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[Volume II.]
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148 DISSERTATION SUR LA

tion des personnes dans la Divinité est une subtilité spéculative, dont la recher-che ne tend en rien a nous rendre meilleurs, 5c nuit au contraire beaucoup à laconservation de la paix. Pour bien exprimer les articles de foi il faut se borneraux termes dont se sert l’Ecriture.

Le véritable Christ est celui qui étoit, avant que d’être manifesté en chair, 5cqui n a jamais été vu des yeux de la chair. J. C. comme Dieu a une humani-té céleste, dont la terrestre netoit proprement que l’habit, 5c le type ou la fi-gure. J. C. la Parole 5c le Fils de Dieu ne s est point uni personnellement à notrenature humaine. Il ne la prise que comme un vêtement dont il se devoit re-vêtir pour quelque tems. Elle étoit inspirée comme tous les autres hommes,quoique d’une maniéré plus particulière. J. C. n’a pû s unir personnellement aune nature corrompue : J. C. né intérieurement au dedans des hommes est unplus grand mystère que fa naissance extérieure. La foi 5c la connoissance de J. C.selon la chair, &c celle de tous ses mystères n etoient qu’une espèce de rudimentpour l’enfance du Christianisme. Ce rudiment est devenu inutile après notresortie de l’enfance : auífi-tôt après en être sortis nous avons commencé d’aprendreà être en Christ, á être de nouvelles créatures, à laisser passer les choses anciennesfour faire f lace aux nouvelles.

Ce n’est pas l’effusion extérieure du sang de J. C. qui nous a mérité l’expia-tion de nos péchez:son sang netoit pas plus précieux que celui d’unautre'Saint.Ce n’est pas non plus le sang extérieur de J. C. qui a racheté l’Église, mais unseng intérieur & spirituel. Par ce sang intérieur il purifie nos cœurs & nos con-sciences. Ce n est point du sang extérieur que l’Ecriture dit qu’il a été répan-du pour notre justification. Enfin ce n’est pas de ce sang que J. C. dit, que fion ne hoit son sang , on n'aura f oint la vie.

L’Ecriture ne dit point que J. C. ait satisfait à la justice de Dieu pour nospéchés. Comme ce n’est pas une injustice en Dieu de pardonner les péchéssens setissection, cette satisfaction n’est nullement nécessaire. Elle est incompa-tible avec la rémission gratuite de nos péchés , 5c l'on ne peut concilier avec lajustice de Dieu la punition de son Fils qui est innocent.

J. C. n’est point monté au Ciel avec le corps dont il été revêtu fur la terre.Ce n’est point ce corps terrestre qui est maintenant dans le Ciel & a la droitede Dieu. C’est une erreur de croire que le corps de J. C. qui est dans le Cieloccupe une place particulière 5c bornée. Ce corps doit être par tout 011 estson Esprit. Si le corps de J. C. est separé de nous par la distance des lieux, il nepeut nous seuver ; 5c c’est être un faux Ministre que de prêcher une telledoctrine.

Il y a présentement dans l’Eglise ce même don de discernement 5c d’examendes esprits qu'il y avoit au tems des Apôtres.

Quand nos péchés nous ont été pardonnés , il n’est plus nécessaire de s’enrepentir, ni de continuer de demander á Dieu le pardon de ces péchés. Nousdevons en être purifiés avant que d’être Serviteurs de Dieu. Nous verrons dansla fuite ce meme sentiment dans l’ancien Anabaptisne.

Dieu n’accepte la justice de personne ', avant que d’avoir rempli toute la loi

& la justice. On peut parvenir à la perfection de la justice sens commettre aucun

péché ; 5c pour parvenir au salut il est nécessaire de vivre fans aucun péché, il n’ya aucun fondement dans l’Ecriture pour distinguer deux sortes de péchés 5c depécheurs. Enfin Dieu ne demande pas seulement que nous nous abstenions depéché, que nous nous en rendions exemts par nos efforts. Il veut un degré deper-

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