la patience de l’écouter S. M. lui répondit, ,, ma bonne femme, je souhaite la paix,, comme vous : allez dire au Prince d’Orange, qu’il ne tient qu’à lui de la procurer”. Le Roi la con-gédia avec cette réponse, & lui fit donner dequoi s’en retourner chez elle. Je remarque ici en passant,que les révolutions d'Etat & dé Religion font d’ordinaire avantageuses au fanatisme, & qu’on voit alorsbeaucoup plus de prophètes, & d’inspirés qu’en d’autres tems. La révocation de l’édit de Nantes, le re-fuge qui la suivit,& la Révolution d’Angleterre, donnerent l’esprit de Prophétie à un si grand nombre deréfugiés de ce tems-là, qu’on ne voyoit & l’on ne rencontrait que prophètes, & fauteurs de prophètes.■Mal en eut pris alors à celui qui aurait contredit iaux heureuses conciliations de l’Apocalypse avec ces ré-Solutions. On l’auroit si bien noté comme espion, Jésuite, apostat, qu’enfin on l’auroit envoyé toutau moins faire quarantaine dans une prison, pour s’y purifier du mauvais air de Babylone. Ce qu’il y ade plus singulier est, que la plupart de ces prophètes, au lieu de détester YEgypte qui les avoir chassés,r>e prophétisaient gueres que fur l’espérance de leur rétour, & sur les avantages qu’ils se flatoient d’y re-trouver conduits par leurs Moyses 8 c leurs Jofilés. La manne des déserts, où ils se vûyoient forcés de vi-yre, Lc où ils ne pouvoient s’empêcher d’avouer , que Dieu les avoir conduits, leur plaisoit tou-jours infiniment moins que les gros oignons d’Egypte. 1
(a) Smith dans le livre intitulé Préservative againji Ottaqtterismé Loridon 1752, Voy. aussi Croesus ,p. n3. & soiv. Hist- Quaquer. ~~
Tome IV. Ûo