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DISSERTATION SUR LES
les idées ôc les opinions Cocceienes : & pour ceux qui ne l’approuveront pas ,je les prierai de ne point s’attacher scrupuleusement à l’ordre, & de distinguerpour l’amour deux mêmes entre Myjlique ÒcMyflique. J’ajoute que je n explique-rai ni ne déciderai rien par moi-même , & que je me garderai bien d’oublierici cette retenue qu’un Laïque ne doit jamais perdre de vue quand il s agit d’op-ter dans les différentes maniérés d’expliquer les Ecritures. A Dieu ne plaise queje touche á cette [a] parolle , qui est le parfum des fi déliés , & qui ne doit êtrepréparée que par les sacrificateurs. En imitant la témérité de ce (b) Prince Juifqui ose toucher au parfum secte de 1 ancienne Loi, j’attirerois íur moi une lepreprèfqu auflì dangereuse que celle dont la main de Dieu frapa ce Prince indis-
cret.
Voici d’abord ce que je trouve dans (c) Stoupe touchant Voetius Chef duparti oppose aux Cocceiens , connu fous le nom de Voetiens parmi les ThéologiensHollandois. „ Voetius , dit-il, íoutenoit & (d) sourient encore que c est unsecrilege (e) de laisser l’usege des biens ecclésiastiques à des ventres paresseuxqui ne servent ni l’Etat , ni l’Eglise ; qu’il ne faut point recevoir à la sein teCene ceux qu on appelle (f) Lombars , qui prêtent à uíure, parce quilsexercent un métier défendu par la parole de Dieu ; quil íàut observer avecgrand soin òc religieusement le jour du repos ; qu’il ne faut célébrer aucun
jour de fête. .... . qu'en parlant des Apôtres &c.il ne seut
donner à aucun le nom de Saint. .... que tous les sidelles doivent suivreun genre de vie fort severe , renoncer a la plus part des plaisirs , même in-„ nocens . , . , , , ". Voetius dit un autre (g) Auteur, aimoit la pieté .... .il s'es disingué par me dévotion tendre répandue dans ses ouvrages , ains que dans façmversation. Avec ce caractère il netoit pas étonnant quil eut les principesque je viens de raporter. Il paroit auísi que, soit faute detendue d’eípnt, soitfendresse òc serupules de conscience . il n'a pu se résoudre à sortir des vieilles
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rou-
r (a) Les Prédications.
( 6 ) í. Chroniq. Ch. r6.
(c) Relig, des Holl. ubi sup. p. 5.4. & scq.
•{d) Poetists vivoit' alors.
(e; Les rigides Chrétiens souhaiteraient que les Ministres de l’Eglise servissent comme autrefois les Le-vites , dont Sulpice Severe L. I. de son Histoire dit , Levais m ficerdotmm affnmtis tmlla portio data quoliberim servirent Deo. Mais dans l’Eglise Chrétienne il faut à ceux qui la servent des revenus fixes &honnêtes. Les tems sont changés , & ce qui se pouvoit faire pour les Lévites ne se peut plus faire aujour-d’hui pour les Ecclésiastiques Chrétiens. Tout ce qu’on peut faire donc à l'égard de nos Ecclésiastiques ,c'est de leur proposer pour exemple la médiocrité des Lévites, de blâmer l’aversión que témoigne la plusgrande partie d’entre eux pour cette médiocrité, & enfin de dire à ceux-ci. dans les termes du même His-torien „ hoc exemplum legendum vohis Ministris ecclesiarum libenter jngesserim. Etenim. prscepti hu-j, jus non solùm immemores , sed etiam ignari mihi videmini , tanta hoC tempore vestros animos habendi„ cupido veluti tabès inceffit. Inhiatis posteffionibus, prâedia excolitis, aíiro incubatis , emitìs , venditis ,,, quaestui per omx\m jhtdetis, aut sedentés munera expectatis. '
(/) On appelloit autrefois Lombars des sociétés de negocians qui prêtoïent avec usure : & ,-còmme ostdevoit ces honnêtes sociétés au peuple appelle Lombars , ce glorieux nom est resté en partage aux usuriers ,& orne aujourd’hui le portail de certaines maisons établies en Hollande & ailleurs , pour prêter fur gages &avec usure. Au reste le nouveau Dictionnaire de Trévoux a eu grand tort de confondre la place duchange d’Amsterdam avec je ne sai quelle place Lombarde qu’il imagine. II y a une'bourse dans cetteville & une maison appellée Lombard. II aurait parlé plus conformément â la vérité,s’il avoit dit qu’il ya à Amsterdam une Bourse, une Banque &c un endroit qu’on y appelle Lombard. Et s’il avoit dit auflìqu’il fe rend à cette Bourse plusieurs charitables usuriers qui supléent chrétiennement aux besoins de leursfreres négocians par des obligations où l’interêt excessif sc trouve sagement confondu avec le capital, il au-roit parlé encore avec assez de justesse.
(g) Entretiens fur les différentes méthodes &C. des Voetiens & des Cocceiens p. 405. Ce même Auteurdit, parlant de Voetius , „ qu’il a plus visé à la Théologie pratique & à inspirer la vertu Chrétienne,„ qu’à faire parade d’une vaine lecture & d’une science étendue.
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