Band 
[Volume II.]
Seite
260
JPEG-Download
 

2Óo SUPPLEMENT

doctrine que je vous ai exposée par obéissance , je vous suplie de le faire aussi prompte-ment qu on vous en priera. J’aime autant me rétraller aujourd’hui que demain , dr mê-me beaucoup mieux , car le plutôt reconnoître la vérité dr obéir efi le meilleur. Je prensmême la liberté de vous suplier de ne rétarder point à me corriger par me trop grandeprécaution. Je n ai point besoin dé longue discussion pour me convaincre , vous n avezqu d me donner ma leçon par écrit. Pourvû que vous m écriviez précisément ce qui efide la doUrine de Ì Eglise, dr les articles dans lesquels je m'en fuis écarté, je me tien-drai inviolablement à cette réglé. Pour les disscultez sur l'intelligence exalte des pas-sages des auteurs , épargnez vous la peine d’entrer dans cette discussion , prenez la chosepar le gros , dr commencez par suposer que je me suis trompé dans mes citations. Jeles abandonne toutes & je ne me picque ni de savoir le Grec, ni de raisonner sur lespassages , je ne m arrête qu à ceux qui vous paraîtront mériter quelque attention. Jugezmoi par ceux-là, dr décidez fur les points essentiels, après lesquels tout le rese riespresque plus rien, dr. ne mérite pas l’inquiétude où l’on se trouve. Si vous étiez capa-ble de quelque égard humain, (ce que je n ai garde de vous imputer) ce ne seroit pas devouloir me flatter contre le penchant de ceux qui ont la plus grande autorité. Au con-traire il seroit naturel de craindre que vous auriez quelque peine à me justifier contre laprévention de tout ce qu il y a en ce monde de plus considérable. Bien loin de craindrecet inconvénient , je crains celui de votre charité pour moi ; au nom de Dieu ne mé-pargnez point. Traitez moi comme un petit écolier, fans penser ni à ma place, ni à vosanciennes bontez pour moi. Je ferai toute ma vie plein de reconnaissance dr de docili-té , si vous me tirez au plutôt de l’erreur. Je n ai garde de vous proposer tout ceci pourvous engager à une décision précipitée aux dépens de la vérité, à Dieu ne plaise, je sou-haite seulement que vous ne retardiez rien pour me ménager.

Dans ce même tems Madame Guyon, qui depuis la ceníùre de l’Archevêque deParis, íë tenoit cachée, ne íè croyant pas en íùreté contre le recherches de ce Pré-lat, demanda de íè retirer à Meaux, íòus prétexte de conférer avec le Prélat,

& d’en être instruite plus commodément. M.deMeaux ayant accepté íâdeman-de, elle l’en remercia par la lettre íuivante.

- M. je ne Jaurois a fez vous exprimer dr ma joye dr ma reconnaissance sur la bontéque vous avez d’accepter la demande que j’ai pris la liberté de vous faire. Je vous o-béirai, M. avec me extrême exactitude. J’accepte les conditions, dr j’espère avec lagrâce de Dieu que vous ferez content, M. de mon obéissance, sil plaît à Dieu. Sij’osais, je vous demander ois une grâce pour éviter toute forte d'inc onv enìens, qui seroit,M. que vous eussiez, la bonté de me confie fer, lorsque vous seriez à' Meaux ; vousverriez par-là tout mon cœur, dr je ne fer ois point exposée à un Confie feur qui peut êtregagné. C’efi une pensée qui m efi venue, que je soumets néanmoins à tout ce qu il vousplaira d’ordonner. Ponr le nom, ce fera s’il vous plaît, celui de la Houjfaye , j’attendst obédience incessamment, & je partirai sans retarder ,Ji-tôt que je ìaurai reçue. N'ayantpointde p lus forte inclination que de vous marquer, dr mon profund respeB, drma parfaite soumission $ je suis, M. de votre Grandeur la très-humble dr obéissanteservante, de la Mothe Guyon.

J’attendrai auss <vos ordres, M. fur la communion , dr j e we communierai, quequand il vous plaira.

Madame Guyon íè retira donc au Monastère de la Visitation de Meaux, le r z.Janvier 1695. Madame laDucheslè deMortemart l’y conduisit dans soncarostè;elle eut ordre de ne communiquer avec qui que ce fut au dehors, ni par lettre, ni

autrement.Cependant les Prélats continuoient a Isly leurs assemblées, autant

que les besoins de leurs Diocéíès pouvoient leur permettre. Plus l’Abbé de Fene-

lon

r