DISCIPLINE &c.
Je ne dirai presque rien iei de l’Arianisme moderne. Si l'on vetíC s en raportera la voix publique, il commence à faire fortune dans les païs Protestans : & J’ on“ prétend qu’il est beaucoup plus a la mode que le Sociniamíme tout pur dansune Monarchie Chrétienne, où depuis long tems les fivans ont ■ fait ■ panchèr làbalance âusan&uaire en faveur de la raison. Tout ce qu on peut assurer encoreavant que de finir cette petite Dissertation, c’est i. Que beaucoup de gens con-fondent aujourd’hui sous le nom d’Arianiíme & de Socïnianisme toute opinionqui s’éíoigne de l'Orthodoxie vulgaire à l’égard des trois Personnes, z* Que peude gens ont assez de capacité, ou de lecture Ecclésiastique, ou de bonne foi,pour donner de justes bornes a l’Arianifme & au Socinianisoie. 3 . Que la multi-tude des systèmes, les fréquentes disputes, les efforts réitérés depuis quatorzeou quinze siécles, pour parvenir a des explications claires d’opiniòns>inexplica-bles n’ont servi qua obscurcir déplus en plus les idées. 4 . Enfin que tous ceuxqui dans notre siécle ont proposé des idées nouvelles fur la Trinité n’en ònîremporté d’autre avantage que celui de passer pour hérétiques & faux docteursqui rompoient imité d’idée que l’Orthodoxie exige. - y *
Ne mettra-t-on pas au rang de ces faux Docteurs le célébré iCÏârtk, qui afl bien plaidé pour (a) Pexistence de Dieu toute simple, & si mal pour son exi-stence en trois personnes? quia si bien allié la Religion Chrétienne avec la Re-ligion naturelle, & si mal le mystère de la Trinité avec cette même Religion -,qui enfin a si bien établi la nécessité de la révélation , & si mal la soumission dela foi âdes explications dogmatiques, qui prescrivent dans l’Eglifé Chrétienne,& doivent aller de pair avec cette révélation. Je fuis forcé de parler ici le lan-guage de la plus pure Orthodoxie contre ce Docteur, d’ailleurs Philosophe ju-dicieux 8c Théologien tres éclairé. Mais voyons en peu de mots son système , 0 ctaportons le a peu près suivant l’analyse que nous donné du (b) Traité de cet Au-teur Anglois , un autre savant (c) si célébré, si respectable dans toute l’Europe par
son savoir , & par un mérite qu’il auroit pû étendre pWlom, s’il avoir été moinsperíuade de íonetendue. Vaincu par la force de 1 amour propre, COMme le plusigwrm des citoyens de la République des lettres.il à faisoic (d) beaucotip.plus
ac-
M Dans ses Traités de íexistence & des attributs de Dieu , de la Religion naturelle &c en 2 vnl y zAmsterdam 172.9. - - * v voi. .0. .a
(b) Le livre est intitulé , the,fcriptwedoSlrine of the Jrinity , &c. c’est-à-dire la doftrine de U Trimé
suivant l Ecnture &c. Ce livre fut imprime à Londres' en 1712. 6
(c) M. le Clerc mort en Janvier de Tannée courante 1736. J
{d) Oh ne fauroit réfuser l’immortalité à ^érudition de cet illustre savant. Il a sait d’excellens ouvrages, nu» il avoit aussi le desiut d en faire au dessous ; d ; u médiocre. , Ebloui de fa vaste caoacir é il scroyois P r0 F e a tout, au dessus de tout. II s’est qualifié désintéressé; cependant il vendoit fa Diurneson savoir faire, comme le moindre mercier de la République des Lettres, & brochait alors à mur nriv^Limitation des phis vils manœuvres du Parnasse. Il s’est donné pour. rendre toujours j ustice au mérite x-aux talens d’autrui, il a même publié bien haut ce devoir, comme le premier axiome de la véritablescience: cependant il a fait les eloges de plusieurs illustres morts, uniquement, cé semble; v>dur í, Sprimer; de quoi l’on trouve des exemples assez fréquens dans ses Bibliothèques universelle, choì/ìe UnciZteXmoderne y ouvrages remplis néanmoins d’excellentes choses. U a voulu passer pour modeste - cewndïit il„’a guére aconxsosonestime & son amitié qu’aux favans qui ont: eu l’adressií, ou la complaSSSS £louer, & de lui faire l a cour; aux auteurs qui se sont mis sous fa prbtection, à ceux oui Pont cité sréquemment & avec emphase, à-tout nouvel écrivain qui, pour commencer sa réputation, s’est mis d’ahordhumblement a 1 ombre de ce redoutable journahste. Dans ses extraits l’ouvrage d’un nouveau venu nelui paroi (soit jamais que tare, jusqu’à ce que le nouveau venu eut acquis ce degré d’humílité qui lui épaé-gnoit la censure, ou ui gagnoit tout au moins l’indulgence du censeur. U se disoit homme faillible, il l’arepete souvent : mais a douze lignes de là, il oublioit toute fa saillibilité & plombait hardiment de sonseau, ce qu-il destinent a etre immortel. Atout écrivain obscur, selon lui, à tout auteur anonyme, ilmanquent rarement de faire sentir la pesanteur de sa plume. Enfin il exhortoit tout le monde & particu-lièrement les favans a la modération Chrétienne, & cependant il n’a jamais eu la sorte é suporter tran-quillement le plus petit reproche, m la moindre contradiction. r
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