SECTES MYSTIQUES. L5Z
qui he fut nullement édifiée de faction de cet Apôtre, non plus que PApótre dstpeu de spiritualité qu’il trouvoit en elle. Souvenons nous a cette occasion de Cequ’on a reproché aux Quietiftes d’Italie & de France ; qu en affectant d établir Uneunion intime & immédiate de l’ame avec Dieu , en mettant fa plus haute per-fection dans une contemplation passive & inanimée, ils autoriíoient tous les défi
ordres du corps, dont lame , suivant ce principe, n’étoit nullement obligée dés’embaraíser dans íà haute §uietude. En voila autant qu’il en faut pour caractériserun Quietisne charnel : mais il est cependant bien permis d’en separer un autre plus spiri-tuel , pour l’amour des honnêtes gens que les belles apparences de íà myjlicité ontébloui, fans prétendre justifier les mauvaises conséquences de leur Quiétude. Poutrevenir à Labadie -, il y avoir bien d’autres choses aussi pernicieuses fur son comp-te que celles que j'ai raportées. Par exemple 011 dit qu’il ne craignoit pas dedebiter à ses Sectateurs que Dieu peut & veut tromper les hommes t niais sup-posons malgré cela qu’il ne fut entré que de la bonne foi dans íà conduite , sesmaximes auroient toujours eu le défaut de la plus part de celles des autres Mysti-ques : elles n’auroient que changé la nature de la corruption & substitué un malà un autre. S’agissoit il cependant de crier contre la corruption de toutes les E-glises Chrétiennes ? Labadie crioit plus haut qu’aucun saquer , & c’est ce qu’ona vû par les extraits que j’ai raporté. 1
Labadie & la Bourignon étoient contemporains ì mais comme il n’y avoirpoint d 'unité d 1 Esprit entre eux, celui qui inspirait cette Mystique dévote refusatoute liaison avec Labadie. Outre cela on nous les représente l’un & í’autre bilieux& chagrins : avec un caractère uniforme, deux dévots de cet ordre pou voient ils com-patir ensemble ? A cela il faut ajouter que la dévote illuminée méprisoit souveraine-ment les (a) les lumières du nouveau Saint régénéré ; je veux dire de Labadie, queses Sectateurs & (b) Apologistes persistèrent de qualifier tel, malgré le jugementde la plus grande partie du public. Cet homme alla mourir à Altena , aprèsavoir, pour ainsi dire, promené son fanatisme de Middelbourg à Amsterdam,de là en Frise, ôc enfin dans la Westphalie & à Hambourg. Ce ne fut pas toutà fait íàns fruit : par tout il se fit des disciples, partout il trouva des devotes,partout il eut occasion de défricher , de planter , de fruííifier , pendant que dans lemême tems Mademoiselle Bourignon (c) enfantoit spirituellement de nouveaux élus.
La Secte des L abadistes n’est pas absolument éteinte : il s’en trouve encore enFrise & dans la Province de Groningue. La difference de cette Société auxQuaquers est, généralement parlant, trop peu essentielle pour les regarder autre-ment que comme une branche du Quaquerisme.
Me sera-t-il permis de ranger un certain parti à la fuite de tous ces Myjlìquesplus ou moins outrés, selon que leur tempérament les guidoit, ou que les cir-constances des tems leur devenoient favorables ? C’est des Cocceiens que je veuxparler, disciples & imitateurs de Cocceius , un des plus respectables I héologiens deHollande, & formant un parti dont (d) Bayle nous dit, que c’est celui qui estle plus au goût de la jeunesse (Hollandoise) Ceux qui approuveront 1 arrange-ment que je fais ici ne manqueront pas de trouver beaucoup de Mysticité dans
(d) Voy Bayle arti c. Bourign OK , , _ ,,
(b) Je remarquerai principalement entre ces Apologistes le Millénaire Serrurier auteur d’un livre intituledu Régné de mille ans. Il publia en 1070. U ne apologie du Saint, ex-Ministre comme lui : car on l’avoiíaussi depofé à cauíe de son fanatisme, & i\ ne sc quahfioit plus que Ministre de /’Eglise universelle.
(c) Ces termes fe trouvent dans la vie & dans les œuvres de Mad. Bourignon,
(d) Article de iVitichìtiS.
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