LE CLU IETISME. â 6 r
bri letìr marquoit de confiance de soumission, plus ils ídngeoiertt à ménager íàréputation. Ils prénoient toutes les mesores que la prudence pouvoit soggererpour le ramener doucement Sc íàns blesser la délicâtêfie d’un eíprit fi délié. Surtout ils gardoient a son sujet un secret inpénetrable, lâchant bien que le moin-dre souffle venu aux oreilles du Roi l’auroit infailliblement perdu. Ils avoientd’abord eu dessein, pour donner des bornes â ses pensées,de 1 astreindre parquel-que signature. Mais pour éviter de lui donner l’air d’un homme qui se rétracté,ils résolurent de le faire signer avec eux, comme associé â leur délibération. Ainsiils le firent juge dans íà propre cause, tant ils étoient attentifs à chercher tous lesmoyens possibles de sauver la réputation de leur ami.
Quelque tems après au mois de Fevrier de l’année i 69 5. l’Abbé de Ferteloitfut nommé a l’Archevêché de Cambrai, quoique les études des Princes ne dussont pas si-tôt finir. Je ne íâi si ce fut par l’intrigue de sos amis, qui J e voyantfur le bord du précipice crurent devoir hâter íà fortune, ou si le Roi , qui n’étoitinformé de rien, l’éleva de son mouvement à ce poste, ou si Madame deMain-tenon, qui pouvoit avoir dès lors des vues sor l’Archevêché de Paris, qu’onpré-voyois devoir bien-tôt vaquer, jugea à propos de placer cet Abbé, pour netrouver aucun obstacle au choix quelle projetoit.
Cet Abbé dit-on, quelque désintéressé qu’il voulut paroître, songeait sérieu-sement depuis long-tems á cette importante Sc éclatante place. Il avoit souventinsinué à Madame de Maintenon que le Diocèse de Paris étoit entièrement aban-donné pour le spirituel, Sc qu’il avoit besoin d’un Prélat qui pût y rétablir ladiscipline, il donnoit adroitement l’exclusion à M. de Meaux, en insinuant âcette Dame que, si 011 le mettoit dans ce poste, il abandonneroit’sos études,ce qui priveroit l’Eglise d’un grand secours , ou qu’il les continueroit, Sc alors leDiocèse n’en tireroit aucun secours. Il excluoit pareillement les autres , en disantque le Cardinal de Tanson fort estimé de Madame dë Maintenon, servoit trop
Utilement à Rome ï’Egliíe Sc l’Etat, pour l’en retirer; que d’ailleurs il soUoi câ Paris un Prélat sevant pour gouverner la Sorbonne. Pour M. de Châlons, dontla maison ctoit dans un grand crédit, il insinuoit qu’il étoit trop régulier pourvouloir être transféré à Paris, ayant marqué tant de peine à consentir á la tran-slation de Cahots à Châlons. Tels étoient les trois Prélats qui pouvoient lui don-ner plus d’ombrage. Toutes ces insinuations étoient souvent répetées à Madamede Maintenon, par la Maison fort fi confidente, Sc je m’apperçûs (c’est toujoursl’Auteur des Mémoires qui parle) dès lors de l’intrigue, tant par certains dis-cours qui lui échapoient dans la conversation, que par ceux de ses amis. M. deFenelon ayant été nommé à l’Archevêché de Cambrai, il se démit de l’Abbayede S. Valéry. ..... Ses amis exagérèrent cette modération, qui fut peut-êtreforcée, le Roi ayant pu lui redemander l’Abbaye; ou qui parut dans laconjoncture présente nécessaire à. cet Abbé, pour rétablir íà réputation chan-celante.
Les deux Prélats, & M. Tronson très persuadez de la docilité & de la sincéritéde l’Abbé de Fenelon, aplaudirent à íà nomination, Sc crurent qu’il n’y avoit rien âcraindre pour l’Eglise. Ainsi ils continuèrent à former leur jugement. Les articlesfurent donc arrêtez après un long examen, & une discussion très-exacte. M. de
Meaux, & M. de Châlons soi présentèrent à Veríâilles ces articles tout dressez__
L’Abbé prit sor le champ son parti Sc s’offrit à les signer dans le moment par obéisfance. Ces Messieurs trouvèrent plus à propos de les remettre entre ses mains, afinqu’il pût les considérer. Quelques jours après, il leur aporta des restrictions á chaque
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