RELIGION DES QUAQUERS. 147
J. C. ne soroit pas infaillible, Tous ceux qui sont remplis des dons de l’Eípritont la même infaillibilité ; fins quoi il faudroit íeparer linfaillibilité de l’Eíprit.Il n’y a point de forme extérieure de Doctrine, qui puisse servir a juger de lavérité de celle qu on prêche. L’inípiration immédiate íuffit à* un Ministre fans lesecours des Ecritures, ou des autres moyens extérieurs pour prêcher. Ceux quiparlent & raisonnent fur les paroles de J. C. ou des Apôtres fans une inspira-tion particulière sont de faux Prophètes & des trompeurs. Il ne doit point y a-voir d’autre Ministère dans l’Egliíe, que celui de ceux qui font appeliez par uneinspiration immédiate: & pour la preuve dune vocation immédiate, il nefaut d’autres miracles que des miracles intérieurs, dont les extérieurs 11’ont étéque la figure. Il n’est point nécessaire que les Quaquers fassent des miracles pourautoriser leur Doctrine, puiíqu’ils n’annoncent point un Evangile nouveau. Unesuccession de Ministres extérieurement établis, c’est-à-dire par ordination ; ou au-trement, est tout de même inutile. Tout homme qui so sont intérieurement ap-pellé au Ministère est assez qualifié pour exercer cet emploi. La sainteté inté-rieure est nécessaire pour un véritable Ministre, comme elle lest pour faire unmembre véritable de l’Egliso.
II peut y avoir de véritables membres de l’Egliso parmi les Juifs, les Turcs,& les (a) Payens, quoi qu extérieurement ils ne fassent pas profession d'être del’Egliso & que même ils n’ayent aucune connoiílànce de J. C. & des Ecritures*C’est un très grand orgueil aux Ministres de s’approprier le nom de Clergéjnom qui doit être commun à tous les Chrétiens ; & c’est être un faux Minisotre que de ne prêcher que le Christ extérieur, au lieu de prêcher celui quiau dedans de nous: &c de ne pas apprendre au peuple à le sontir.
Suivant ce même principe les femmes peuvent prêcher comme les hommes,,& être Ministres de l’Egliso; car en J. C. il rìy a aucune dijìinUìon de mâle & defemelle y & le Prophète Joël a prédit que sous l’Evangile les femmes prophétise-roient, comme les hommes.
A l’égard du Ministère de l’Evangile, c’est le traiter méchaniquement & d’u-ne façon peu honorable que de fixer des pensions & des solaires pour l’entre-tien des Ministres: solaires qu’ils exigent, comme une dette. Le payement desdixmes est un reste de Judaïsme, ôc une marque d’Antichristianifme. En unmot c’est porter le caractère de faux Prophète que de tirer du solaire de son Mi-nistère ; & cela est condamné par J. C.
Il n’est dit nulle part dans l’Ecriture, que le Pere, le Fils, & le S. Espritsoient trois personnes, quoi qu’il y ait trois manifestations différentes. En fairetrois personnes, c’est en faire réellement trois Dieux. L’Ecriture n’ayant rien dé-terminé sor la maniéré de l’Unité, ni sor la distinction qui se trouve dans laTrinité, c’est une témérité à l’Egliso Chrétienne de s’en embarasser. (b) La distinc-tion
tre contradiction. Cependant, ajoutent ils, ceux qui, par leur obéissance, augmentent & perse él tonnent leurtalent, acquièrent le S. Esprit au même dégré, pour la lecture & l’intelligence de l’Ecriture, que les A-pôtres & les Prophètes l’ont eu pour" la composer.
(a) Quelques Auteurs ont crû long-tems avant qu’il y eut des Quaquers en Angleterre, qu’il s’eílconservé par tradition chez les Payens un z lumière gêner ale (même une lumière intérieure,) qui leur atenu lieu de révélation. Ceux qui n’ont pas résisté à cette lumière, un Socrate & tout ce qu’il y a eude gens de bien dans le Paganisme, ont pû être sauvés, nous dit-on, par la vertu de cette lumière.Com-ment accorder cela avec cette idée flateuse, qu il ne peut y avoir qu Un seul peuple choifi & chéri de Dieu,d /’exclusion de tout autre ?
(b) Ce qui est contenu dans cet article justifie le préjugé vulgaire, qui est, qu’il y a beaucoup d'^-riens, d'uintitrinitaires 8c de Sociniens cachés,parmi les Quaquers «
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